Certains ont osé parler de châtiment divin, à propos du coronavirus. Qu’ont-ils dit là!! Châtiment est un gros mot dans une société en rébellion contre la figure paternelle, une société qui rejette toute notion de faute, et donc a fortiori de punition (*). Et plus encore dans l’Eglise « miséricordieuse » qui ne veut plus entendre parler de péché et qui récuse l’idée d’un Dieu qui punit, lui préférant un Dieu bonasse et arrangeant. Et pourtant, les saintes écritures regorgent de témoignages de la colère divine.


Luisella Scrosati, qui, à propos du coronavirus, consacre au sujet du châtiment divin et de la colère de Dieu une réflexion à caractère plutôt théologique cite Benoît XVI et son livre « Regarder le Christ« :

Un Jésus qui est d’accord avec tout et tous, un Jésus sans sa sainte colère, sans la dureté de la vérité et du véritable amour, n’est pas le vrai Jésus comme le montre l’Ecriture, mais sa misérable caricature. Une conception de « l’évangile » où le sérieux de la colère de Dieu n’existe plus n’a rien à voir avec l’évangile biblique.

Un Jésus qui approuve tout est un Jésus sans la croix, car alors la douleur de la croix n’est pas nécessaire pour guérir l’homme […]. La croix comme expiation, la croix comme « forme » de pardon et de salut ne correspond pas à un certain modèle de la pensée moderne. Ce n’est que quand le lien entre la vérité et l’amour est bien visible que la croix devient compréhensible dans sa véritable profondeur théologique.

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Joseph Ratzinger, « Regarder le Christ »

Parmi les commentaires arrivés sur la page FB d’Aldo Maria Valli ouverte pour recueillir les témoignages des catholiques italiens au temps du coronavirus, souvent privés de messe, ou obligés de recevoir la communion dans la main, voici celui d’un habitant de Pesaro dans les Marches, en Italie centrale:

Cher Aldo Maria, le premier dimanche de Carême, j’ai pu aller à la messe parce qu’après quelques jours de soumission des évêques aux diktats de la politique régionale, le peuple a été de nouveau admis aux célébrations. Il n’y avait pas tellement de monde et je me suis dit: peut-être que c’est la peur de la contagion, ou peut-être qu’ils seront restés chez eux pour suivre la masse en streaming, très médiatisée.

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Pendant la célébration, il n’a été fait aucune mention, même pas dans la prière des fidèles, de la situation que nous vivons. Bien sûr, je ne m’attendais pas à des prières du type « libérez-nous du virus » ou « libérez-nous de la panique », mais j’espérais au moins une caresse, au nom de cette tendresse dont tant de prélats parlent si souvent. Au lieu de cela, rien.
Au moment de la communion, les règles d’hygiène ont été rappelées, notamment la nécessité de recevoir l’Eucharistie sur la main (…)

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A la fin, avant la bénédiction, le prêtre a demandé un moment d’attention. J’ai pensé: il va proposer d’intensifier la prière et de donner son témoignage chrétien personnel dans une situation aussi délicate. Mais non! Il a attaqué sur un ton méprisant, « certains groupes de prière » qui propagent l’idée que le virus est un châtiment divin pour nous, pécheurs.

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Or, comme je n’ai pas eu l’occasion de lire ce que « certains groupes de prière » auraient prétendu, et comme il est de mauvais goût de mettre en cause de façon polémique quelqu’un qui ne peut pas répondre, il me semble à moi qu’il n’y a rien de faux dans le concept de « punition » divine, personnelle ou communautaire, entendue comme l’œuvre d’un Père qui éduque ses enfants. Et le massacre des innocents, le déluge universel, les sept fléaux d’Égypte [et Sodome et Gomorrhe, etc.], les nombreux avertissements de Jésus dans l’Évangile sur la nécessité de se convertir pour éviter le feu éternel?

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https://www.aldomariavalli.it/2020/03/04/i-cattolici-al-tempo-del-coronavirus-9/

NDT

(*) Au point d’interdire aux parents d’administrer une fessée à un gamin insupportable

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