Benoît XVI continue de suivre avec assiduité ce qui se passe dans l’Eglise. En quelques lignes, denses et riches d’implications, écrites dans la revue allemande de théologie « Herder Korrispondenz » (HK), il répond très clairement à ceux qui ont critiqué ses « notes » explosives parues en février dernier sur les abus sexuels dans l’Eglise.


Le Pape émérite répond

Dans les réactions à mon texte sur les abus, Dieu n’apparaît nulle part

Angela Ambrogetti
ACI Stampa
27 août 2019
Ma traduction

« Pour autant que je puisse voir, dans la plupart des réactions à ma contribution, Dieu n’apparaît pas du tout, et donc ce que je voulais précisément souligner comme le point clé de la question n’est pas abordé.

C’est en ces termes que le Pape émérite Benoît XVI répond par quelques lignes publiées par Herder Korrespondenz à quelques-unes des critiques issues de son texte de réflexion sur la question des abus sexuels dans l’Église catholique.

« La contribution de Mme Aschmann (« La vraie souffrance catholique en 1968, HK, juillet 2019, 44-47), malgré sa partialité – lit-on dans le numéro de septembre du journal – peut inspirer une réflexion plus approfondie, mais en réponse à ma publication dans Clergy Paper on the Abuse Crisis (No 4/2019, 75-81) elle est néanmoins insuffisante et typique du déficit général dans la réception de mon texte.

Il me semble que dans les quatre pages de l’article de Mme Aschmann, le mot Dieu, que j’ai placé au centre de la question, n’apparaît pas . J’ai écrit : « Un monde sans Dieu ne peut être qu’un monde sans sens » (78). « La société occidentale est une société dans laquelle Dieu est absent de la sphère publique et n’a rien d’autre à dire. Et c’est pourquoi c’est une société dans laquelle la mesure de l’humanité est de plus en plus perdue »(79).

Pour autant que je puisse voir, dans la plupart des réactions à ma contribution, Dieu n’apparaît nulle pas, et donc précisément ce que je voulais souligner comme le point clé de la question n’est pas abordé. Le fait que la contribution d’Aschmann néglige le passage central de mon argument, tout comme la plupart des réactions dont j’ai eu connaissance, me montrent la gravité d’une situation dans laquelle le mot Dieu semble souvent marginalisé dans la théologie ».