le village natal du cardinal Bertone, dans le Piémont, où Benoît XVI avait récité la prière d’Angelus en 2009, alors qu’il passait dans le val d’Aoste des vacances mémorables… et agitées

Le 17 juillet 2009, il y a dix ans presque jour pour jour, Benoît XVI, en vacances aux Combes d’Aoste, dans le chalet de montagne aménagé pour Jean-Paul, avait fait une chute dans sa chambre qui lui avait valu une fracture du poignet, pour laquelle il avait été opéré à l’hôpital d’Aoste (benoit-et-moi.fr/2009…)
Durant plusieurs semaines, on avait pu le voir à l’angélus avec le bras en écharpe, le poignet maintenu dans une sorte de ‘plâtre’.

Deux jours plus tard, le dimanche 19 juillet, il était à Romano Canovese, non loin de son lieu de villégiature, qui est aussi le village natal du cardinal Bertone (à noter, en dépit de toutes les attaques dont il a été la cible de la part même des plus fervents soutiens de Benoît XVI, le Saint-Père a toujours gardé sa confiance à son secrétaire d’Etat), et il y avait récité la prière de l’Angélus.
Cette vidéo mise en ligne par Raffaella rappelle ce beau moment, à la fois festif et informel:

Dix ans après, Benoît XVI s’est souvenu, et il a adressé au curé de Romano Canavese une lettre, dont le contenu est reproduit sur le site officiel du Vatican.

« Je me souviens avec plaisir de cette journée de fête et je vous remercie encore une fois pour l’accueil joyeux que vous m’avez réservé.
Votre nom même rappelle les liens de Canavese avec Rome il y a deux mille ans. La foi chrétienne a marqué votre longue histoire et l’imposante église paroissiale en est la preuve.
J’espère que vous continuerez à vous nourrir des valeurs fondamentales qui ont alimenté vos concitoyens et à mobiliser toutes les énergies positives pour donner sécurité et espoir en ce moment difficile du contexte social et culturel. Par mes prières, je vous confie à la protection maternelle de Marie et de vos saints patrons, et je bénis cordialement les familles, les malades et les personnes âgées, les enfants et les jeunes ».

On remarquera que cette lettre fait écho à la brève et très touchante homélie d’Angélus prononcée par Benoît XVI il y a dix ans, presque entièrement a braccio, dans laquelle il évoque familièrement son « accident »

C’est avec une grande joie que je suis venu dans votre belle ville, dans votre belle église ; il s’agit de la ville natale de mon premier collaborateur, le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’État, avec lequel j’avais déjà collaboré pendant plusieurs années à la Congrégation pour la doctrine de la foi. Comme vous le voyez, à cause de mon accident, je suis un peu limité dans mes mouvements, mais mon cœur est totalement présent, et je suis avec vous avec une grande joie !
Je voudrais en ce moment remercier chacun de tout mon cœur : de nombreuses personnes ont démontré, en cette occasion, leur proximité, leur sympathie, leur affection à mon égard et ont prié pour moi, et ainsi s’est renforcé ce réseau de la prière qui nous unit dans toutes les parties du monde.

Je voudrais tout d’abord remercier les médecins et le personnel médical d’Aoste qui m’ont suivi avec tant de zèle, tant de compétence et d’amitié et – vous le voyez – avec un succès – espérons-le ! – final. Je voudrais également remercier les autorités de l’État, de l’Église et toutes les personnes qui m’ont écrit ou qui m’ont montré leur affection et leur proximité. Je voudrais ensuite surtout saluer votre évêque et également l’évêque émérite de ce diocèse, Mgr Luigi Bettazzi. Je salue le maire, qui m’a fait un très beau don, les autorités civiles et militaires, je salue le curé et les autres prêtres, les religieux et les religieuses, les responsables d’associations et de mouvements ecclésiaux et la population tout entière, avec une pensée spéciale pour les enfants, les jeunes, les familles, les malades, les personnes dans le besoin. À tous et à chacun, j’adresse mes plus vifs remerciements pour l’accueil que vous m’avez réservé durant ce bref séjour parmi vous.

Votre imposante église paroissiale est un témoignage éloquent d’une longue histoire de foi, et elle domine une large partie de la terre du Canavese, dont la population est bien connue pour son amour et son attachement au travail.

Mais actuellement, je sais qu’ici aussi, dans la région d’Ivrée, beaucoup de familles vivent dans une situation économique difficile à cause du manque de travail. Je suis déjà intervenu plusieurs fois sur ce problème – comme l’a également rappelé l’évêque – et j’ai à présent voulu l’aborder de manière plus approfondie dans l’encyclique Caritas in veritate. J’espère qu’elle pourra mobiliser les forces positives pour renouveler le monde!

Chers amis, ne vous découragez pas ! La Providence aide toujours celui qui travaille pour le bien et s’engage pour la justice; elle aide tous ceux qui ne pensent pas seulement à eux, mais aussi à ceux qui connaissent plus de difficultés qu’eux. Et vous le savez bien, parce que vos grands-parents furent obligés d’émigrer par manque de travail, mais le développement économique a ensuite apporté le bien-être et d’autres ont immigré ici de l’Italie et de l’étranger. Les valeurs fondamentales de la famille et du respect de la vie humaine, la sensibilité pour la justice sociale, la capacité de faire face à la fatigue et au sacrifice, le lien fort avec la foi chrétienne à travers la vie paroissiale et spécialement la participation à la Messe, ont été votre vraie force à travers les siècles. Ce seront ces mêmes valeurs qui permettront aux générations actuelles de construire avec espérance leur avenir, donnant naissance à une société vraiment solidaire et fraternelle, où tous les différents milieux, les institutions et l’économie soient imprégnés de l’esprit évangélique.

Je m’adresse de manière particulière aux jeunes, auxquels il faut penser dans une perspective éducative. Ici, comme partout, il faut se demander, chers jeunes, quel type de culture vous est proposée, quels exemples et modèles vous sont recommandés, et évaluer s’ils sont à même de vous encourager à suivre les voies de l’Évangile et de la liberté authentique. La jeunesse est pleine de ressources, mais il faut l’aider à vaincre la tentation de chemins faciles et illusoires pour trouver la voie de la Vie véritable et pleine.