L’article du blog argentin Caminante/Wanderer dont je parlais hier boucle la boucle, en concluant les commentaires – sans doute pléonastiques (*) – que mon site a consacrés à l’épisode dit de la claque pontificale, lors de la traditionnelle visite du Pape à la crèche après le Te Deum, le 31 décembre. L’auteur a le mérite de passer en revue toutes les hypothèses – même si ses préférences personnelles ne sont pas un mystère – et même de replonger dans l’histoire de la papauté.

(*) Je suis consciente que mes efforts sont vains. Ces images, malgré leur évidence et leur diffusion planétaire, loin d’ouvrir les yeux aux aveugles, n’ont fait que radicaliser les postions des pour et des contre. Sortir de ce dilemme tient désormais de la quadrature du cercle.


Révélation

3 janvier 2020
caminante-wanderer.blogspot.com
Traduction de Carlota

Curieusement la baffe pontificale a fait grand bruit dans le monde entier. Ce blog, qui est juste  un blog de plus, reçoit en moyenne cent mille visites par mois. Mais, le post avec la vidéo du Pape François qui se fâche, a déjà reçu plus de quinze mille visites et soixante commentaires en deux jours. Le fait mérite quelque réflexion.

Il s’agit, sans doute, d’un épisode mineur et anecdotique. Et en ce sens, il va s’en trouver qui vont considérer que j’ai une attitude mesquine en publiant l’affaire, profitant d’un comportement isolé du Pape François pour susciter la raillerie à son égard.

Nous pouvons invoquer différents arguments en faveur du Saint Père. Prenons en compte le fait qu’il s’agit d’une personne âgée, qui venait de passer une journée plutôt chargée et qu’il a été irrespectueusement agrippé par une femme qui l’a fait tituber. D’un autre côté, – je dois le confesser -, moi-même, sans être ni saint, ni pape, plus fois il m’est venu à l’idée  de corriger avec des claques et des coups de pied des Chinois qui  se déplacent en troupeau dans les lieux les plus sacrés. Et, comme l’a dit plus d’un commentateur, les nationaux de ce pays, à la différence des Japonais ou des Coréens, ont l’habitude d’être particulièrement grossiers et mal éduqués.  Ils donnent presque envie d’envoyer une carte de félicitation à Sainte Marthe.

D’un autre côté,  nous savons tous que François n’est pas un saint, et qu’il n’a pas à l’être. Si nous l’avions prétendu, nous aurions dû accepter tranquillement les canonisations expresses insensées de Jean XXIII, Paul VI et Jean-Paul II. Dans le fond, ces erreurs ne s’expliquent que si nous soutenons l’hypothèse que tous les papes ont été choisis par l’Esprit Saint, ce qui, ipso facto, les transforment tous en saints hommes. Comme l’a bien dit le Pape Benoît XVI, dans l’histoire de l’Église, il y a plus d’un pape que l’Esprit Saint n’aurait jamais dû choisir.  Par conséquent, que le Souverain Pontife ait un accès modéré de colère, cela ne devrait ni surprendre ni scandaliser. Si nous nous mettons à lapider des papes et des saints parce qu’ils se sont mis en colère à l’occasion, nous pourrions proposer une liste qui commencerait avec Saint Jérôme, qui dans ses lettres envoie des baffes un peu plus fortes et cruelles que celles de François. Et inclure Pie IX, connu pour les cris loin d’être mesurés avec lesquels il traitait le cardinal Guidi et le coup de pied à la tête qu’il a donné à l’évêque oriental qui le questionnait raisonnablement au sujet du dogme de l’infaillibilité (Cf. K. Schatz, Vaticanum I, vol. III, Paderborn, 1992, p. 312-322).

Le fait malheureux du 31 décembre, a en outre, été à l’origine de conjectures sans fin tendant à prouver que la cause de l’ire pontificale aurait été les paroles que lui aurait adressées la dame en question. Dans les commentaires du post, il y a deux interprétations possibles, et d’autres ont été proposées sur différents sites. Toutes ont en commun que cette femme lui aurait demandé qu’il ne trahisse pas la Chine, ou les fidèles chinois ou le Saint Siège lui-même.  Difficile de le savoir, tant que ce n’est pas cette dame elle-même qui s’exprime sur le sujet. Mais ce que nous savons c’est que Bergoglio ni ne parle ni ne comprend l’anglais, c’est pourquoi ila parait hautement improbable qu’il ait compris les paroles qui lui étaient adressées au milieu des cris et des exclamations du reste des assistants qui étaient rassemblés dans la zone entourée de barrières.    

Même si elle s’adapte comme un anneau au doigt à nos convictions, nous devons être honnêtes  et écarter l’idée que la conduite du Pape ait été due à sa colère provoquée par les supposés suppliques de la dame chinoise. On la doit, je pense, au mouvement brusque pour le retenir qui lui a fait perdre l’équilibre.

Néanmoins, cet épisode en apparence sans transcendance, a une signification que va au-delà du fait concret et qui par conséquent justifie son exposition publique et la réaction négative de millions de personnes. Le Pape François a construit son pontificat à partir de l’image qu’il a construite de lui-même et avec laquelle il s’est vendu comme candidat papal aux cardinaux naïfs. Bergoglio s’est caché derrière un masque et comme il sait que dans le monde contemporain la réalité est ce qui apparaît dans les médias, il a toujours pris soin d’apparaître dans ces médias derrière son masque. Nous sommes quelques blogs et sites catholique rigides peu nombreux , qui depuis des années, mettons en garde contre le fait qu’il s’agit d’un masque derrière lequel se cachait un prédateur. Le 31 décembre, son masque est tombé d’une façon inattendue devant des centaines de millions de spectateurs. Le visage défait par la colère qu’il avait en s’éloignant de la barrière après avoir tapé la pauvre Chinoise, montre le véritable visage de Bergoglio.

Il y a un détail qui fortifie l’hypothèse de la mascarade [ndt que joue normalement en public le pape] ; si l’on observe avec attention la vidéo, l’on peut voir que le garde du corps qui le suit, a dans sa main gauche la vieille sacoche crasseuse que Bergoglio emporte dans ses voyages et avec laquelle il gravit la passerelle de l’avion à la vue de toutes les caméras pour montrer de cette façon qu’il n’est rien de plus qu’un humble travailleur.

Je pense qu’il portait cette même sacoche à la surprenante messe d’obsèques célébrée un moment avant la colère, dans une paroisse excentrée de Rome. Il s’agissait d’un élément de plus des décors utilisés au service de l’humilité pontificale. Il devait descendre de sa modeste voiture pour être vu par les pèlerins qui étaient rassemblés place Saint Pierre, et afin de les saluer plus commodément, il aurait passé la sacoche à son garde du corps. Ce qui est ridicule c’est que ce soit justement son garde du corps qui se charge de ses affaires, alors qu’il devrait garder les mains libres pour éviter une quelconque attaque surprise sur la personne du Pontife.

Nous ne devrions pas être surpris que le Pape assume un rôle d’acteur quand les caméras de télévision s’allument. D’autres le firent avant lui.  Rien n’est davantage d’actualité que la scène de « I mostri » de Dino Risi que vous pouvez voir ici. Quand les papes ont commencé à s’exposer aux caméras, nous voyons qu’ils se comportent avec naturel et complaisance, comme l’on peut le voir dans les scènes avec Léon XIII . Cependant, quand ils se sont rendus compte de l’énorme pouvoir qu’avaient les images diffusées dans le monde entier, le comportement a commencé à être une question stratégique étudiée avec soin. Pie XII, dans ce sens, fut un acteur consommé et, à mon avis, c’est lui qui remporte l’Oscar de la meilleure interprétation pontificale : ses regards perdus en extase, ses bras levés et ses mouvements finement calculés, nourrissaient son surnom de Pasteur Angélicus qu’il portait si volontiers. Puis, Jean-Paul II, qui dans sa jeunesse avait été acteur dans des salles de quartier, a eu l’opportunité de jouer dans les théâtres planétaires les plus imposants et être acclamé chaque semaine par des multitudes. Néanmoins, dans les deux cas, ce jeu était une stratégie de plus en option de leur mission, un élément de plus qui en aucune façon ne définissait leur pontificat.

François, par contre, a édifié son pontificat sur cela. Son pontificat est un pontificat médiatique, et tout ce qu’il dit et fait est ordonné de façon à être conforme au sens commun progressiste que soutiennent les médias mondiaux, qui se chargent de le blinder en permanence. 

La religion importe peu à Bergoglio, cela lui importe peu que les Allemands dans leur synode suspendent le célibat sacerdotal ou se consacre à l’ordination de diaconesses. Ce qui lui importe à lui c’est de maintenir le « leadership » du progressisme au niveau politique, et pour cela il a non seulement besoin des médias mais aussi de son masque, ce masque précisément qui est tombé un moment le 31 décembre.

Le véritable Bergoglio est un être mauvais et irascible. Je connais personnellement des prêtres qui ont été traités de la manière la plus cruelle que l’on puisse imaginer par celui qui était alors le cardinal évêque de Buenos Aires ; je connais des prêtres qui ont été finement calomniés par ce même cardinal devant leurs propres évêques afin de les faire mal voir par eux. J’ai reçu différents témoignages de prêtres et d’officiels de la curie romaine qui racontent les plus que fréquentes rages et paroles de rejet du Souverain Pontife face à ceux qui se trouvent sur son chemin ou ceux qui perdent ses faveurs. C’est une question à poser au cardinal Müller  ou au P. P. Fabián Pedacchio, qui parcourt désormais la Ville Éternelle à la recherche d’une couche où reposer sa tête après avoir été (justement) expulsé de l’antichambre pontificale.  

L’épisode de la baffe à la dame chinoise a été, en lui-même, une anecdote insignifiante. Mais, du côté symbole, il a été un fait transcendant. Il a révélé le véritable visage du Pape François.

Mots Clés : ,
Share This