Il a prononcé hier devant une assemblée de juristes, un discours que ne désavouerait le plus extrémiste des leaders d’extrême-gauche: là, il en fait trop, et il pulvérise les bornes du politiquement correct. Marco Tosatti a relevé la comparaison diffamatoire, à peine subliminale, faite entre les mouvements souverainistes et le nazisme!

Le discours prononcé vendredi par le Pape devant les participants au XXe congrès de l’Association Internationale de Droit pénal mérite d’être lu en entier. Jean-Luc Mélenchon, ou Olivier Besancenot (je dis au hasard) ne le désavouerait pas. Nul doute qu’il plaira surtout à ceux qui ne rêvent que d’une chose: détruire l’Eglise.
Il y est question, en vrac, des délits économiques « aussi graves que des crimes contre l’humanité »: d’un nouveau crime, contre l’environnement, celui-là, baptisé « écocide », que le CEC doit inclure d’urgence parmi les péchés et que la communauté internationale doit reconnaître comme « crime contre la paix » et sanctionner comme tel. De la lutte contre la soi-disant « culture de haine » (là, on a droit au clin d’œil aux leaders d’extrême-gauche latino-américains, Morales, Lula et Cie, avec l’allusion aux « fausses accusations portées contre des dirigeants politiques, par le biais de moyens de communication, d’adversaires ou d’organes judiciaires colonisés »).
Et ainsi de suite.
De ce bric-à-brac qui tient plus de la harangue « révolutionnaire » (datée années 70, le Pape retarde d’un combat) que du credo politiquement correct auquel nous sommes désormais habitués de sa part, Marco Tosatti a extrait un passage particulièrement choquant, en particulier si l’on songe à ce qui se passe en ce moment au Chili, dont nous avons parlé hier:


La mémoire sélective du Pape Bergoglio,

et la reductio ad hitlerum

Marco Tosatti
16 novembre 2019
Ma traduction

Voici, rapportées par Vatican News, les paroles que le Souverain Pontife a prononcées hier devant un auditoire de criminalistes:

«Ce n’est pas un hasard si parfois réapparaissent des emblèmes et des actions typiques du nazisme qui, avec sa persécution des juifs, des tziganes, des personnes homosexuelles, est le modèle négatif par excellence de la culture du rejet et de la haine. Il faut être vigilant, tant dans le domaine civil que dans le domaine ecclésial, afin d’éviter tout compromis possible – supposé involontaire – avec ces dégénérescences… Je vous confesse que lorsque j’entends certains discours, certains responsables des forces de l’ordre et de gouvernement, me viennent à l’esprit les discours d’Hitler en 1934 et 1936»
*

https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2019-11/discours-pape-association-droit-penal.html

Ainsi le Souverain Pontife s’est lui aussi aligné sur le récit et la propagande des partis de gauche, en Italie et ailleurs, qui voient dans les formations politiques non globalistes, non mondialistes, attentives aux valeurs de la souveraineté nationale, des formes de retour possible au nazisme. Pas étonnant, si l’on considère qui sont ses conseillers dans ce domaine (Spadaro SJ, les évêques et les cardinaux de tendance PD, tels que Zuppi de Bologne); et ses lectures quotidiennes (Repubblica!).

Mais ce qui étonne en revanche, venant d’un jésuite, c’est-à-dire d’une élite de l’Eglise dans laquelle le discernement doit régner en maître, c’est que la propagande sur les peurs futures (irréelles, diffamatoires, et intéressées) efface la vision du réel.

Plus que les discours d’Hitler de 1934 et 1936, Sa Sainteté devrait être préoccupée par les actions staliniennes (ne lui rappellent-elles rien, celles-là?) de la Chine communiste, où l’accord signé à l’improviste par l’Eglise avec un régime dictatorial constitue le parapluie d’une répression religieuse plus intense qu’auparavant, sans parler des camps et des limitations de la liberté. Elle devrait s’inquiéter du fait que les manifestants de gauche chiliens (et non les nazis…) mettent le feu aux églises. Elle devrait peut-être s’inquiéter du fait qu’au Nicaragua, le régime de gauche néosandinien de Daniel Ortega empêche un prêtre de célébrer la messe à l’église pour les proches d’opposants politiques en prison.

Non, de cela, on ne parle pas parce qu’ils sont de gauche, et donc le Pape se tait.

Et après cela, on s’étonne si le peuple, les catholiques ordinaires, mais qui pensent, désertent les audiences générales et l’Angélus. Et arrêtent de donner les 8 pour mille à l’Église. Ici, aux USA et en Allemagne.

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