Antonio Socci nous apprend que dimanche dernier, François a partagé avec les pauvres de Rome un repas dont le porc était banni, pour ne pas heurter les musulmans présents (*). Ce n’est pas qu’une anecdote (ridicule, ou sympathique, selon la sensibilité de chacun) mais, en plus d’une nouvelle reddition face à l’islam, un abandon idéologique de tout ce qui fait la spécificité de notre culture, et qui relève de cette haine de soi de l’Occident qu’a dénoncé Benoît XVI.

(*) Nous connaissons bien sûr le même problème en France; cf. les menus végétariens dans les cantines scolaires, la santé des enfants et la préservation de la planète ont bon dos… La même remarque vaut pour la consommation de vin.

Le Pape dîne avec les pauvres, 17/11/2019. Ce dont personne ne peut lui faire le reproche.
Antonio Socci souligne malicieusement la présence de bouteilles en plastique, en contradiction avec son engagement écologique…

Soumission. Bergoglio déclare la guerre au porc (pour plaire au monde musulman)

Antonio Socci
Libero , 18/11/2019
Ma traduction

Le porc n’est pas seulement un aliment savoureux, c’est aussi la civilisation italienne, comme le vin et le parmesan. Ce n’est pas un hasard si « November porc« , qui se déroule actuellement en Emilie, est la plus grande manifestation européenne dédiée au porc. Qui sait si un jour elle ne sera spas « excommuniée » ou supprimée pour ne pas heurter les musulmans.

C’est ce qui vient à l’esprit après qu’hier, le pape Bergoglio, pensant plaire aux musulmans, ait banni le porc du déjeuner des pauvres au Vatican. Une idée similaire aux ridicules tortellinis « sans porc » inventés il y a deux mois par la Curie de Bologne, toujours pour la même raison.

Dans le « Corriere della sera« , Marco Cremonesi a qualifié hier cette histoire de tortellini de « fake new« . Mais elle est tellement vraie que dans le même « Corriere« , le 3 octobre dernier, Ernesto Galli della Loggia [né en 1942, intellectuel issu de la gauche non communiste, il est éditorialiste au Corriere della Sera. Il est marié à Lucetta Scarafia] lui a consacré l’éditorial intitulé: « Un défi historique pour l’Eglise« .

En plein dans l’actualité aujourd’hui, face à la trouvaille de Bergoglio désireux de plaire au monde musulman.

« Ici, il n’y a pas de porc, même les autres invités peuvent tranquillement manger de tout », a expliqué Mgr Rino Fisichella, qui a organisé le repas.

Les pauvres (catholiques, agnostiques ou athées) qui, pour une fois, auraient pu manger de la viande [de porc!], ont dû y renoncer. Une idée punitive des pauvres, pas des musulmans. La trouvaille bergoglienne pourrait se résumer par le slogan: les musulmans d’abord. Et ce n’est pas seulement une question de cuisine.

Galli della Loggia écrivait dans cet éditorial : « Il y a des raisons beaucoup plus importantes que celles des gourmets pour continuer à raisonner sur la décision d’interdire le porc dans la préparation des tortellinis. Parce qu’il ne s’agit pas tant de ‘nos traditions’ ou d’autres choses semblables. Il me semble que ce sont là quelques-unes des orientations fondamentales décisives de l’Église catholique ».

Galli parlait de la « tendance désormais perceptible par mille signes » à dissoudre le catholicisme « dans l’indistinct ». Depuis des années, écrivait le chroniqueur, on voit progresser au niveau planétaire une « idéologie éthique » fondée sur les « droits de l’homme » et dont découlent « le pacifisme, l’écologisme, l’antisexisme et tout ce qui pourrait s’inscrire dans une perspective indistincte de buonisme global sous l’égide d’une organisation ou d’un mouvement international ».
Tout cela a placé le catholicisme devant « un défi entièrement inédit », parce qu’ « une morale elle aussi universelle, d’inspiration naturaliste et d’un ton fortement séculier » lui dispute le terrain.


L’Église de Bergoglio répond à ce phénomène en tendant – dit Galli – à « déposer tous les traits de son identité historique qui dénoncent une déviation trop marquée par rapport aux principes de l’indistinct éthico-mondialiste « .
C’est-à-dire qu’elle se rend. Une adhésion suicidaire à l’idéologie multiculturaliste qui conduit à rejeter ce qui est chrétien ou occidental pour se soumettre aux cultures d’autrui comme l’Islam.

Benoît XVI avait décrit cette idéologie ainsi:

« Il y a ici une haine de soi de l’Occident qui est étrange et qui ne peut être considérée que comme pathologique; oui, l’Occident essaie, d’une manière louable, de s’ouvrir pleinement aux valeurs extérieures, mais il ne s’aime plus; dans son histoire, il ne voit plus que ce qui est déplorable et destructif, et il ne peut plus percevoir ce qui est grand et pur. L’Europe a besoin d’une nouvelle acceptation – certes critique et humble – d’elle-même si elle veut survivre. La multiculturalité, qui est constamment et passionnément encouragée et favorisée, est parfois avant tout l’abandon et le déni de ce qui est propre, la fuite de ses propres choses ».

*

« Senza radici. Europa, relativismo, cristianesimo, Islam »
Joseph Ratzinger – Marcello Pera, 2004

Le Pd en parfaite harmonie avec Bergoglio a relancé hier – par la bouche du secrétaire [du PD] Zingaretti – l’idée du « ius soli » et du « ius culturae » pour des milliers d’immigrants. Même les grillini – avec bon sens – ont objecté: « La moitié d’un pays est sous l’eau et il y en a qui pensent au ius soli? Nous sommes sans voix ».

Outre les inondations, il y a la tragédie d’Ilva [en juin 2017, ArcelorMittal proposait de reprendre le site d’Ilva, la plus grande aciérie d’Europe. Le lundi 4 novembre 2019, ArcelorMittal a annoncé l’annulation du rachat], avec vingt mille familles qui risquent de se retrouver à la rue, et les « progressistes » pensent au ius soli pour les immigrants.

Ils se fichent des Italiens. Du reste, avec le ius soli, les immigrants pourront faire ce que les Italiens ne veulent plus faire: par exemple, voter pour le Pd.

Antonio Socci