Les « élèves » du Professeur Ratzinger ont décalé d’un mois leur rencontre annuelle (qui passe de fin août à fin septembre), laquelle a choisi cette année pour thème « Défis actuels du ministère sacramentel dans l’Église ». De plus, pour la première fois, une partie des sessions se dérouleront publiquement. Des nouveautés sans doute liées au Synode sur l’Amazonie, et aux menaces sur le sacrement de l’ordre. Explications de Giuseppe Nardi, très bien informé (MàJ le 14/9).


Le « Ratzinger Schülerkreis » contre le Synode sur l’Amazonie

Pour la première fois, une partie de la rencontre est ouverte au public.

Giuseppe Nardi
katholisches.info
10 septembre 2019
Traduit de l’allemand par Isabelle

(Rome) Du 27 au 29 septembre, le Schülerkreis Ratzinger tiendra sa rencontre annuelle. C’est le très controversé Synode sur l’Amazonie qui explique une date aussi tardive : la rencontre a été placée immédiatement avant le début du Synode extraordinaire et sera consacrée à ce qui est présenté informellement comme un des objets principaux de ce Synode : le sacrement de l’ordre. On peut s’attendre à une réplique en contre-point de la part du Schülerkreis.

Il ne fait aucun doute, même si cela n’est pas expressément dit, que la rencontre vise à défendre le sacerdoce ministériel et qu’elle répondra aux attaques sur le sacrement de l’ordre que certains, au cours de ces derniers mois, ont évoquées, annoncées et appelées de leurs vœux.

L’Instrumentum Laboris, le document de travail du Synode est, depuis sa publication, la cible d’une critique sur une multitude de points. Un aspect essentiel du document vise les « possibilités » d’introduire un sacerdoce marié et de « nouveaux ministères féminins ».

La rencontre romaine du Schülerkreis et du « Nouveau Schülerkreis Joseph Ratzinger/Pape Benoît XVI » a dès lors pour thème officiel : « Défis actuels du ministère sacramentel dans l’Église ». Pour la première fois, une partie de la rencontre, programmée le 28 septembre, sera ouverte au public. C’est là un indice supplémentaire que l’on vise une répercussion dans l’opinion et que l’on cherche à exercer, si possible, une influence sur les pères synodaux.

Les personnes intéressées sont dès lors « cordialement invitées, après inscription préalable obligatoire ».

La rencontre aura lieu au Teutonicum, le Collège pontifical des ecclésiastiques allemands dans la Cité du Vatican.

Le Schülerkreis Ratzinger se réunit une fois par an, pour discuter d’un thème défini à l’avance. Le « Nouveau Schülerkreis » s’est déjà réuni cette année, au mois de juin, à l’Institut pontifical de Heiligenkreuz, près de Vienne. Ce qui ne l’empêchera pas de participer aussi à la rencontre annuelle à Rome. Le thème de la rencontre de Rome est centré cette année sur le sacerdoce ministériel.

Pour la première fois, une partie des travaux est ouverte au public

La nouveauté de cette année : une partie des travaux, accessible au public pour la première fois, sera ouverte le 28 septembre à 15h par le cardinal Koch. Après les paroles de bienvenue, il introduira lui-même le thème de la rencontre.

Ensuite viendra la communication principale du professeur Karl-Heinz Menke (Bonn), sous le titre « Le ministère sacramentel dans l’Église ».

Après une pause sont prévues jusqu’à 18h, quatre interventions qui apporteront chacune une réponse à une question essentielle liée au sacrement de l’ordre.

Maria Esther Gomez de Pedro (Santiago de Chile) parlera sur le thème : « Qu’est-ce que le sacerdoce commun des fidèles et en quoi se distingue-t-il du sacerdoce ordonné ? »

Ensuite, le professeur Christoph Ohly (Trier) traitera la question : « Pourquoi a-t-on besoin du ministère sacramentel dans l’Église ? »

Le professeur Marianne Schlosser (Wien) répondra à la question : « Sacerdoce sacramentel et célibat pour le Royaume ? »

Enfin, le cardinal Gerhard Müller répondra à la question : « Quelles sont les conditions indispensables à l’ordination ? »

Ensuite est prévue une table ronde sous la présidence du professeur Ralph Weimann (Rome).

Le cardinal Koch conclura la réunion avec un « message de conclusion ». Une réception suivra à partir de 19 h.


Ce sont surtout des évêques diocésains de l’espace germanophone, récemment encore le cardinal Reinhard Marx en personne, qui se trouvent derrière le Synode sur l’Amazonie. Par-delà le détour exotique par la forêt tropicale sud-américaine, où les indigènes indiens sont pris comme prétexte, l’enjeu est, pour eux, de liquider le célibat sacerdotal dans les pays de langue allemande et d’y introduire le diaconat féminin. Des critiques parlent d’une attaque, sans précédent dans l’histoire de l’Église, lancée contre le sacerdoce institué par le Christ.

Les observateurs sont convaincus qu’il s’agit là de la mise en œuvre de la « tactique du salami », déjà utilisée chez les protestants et les anglicans : l’introduction du diaconat féminin (le degré le plus bas du sacrement de l’ordre dans le Novus Ordo) n’est qu’un premier pas qui doit mener jusqu’au sacerdoce et finalement à l’épiscopat pour les femmes, au nom d’une théologie féministe et d’un discours prônant l’égalité des droits et voulant mettre fin aux discriminations.

Ce n’est donc pas un « hasard » si les travaux se déroulent en allemand puisque le Schülerkreis s’oppose aux visées amazoniennes de plusieurs évêques allemands.

La rencontre explique aussi les attaques parfois étonnamment virulentes de l’entourage[1] pontifical dirigées contre Benoit XVI et contre « son cercle rapproché qui doit être mis sous contrôle », y compris les sorties du pape François contre le cardinal Müller.

Jusqu’en 2012, le pape Benoît XVI a pris part personnellement aux rencontres annuelles. Depuis sa renonciation surprise il ne l’a plus fait. On est curieux de voir si l’urgence particulière de cette année le fera renoncer à l’habitude pour se rendre personnellement au Teutonicum ou s’il fera lire un message.


Informations pratiques sur la partie publique de la rencontre :

Lieu : 
Aula « Benedikt XVI » – Pontificio Collegio Teutonico
Via della Sagrestia 17 – 00120 Cité du Vatican

Date et heure : 
Samedi 29 septembre 2019, de 15 à 19 h.

Langue des communications :
Allemand avec traduction simultanée en italien.


[1] En français dans le texte, ndt.

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