Mise à jour – L’Italie abandonnée par ses pasteurs (*), plus de messe (fait inouï!!!), Dieu totalement absent. Antonio Socci dénonce la lâcheté d’une hiérarchie en débandade – l’Église prétendument « en sortie », l’Église « hôpital de campagne » promue par François mais en réalité planquée derrière de hauts murs au moment où les brebis en ont le plus besoin. Je ne suis hélas pas sûre qu’il n’y ait que l’Italie qui soit concernée.

(**) Cf. L’Italie abandonnée par ses pasteurs


Contre le coronavirus, ils auraient dû bloquer l’Italie et à la place, ils ont suspendu les messes, avec la complicité de la CEI et du Vatican. Mais sans l’aide de Dieu, ce sera une catastrophe.

Antonio Socci
Libero, 9 mars 2020
Ma traduction

Ce pontificat a commencé avec le slogan « l’église sortante » et aujourd’hui le pape et les cardinaux se sont littéralement barricadés au Vatican (même l’Angélus a été diffusé en streaming) à cause de la peur du coronavirus. Ils se disaient révolutionnaires et beaucoup se sont révélés êtres des don Abbondio [personnage des Promessi Sposi d’Alessandro Manzoni, décrit comme « une personne hésitante, mesquine et lâche, qui s’enterre devant les difficultés et les obstacles qu’elle rencontre », it.wikipedia.org].
Plus de ponts, mais des murs et des très hauts, infranchissables, derrière lesquels pape, cardinaux et monsignori peuvent se cacher.
La grande hypocrisie de l' »église progressiste » se révèle aussi de cette façon. Bergoglio disait que les bergers doivent prendre l’odeur des brebis, mais lui et les bergers se sont enfuis et maintenant ils sont bien loin des brebis et de leur souffle (seuls quelques curés restent dans les tranchées).

L’autre slogan de Bergoglio était: « l’Église comme hôpital de campagne ». Et voilà qu’à peine l’épidémie a-t-elle éclaté, les traces de cet hôpital de campagne ont été totalement perdues. On ne voit pas de saint Charles Borromée dans les environs. Tous se terrent dans les Curies.
Les « médecins » qui étaient censés guérir les âmes ont abandonné le troupeau, adhérant même sans aucune objection au décret gouvernemental qui suspend les messes avec la présence des fidèles dans toute l’Italie jusqu’au 3 avril. Un fait sans précédent.

L’église de Bergoglio a décrété que pour les fidèles, la messe est finie et que pour la première fois en deux mille ans, le pays qui est le centre du christianisme restera totalement, et pendant des jours, sans messe.
Un événement qui peut laisser les athées et les agnostiques indifférents, mais pour des millions de catholiques, c’est un véritable choc. Non seulement parce qu’ils sont privés du sacrifice eucharistique précisément dans une situation épidémique tragique, dans laquelle le besoin de prier se fait le plus sentir, mais aussi à cause de ce qu’est la Messe en soi. Padre Pio de Pietrelcina disait: « le monde pourrait être sans soleil, mais il ne pourrait pas être sans la Sainte Messe ».
Un paradoxe avec lequel le saint mystique entendait faire comprendre la puissance infinie d’intercession et de protection qu’est – pour l’humanité toute entière – le renouvellement quotidien du sacrifice du Christ sur la croix: le grand exorcisme qui protège le monde du mal et de l’autodestruction.
On a évoqué la prophétie apocalyptique de Daniel qui vit un jour « le sacrifice quotidien aboli » et « l’abomination de la désolation érigée ». C’est évidemment un événement traumatisant pour l’Église.

Certains soutiennent que, sur la base du Concordat et aussi de la Constitution, on peut se demander si les termes génériques du décret gouvernemental peuvent signifier l’abolition des messes. Il est certain que la Secrétairerie d’État du Vatican et la CEI n’ont même pas essayé de s’y opposer ou d’en discuter.
Pourtant, ils auraient eu de très bonnes raisons. En effet, on ne voit pas pourquoi suspendre les messes quotidiennes dans toute l’Italie, quand les centres commerciaux, les bars, les restaurants et les métros ne sont pas fermés, même dans les zones rouges. Tout comme les trains et les avions voyagent et que tout le monde continue à travailler.
Pourquoi la contagion serait-elle plus facile à la messe qu’au bureau, dans le métro ou au restaurant? De plus, il n’y a guère que quatre pelés qui participent aux liturgies en semaine, ils peuvent donc rester éloignés les uns des autres.

Il semble que le gouvernement italien (qui bénéficie du soutien obstiné du Vatican de Bergoglio) ait – c’est le moins qu’on puisse dire – un préjugé négatif sur la messe… Mais le Vatican et la CEI sont encore pires.
En effet – et même s’ils avaient dû céder – ils auraient pu proposer que, dans chaque ville, on choisisse au moins quelques églises dans lesquelles célébrer des messes continues (disons toutes les deux heures) pour envoyer aux fidèles et aux Italiens le message d’une prière d’intercession continue pour notre pays et pour permettre aux participants de se diluer dans de nombreuses messes et donc d’y assister physiquement à une distance d’un mètre.
Dans les autres paroisses, les évêques auraient pu organiser une adoration permanente, toute la journée, encore une fois comme une prière constante pour l’Italie, contre l’épidémie.
Et pas seulement. Les évêques qui ont suspendu les messes et fermé les églises auraient dû envoyer des prêtres – ou mieux, y aller eux-mêmes – comme présence permanente dans les hôpitaux à la disposition des malades (ceux du coronavirus et autres) et du personnel médical et infirmier.
Quel témoignage si tous les évêques, en ces jours, s’étaient installés dans les hôpitaux. Mais non, ils se terrent dans des curies.

S’enfonçant parfois dans l’absurde comme l’évêque de Florence qui est allé jusqu’à écrire : « la mesure gouvernementale… semble d’une certaine façon indiquer dans la prière privée une façon de continuer à nourrir la vie spirituelle ».

Comme si Conte, Casalino (Rocco Casalino, consultant en politique de la télévision italienne) et Speranza (Roberto Spreranza , ministre de la santé du gouvernement Conte actuel, issu du PD), étaient devenus les nouveaux pasteurs de la vie spirituelle des chrétiens.


En fait, pape et évêques ont abdiqué leurs responsabilités.
Ils auraient pu lancer une grande prière pour l’Italie en laissant toutes les églises ouvertes, même la nuit, mais à Bergoglio, le mot « Italie » provoque des allergies (et la prière aussi).

Aujourd’hui, toute l’Italie est matériellement à genoux, sauf ceux qui devraient l’être physiquement: le pape, les cardinaux et les évêques.
Le message qui a atteint les gens – qu’on en soit conscient ou non – est terrible: il semble que dans le malheur et la souffrance, il vaut mieux laisser Dieu derrière soi, car il ne sert à rien. Mais s’il ne sert pas ici, il ne sert jamais (ou faut-il s’en souvenir juste pour signer le huit pour mille?).
Pour la première fois depuis des siècles, dans une calamité comme celle-ci, Dieu a été totalement effacé. Pendant vingt siècles, sur notre terre, c’est le contraire qui s’est produit. Toutes nos villes ont des églises qui sont des ex voto pour la fin des fléaux, durant lesquels les villes se mettaient sous la protection de la Vierge. Aujourd’hui, Dieu est effacé.
C’est une situation sans précédent, qui désoriente complètement les catholiques, qui se sentent abandonnés par ceux qui devraient être les bergers, mais qui se sentent aussi privés de la présence de Dieu au moment où le besoin de se confier et de prier est le plus fort.

Le coronavirus – entre autres – marque littéralement l’échec de ce pontificat. Parce que la messe garde le véritable trésor de l’Eglise et ne pas savoir le défendre signifie anéantir l’Eglise.
Dans le Catéchisme de l’Eglise catholique, voulu par Jean-Paul II et le cardinal Ratzinger, on lit :

Sine dominico non possumus vivere‘ disait le prêtre et martyr Saturnino au début du IVe siècle, lors d’une des plus féroces persécutions anti-chrétiennes, celle de Dioclétien en 304 après J.-C. Accusé d’avoir célébré l’Eucharistie pour sa communauté, Saturnino admet sans réticence: « Sans l’Eucharistie, nous ne pouvons pas vivre ». Et l’une des martyrs d’ajouter: « Oui, je suis allé à l’assemblée et j’ai célébré le repas du Seigneur avec mes frères, parce que je suis chrétienne ».

L’Église a toujours indiqué leur témoignage comme exemple. Et aujourd’hui? Le problème est la perte de la foi et l’oubli du Christ.
Il y a une question de Jésus dans l’Évangile qui faisait réfléchir Paul VI. Où il demande : « Quand le Fils de l’homme reviendra, trouvera-t-il encore la foi sur terre? » (Lc 18, 8).
En Italie, pour l’instant, oui. Au Vatican et dans les curies, la recherche serait beaucoup plus laborieuse et peut-être sans succès.


Mise à jour

L’article d’Antonio Socci a été publié hier 9 mars, sur le quotidien Libero.
Il a probablement été lu en haut lieu… et son message entendu (le sien, et celui d’autres, qui, au moins en Italie, ont eu le courage d’élever la voix).
Ce matin 10 mars, lors de la messe célébrée à Sainte Marthe, dans une chapelle déserte, François a demandé aux prêtres «d’avoir le courage de sortir et d’aller voir» les malades atteints du coronavirus.

Dont acte. Mieux vaut tard que jamais, évidemment. Mais le même message, venant deux semaines plus tôt, aurait eu tellement plus de force!
Et lui, donnera-t-il l’exemple?

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