Super Ex, l’invité récurrent du blog de Marco Tosatti, rappelle un passage étonnant du livre d’entretiens avec Peter Seewald, « Dernières conversations » (2016), où le Pape émérite admet être surpris par « sa cordialité, son attention aux autres ». Sur le moment, personne n’y avait prêté attention. Mais trois ans plus tard, les propos de Benoît XVI prennent tous leur sens

Mexico, février 2016

Une seule petite phrase…

Stilum Curiae
18 août 2019
Ma traduction

Une seule petite phrase, qui nous aide à comprendre l’attitude dictatoriale avec laquelle Bergoglio nomme des commissaires pour les ordres religieux qu’il n’aime pas, détruit des évêques qui ne sont pas suffisamment à gauche, fait décapiter les professeurs d’université qui ne sont pas enclins à accepter tout ce qu’il dit.
Elle n’est pas de moi, mais de Benoît XVI, dans son dialogue avec Peter Seewald, dans « Dernières Conversations » (2016).
A la page 42 [de l’édition en italien], le journaliste allemand demande à Benoît ce qu’il savait de Bergoglio, avant qu’il ne devienne pape : « Comment l’avez-vous connu? »
Et Benoît, peut-être naïvement, ou peut-être pas, donne une réponse très significative: « Grâce aux visites ad limina et à la correspondance. Je le connaissais comme un homme très décidé, quelqu’un qui, en Argentine, disait avec beaucoup de résolution: cela se fait et cela ne se fait pas. Sa cordialité, son attention aux autres sont des aspects de lui que je ne connaissais pas… ».
Relisons bien la phrase: Benoît XVI, au moment où tous les médias célèbrent la sympathie du pape qui téléphone à droite et à gauche, et qui pontifie sans cesse sur la synodalité, la tolérance, la miséricorde, affirme que, pour ce qu’il en savait, Bergoglio n’était ni synodal, ni cordial, ni collégial du tout.
Mais, au contraire, lit-on entre les lignes, un despote.

Eh bien, les faits peuvent le confirmer: on ne change pas de caractère à quatre-vingts ans; on ne devient pas soudainement sympathique, attentif aux autres, prêt à écouter, à cet âge vénérable.
C’est plutôt le contraire qui se produit: certains défauts augmentent avec le temps.
Si ensuite on se retrouve avec un pouvoir immense entre les mains, la nature tyrannique ne peut qu’exploser. C’est ce qui s’est passé. En Argentine, ils le savent bien, à tel point que, bien qu’élu depuis des années, Bergoglio n’est jamais retourné dans son pays.

Aujourd’hui, tout le monde le sait: Bergoglio est le même qu’hier, un homme qui a laissé des cendres et des décombres dans son diocèse et qui répand maintenant sa « douceur », son « attention aux autres », dans le monde entier. Avec des résultats dévastateurs. On comprend pourquoi il aime tant Luther: le moine allemand lui non plus, comme on le sait, ne tolérait aucune discussion.
Aussi à cause de son caractère dur et cynique, on l’avait surnommé « le sanglier dans la vigne du Seigneur ».

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