Riccardo Cascioli revient sur les derniers scandales provoqués par le Chancelier des Académies pontificales des sciences et des sciences sociales: alignement sans condition sur l’ONU, proximité affichée avec l’avorteur Jeffrey Sachs, « campagne » affichée contre Donald Trump, communion au président argentin et à sa concubine: ce n’est plus un homme d’Eglise mais un militant politique de la gauche mondialiste. Sans parler de la goujaterie absolue du personnage, répondant grossièrement aux questions de Diane Montagna, de Life Site News.

Sorondo et Sachs lors d’un récent congrés au Vatican

Sorondo, le symbole de la confusion dans l’Eglise

Riccardo Cascioli
La NBQ
10 février 2020
Ma traduction

Il défend bec et ongles la communion du président argentin, avorteur et concubin, il défend les insultes à Trump lors d’une conférence organisée par lui. Ce ne sont là que les derniers méfaits de Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, argentin, Chancelier des Académies pontificales des sciences et des sciences sociales. Le dernier d’une longue série.

Incompétence, imprécision, mépris des fidèles catholiques, arrogance, idéologie, « caméléonisme ». Il existe au Vatican un personnage qui résume toutes ces caractéristiques, désormais typiques d‘une certaine Église qui aime se dire « en sortie ». Mais alors que chez d’autres, on retrouve seulement un ou plusieurs de ces traits, chez lui, on les retrouve tous. Il s’agit de l’évêque argentin Marcelo Sanchez Sorondo, Chancelier des Académies pontificales des sciences et des sciences sociales, poste qu’il occupe depuis 1998.

Lui, qui enseignait déjà la philosophie à l’Université pontificale du Latran, a été nommé à ce poste par Saint Jean Paul II. Avec le recul, on pourrait dire qu’il s’agit d’un mauvais choix, mais il y a le fait que jusqu’à il y a quelques années, il ne s’était pas fait particulièrement remarquer, ni pour le meilleur ni pour le pire; et en tout cas, il était loin des centres de décision. Mais comme tant d’autres personnes qui traînent au Vatican, il a été complètement transformé pendant ce pontificat, il est devenu un véritable militant politique, mondialiste et socialiste.

Et il a transformé les Académies pontificales qu’il dirige : d’organismes académiques respectables appelés à discuter et à approfondir les questions scientifiques et sociales actuelles, à donner des éléments de connaissance utiles aux pontifes, elles sont devenues le bras (scientifiquement) armé d’une poussée mondialiste et écologique qui trouve certes son origine à Sainte Marthe, mais qui à son tour entraîne Sainte Marthe. Et le fait qu’il soit devenu un pilier fondamental du Nouvel Ordre du Vatican est démontré par le fait qu’il est toujours là, même s’il a déjà dépassé à la fois l’âge de la retraite (75 ans) et la prolongation qui, dans certains cas, est accordée par le Pape (deux années supplémentaires).

Ainsi, au Vatican, des personnages qui représentent la pensée anti-humaine et anti-chrétienne qui guide les agences de l’ONU, et que Saint Jean Paul II avait tant combattue sont désormais chez eux. Des environnementalistes catastrophistes, comme John Schellnhuber, et des économistes néomalthusiens, comme Jeffrey Sachs, dictent aujourd’hui la ligne à suivre et il a même fallu assister à la docte leçon de Paul Ehrlich, le biologiste environnementaliste connu surtout pour « Population Bomb » (la bombe démographique), le livre publié en 1968 qui a tant influencé les politiques anti-natalistes des décennies suivantes dans les pays pauvres.

Sorondo est le Grand Maître de cette bande, convaincu (ou du moins il le dit) qu’il a amené l’ONU sur les positions de l’Eglise alors que c’est le contraire qui est évident. Il se sent si puissant et protégé qu’il peut librement faire des déclarations calomnieuses – il a dit à plusieurs reprises que quiconque est sceptique quant à la théorie du réchauffement climatique anthropique est à la solde des compagnies pétrolières – ou lancer des insanités qui ridiculisent l’ensemble de l’Église catholique et offensent les victimes de persécution (on se souvient qu’il a récemment déclaré que la Chine est le pays qui met le mieux en œuvre la doctrine sociale catholique).

Mais la semaine dernière, il a dépassé toutes les limites de la décence avec deux épisodes qui ont provoqué réactions et scandale.

L’un concerne la énième conférence organisée par Mgr Sorondo, cette fois sur le thème « Nouvelles formes de solidarité – Vers l’inclusion fraternelle, l’intégration et l’innovation ». Elle a eu lieu le 5 février et parmi les principaux orateurs figurait une fois de plus Jeffrey Sachs, qui dans son discours s’est longuement lâché contre le président américain Donald Trump, décrit comme un danger mortel pour le monde, pire encore s’il remporte les élections en novembre prochain. Sans parler de l’opportunité pour les Congrès vaticans de devenir des tribunes électorales, ce qui est choquant, c’est de voir Mgr Sorondo, à côté de Sachs, rire, amusé des insultes de l’orateur et même applaudir dans un passage particulièrement offensant, comme on peut le voir dans la vidéo.

On peut évidemment avoir des opinions différentes sur l’administration Trump, mais que le Saint-Siège soit impliqué dans une bataille politique de ce genre est absolument inadmissible: d’autant plus qu’il prend parti pour un théoricien du contrôle des naissances (et pro-avortement) contre le premier président américain à participer à une Marche pour la vie et qui s’est montré un champion du droit à la vie.

Plus grave encore, l’autre épisode, la messe célébrée au Vatican pour le président argentin Alberto Fernandez et sa concitoyenne Fabiola Yanez, au cours de laquelle tous deux ont communié [cf. Les dessous d’une messe sacrilège]. Le scandale réside dans le fait que le président est divorcé et vit avec Fabiola Yanez et, surtout, qu’en tant que chef du gouvernement, il a l’intention de faire passer une loi en faveur de l’avortement, qui est d’ailleurs l’une des priorités de son mandat. Fernandez a rencontré le pape et le secrétaire d’État, le cardinal Pietro Parolin, à Rome, et il ne s’est entretenu qu’avec ce dernier sur la question de l’avortement, sans recevoir de pression particulière. La vidéo de la communion a évidemment fait le tour du monde en offrant l’image d’une Église qui « vend » ce qui constitue le fondement de notre foi. De plus, pour couronner une messe avec une nette saveur politique péroniste.

Mais la question est encore aggravée par les déclarations que Mgr Sorondo lui-même a faites à la correspondante de LifeSiteNews, Diane Montagna [ndt: Jeanne Smits a traduit la substance de l’entretien – stupéfiant!!], qui le pressait sur cette question. Sorondo a interprété librement le Code de droit canonique qui stipule qu’un prêtre est obligé de donner la communion à ceux qui la demandent, sauf s’ils sont excommuniés, oubliant que le même article du code (915) se réfère également à ceux qui « persévèrent obstinément dans le péché grave manifeste ». Dans une lettre adressée aux évêques américains, il a ensuite attribué, avec désinvolture, au cardinal Joseph Ratzinger de l’époque le désir de ne pas interdire la communion aux hommes politiques qui promeuvent activement l’avortement (et Diane Montagna démontre la fausseté de cette déclaration). Enfin, il a interprété St Paul comme il l’a voulu, faisant de lui le champion de la libre conscience. Le tout avec l’arrogance habituelle qui le distingue.

Si cette période est une période de confusion pour l’Église – comme l’a clairement dit le cardinal Carlo Caffarra – Mgr Sorondo en est certainement le prophète.