Super-Ex (Marco Tosatti) continue d’explorer le livre publié en italien chez un éditeur relativement confidentiel au nom prophétique de « Kaos », en 2005, au moment de l’élection de Benoît XVI sous le titre « Senza Misericordia » (ma traduction de la première partie: ‘Les ennemis de Benoît XVI l’ont-ils emporté?‘). Il saute aux yeux que le groupe de prélats anonymes qui signent « Disciples de la vérité » a tout fait pour lui pourrir la vie pendant 8 ans, jusqu’au 11 février 2013, et pour faciliter l’élection de François – qui réalise enfin leur programme….


Super Ex:

Pauvre Benoît-Ratzinger, le sans-miséricorde

Marco Tosatti
23 octobre 2019
Ma traduction

Revenons à l’activité de Préfet de la Congrégation de la Foi de Joseph Ratzinger, pour mieux comprendre le « changement de paradigme » de Bergoglio.

Le livre dont nous sommes partis la dernière fois, édité par des hommes d’Eglise fans de la théologie de la libération cachés sous le pseudonyme de « Discepoli della Verità« , s’intitule, comme nous l’avons vu, “Senza misericordia.

Il faut rappeler qu’à peine élu, Bergoglio fit publiquement l’éloge du livre intitulé, au contraire, « Misercordia », signé par le cardinal allemand Walter Kasper, l’ennemi numéro un de Ratzinger.

L’idée de la miséricorde que le bien peu charitable Argentin allait tenter d’imposer à l’Église catholique, par tous les moyens et par des purges spécialement conçues était déjà très claire!

En effet, dans le livre accusatoire, après les paragraphes « Contre la théologie de la libération », « Contre le « relativisme » du Père Boff » etc., consacrés à la défense de l’immanentisme politique des théologiens combattus par Ratzinger, commence la liste des « héros » du relativisme éthique, injustement contrecarré par le « bouledogue » allemand.

Le premier sur la liste est le père belge Schillebeeckx, « opposé au célibat ecclésiastique et en faveur de l’ordination sacerdotale des femmes ». L’hérétique belge, se souviennent ses fans, était également très actif sur d’autres fronts, et en juin 1983, il signa un document, avec Küng et Boff, en signe de « solidarité avec l’Église des pauvres » au Nicaragua, document en désaccord avec ce que Jean Paul II avait dit à Managua sur l’irrecevabilité d’une « Église populaire » par opposition aux évêques locaux.

On voit déjà ici s’affirmer les hérésies: l’hérésie politique, soutenue surtout par les Brésiliens et les Latins, et celle éthique, soutenue en particulier par les Européens du Nord, les Belges, les Allemands et les Américains.

L’Église belge, comme nous le savons, a suivi la route du père Schillebeeckx, des cardinaux Suenens et Danneels, l’un des grands électeurs de Bergoglio, malgré les nombreux scandales liés à son ensablement des crimes sexuels contre les prélats prédateurs.

Sous son pontificat, Benoît XVI a tenté au moins un peu de renverser la ligne Schillebeeckx-Danneels, mettant à la tête du diocèse de Bruxelles, à la place de Danneels, l’excellent André-Joseph Léonard, immédiatement marginalisé par Bergoglio, manifestement solidaire des femmens et des militants LGBT qui en avaient fait leur cible favorite (recours à la violence, aux insultes… sans jamais une once de réprobation vaticane).

Après le Belge, l’Américain, le Père Curran – théologien moral en faveur de l’homosexualité, de la contraception, de l’euthanasie et du divorce, contraint de souffrir en 1983, le pauvre, « les cordes du Cardinal Préfet Ratzinger » – et l’Américain, Mgr Raymond Hunthausen, archevêque de Seattle, rappelé [à l’ordre] par Ratzinger en 1985 pour sa proximité aux mouvements gay, et pour la promotion des secondes unions même sans nullité déclarée.

Le document de Ratzinger rappelait que « l’archevêque doit éviter tout type de soutien à un groupe qui n’accepte pas inconditionnellement l’enseignement du Magistère sur le mal intrinsèque de l’activité homosexuelle ». Il ajoutait que « l’accueil malheureux dans sa cathédrale d’un groupe pro-homosexuel a contribué à rendre ambiguë la position de l’Eglise sur cette question délicate mais importante ».

Et aujourd’hui? Aux Etats-Unis, Bergoglio nomme des cardinaux et promeut dans des positions de visibilité maximale les prélats américains qui accueillent publiquement les groupes LGBT dans l’évêché, qui nient l’existence du « mal intrinsèque » et qui font de l’ambiguïté leur point de départ habituel pour miner la doctrine de l’Eglise dans cette « question délicate mais importante ». Les noms de Farrell, Cupich, Tobin et Martin suffisent.

Ajoutons une anecdote importante: en 1986, Ratzinger renvoya Mgr Raymond Hunthausen, qui fut remplacé pour de nombreuses questions (?) par son adjoint, l’évêque auxiliaire Donald Wuerl, qui allait plus tard devenir cardinal, grand électeur de Bergoglio, et qui, comme on l’apprendra plus tard, était un ami proche du cardinal progressiste et serial abuseur McCarrick.

Si Mgr Raymond Hunthausen a été renvoyé par Ratzinger, son adjoint, Wuerl (choisi pour son mérite?) devait être contraint de démissionner par la justice laïque pour avoir couvert des abus!

En défense du pauvre Mgr Raymond Hunthausen, on vit monter au créneau, comme le rappellent avec douleur « Les Disciples de la Vérité », Mgr Rembert Weakland, qui lança ses anthèmes contre le « fanatisme » et la « cruauté » du Vatican (un peu comme le fait maintenant le Père Martin, avec l’approbation papale).

Des années plus tard, Weakland – mais de cela, les « disciples de la vérité » ne se souviennent pas -, d’abord cherchera à minimiser le problème des abus, ensuite sera accusé de violence sexuelle par un de ses étudiants en théologie (avec qui il avait eu, de son propre aveu, une relation sexuelle), et enfin paiera en secret 45 mille dollars, avec l’argent du diocèse, pour éviter un procès contre lui!

Pour en revenir à l’acte d’accusation miséricordieux intitulé « Senza misericordia« , un autre paragraphe est consacré à Ratzinger, intitulé « Le dogme anti-gay du préfet homophobe », puis vient la transformation en martyrs des théologiens allemands rebelles en matière morale: outre Bernhard Haring, les monsignori Karl Lehmann, Walter Kasper et Oskar Saier.

On rappelle à leur sujer qu’ « au cours de l’été 1993, ils ont signé une lettre pastorale ‘pour accompagner les personnes dont les mariages ont échoué et les divorcés qui se sont remariés’. Elle contenait une interprétation novatrice et ouverte de l’interdiction de l’accès à l’Eucharistie pour les personnes divorcées et remariées: elle formulait l’hypothèse d’un accès individuel et subjectif, dans des cas déterminés… ». Mais Ratzinger répondit le 14 septembre 1994 par un « non ».

1993-94: Kasper est donc contraint de se retirer par Ratzinger et Jean-Paul II; 2015: Bergoglio convoque un synode sur la famille qui doit parvenir – c’est déjà décidé a priori -, aux conclusions de Kasper, qui est cité dès le début comme point de référence de la nouvelle doctrine!

Je conclurai en prenant ici et là quelques perles contenues dans un livre écrit précisément pour l’élection de Benoît XVI, en 2005, attestant de la volonté d’un groupe de membres du clergé de lui faire cette guerre qui exista réellement, pendant les huit années: Ratzinger, tout en étant accusé de « philonazisme », « homophobie », « sexophobie » (aujourd’hui, à la place, il y a des sexomanes au pouvoir !), est accusé de « phobie philomaçonnique » (quel rôle joue aujourd’hui le courant philomaçonnique du cardinal Silvestrini?), d’être attaché à son fauteuil (il démentira l’accusation en démissionnant), de s’opposer aux unions entre homosexuels (Bergoglio n’a rien dit, en revanche sur la loi Cirinna, le mariage gay en Irlande et Allemagne…), d’avoir repris le pauvre McCarrik au sujet de la communion aux candidats pro avortement…

Le livre se termine par une citation de Leonardo Boff, l’un des amis de Bergoglio, comme nous le savons aujourd’hui: « l’élection de Benoît XVI pourrait être un fléau pour toute l’Église », car il est guidé dans sa défense de la doctrine « par une logique cruelle et sans merci ».

Le doux, cultivé, inoffensif, Benoît XVI était donc un pape « sans pitié ». Maintenant, avec le méchant, vindicatif et hérétique Bergoglio, nous vivrions, à en entendre quelques-uns, le temps de la miséricorde. De plus en plus de catholiques, cependant, espèrent que ce temps s’achèvera le plus tôt possible….

En attendant, ils prient, étudient et ils ont cessé de verser le 8 pour mille et le denier de saint Pierre: vu la litière que « les miséricordieux » font de la miséricorde, de la foi, de la morale et de l’argent !