Edward Pentin propose un résumé, suivi d’une transcription complète, d’une conférence-vidéo donnée en anglais par Roberto de Mattei. L’historien de l’Eglise répète la question que nous avons déjà évoquée ici (cf. Coronavirus et colère de Dieu): s’agit-il d’un châtiment divin? Pour lui, il n’y a guère de doute.

De la seconde partie de l’article (donc la transcription de l’exposé) j’extrais ce passage très intéressant d’un point de vue profane: il explique pourquoi (et de quoi) nos dirigeants ont peur, et pourquoi ils attaquent le problème au bulldozer quand beaucoup de gens persistent à dire qu’il s’agit juste d’une forme inédite de grippe saisonnière.
La vérité, c’est que nous n’en savons rien.

Le coronavirus, qui a été rebaptisé Covid-19, est une maladie infectieuse qui a commencé à se répandre dans le monde à partir de la Chine. L’Italie est la nation occidentale qui semble aujourd’hui la plus touchée par cette maladie.
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Pourquoi l’Italie est-elle aujourd’hui en quarantaine? Parce que, comme les observateurs les plus attentifs l’ont compris dès le début, le problème du Coronavirus n’est pas son taux de mortalité mais la rapidité avec laquelle la contagion se répand dans la population. Tout le monde s’accorde à dire que la maladie en elle-même n’est pas terriblement mortelle. Une personne malade qui contracte le coronavirus et qui est assistée par du personnel de santé spécialisé dans des établissements de soins bien équipés peut guérir.

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Mais si, en raison de la propagation rapide de la contagion, qui peut potentiellement frapper des millions de personnes simultanément, le nombre de malades augmente rapidement, il n’y aura pas assez d’installations et de personnel de soins de santé: les malades mourront parce qu’ils sont privés des soins nécessaires. Pour soigner les cas graves, il est nécessaire d’avoir le soutien des soins intensifs afin de ventiler les poumons. Si ce soutien fait défaut, les patients meurent. Si le nombre de malades augmente, les structures de soins de santé ne seront pas en mesure d’offrir des soins intensifs à tous et un nombre croissant de patients succombera à la maladie.

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Les projections épidémiologiques sont inexorables et elles justifient les précautions prises. « Si le coronavirus n’est pas contrôlé, il pourrait frapper toute la population italienne, mais admettons qu’au final, seuls 30% soient infectés, soit environ 20 millions de personnes. Admettons que sur ce nombre – en réduisant le taux – 10 % entrent dans un état critique, ce qui signifie que sans soins intensifs, ils succomberont à la maladie. Cela signifierait que 2 millions de personnes meurent directement, plus tous ceux qui mourront indirectement suite à l’effondrement du système de soins de santé et de l’ordre social et économique ».

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https://edwardpentin.co.uk/professor-de-mattei-is-coronavirus-a-divine-punishment-political-historical-and-theological-considerations/

Professeur De Mattei: Le coronavirus est-il un châtiment divin?

Considérations politiques, historiques et théologiques

Edward Pentin
VO en anglais: ici.
14 mars 2020


L’épidémie de coronavirus annonce la fin de la mondialisation, peut coïncider avec les châtiments divins passés des nations, mais préfigure non pas le succès des fils des ténèbres mais plutôt leur défaite.

Ce sont là quelques-uns des principaux points d’une réflexion du professeur Roberto De Mattei, historien de l’Église italienne, qui, dans une conférence vidéo de 45 minutes, a replacé la crise du coronavirus dans un contexte politique, historique et philosophique.

Il commence son exposé en expliquant l’ampleur de la crise, qu’elle menace les piliers des nations d’effondrement et de désordre, qu’elle signale la fin du « village planétaire » et de la mondialisation tout en ramenant l’humanité à la réalité.

Il souligne en particulier que le problème du coronavirus n’est pas la létalité de la maladie qui est relativement faible, mais le degré de sa contagion qui menace de faire peser un fardeau immense sur le système de santé italien et de précipiter ainsi l’effondrement du pays.

De Mattei cherche ensuite à replacer le coronavirus dans le contexte des épidémies, des pestes et des famines passées, notamment la grippe espagnole de 1918-1920, mais surtout des grands bouleversements religieux et politiques du XIVe siècle qui ont été « interprétés par le peuple chrétien comme des signes du châtiment de Dieu ».

« Il y a trois fléaux avec lesquels Dieu châtie: la guerre, la peste et la famine », rappelle-t-il, ajoutant que saint Bernardin de Sienne ainsi que les saints Catherine de Sienne, Brigitte de Suède, Vincent Ferrer, Louis Marie Grignon de Montfort, ont averti comment, tout au long de l’histoire, « les catastrophes naturelles ont toujours accompagné les infidélités et l’apostasie des nations ».

« Cela s’est produit à la fin du Moyen-Âge chrétien, et cela semble se produire aujourd’hui », affirme De Mattei. « Des saints comme Bernardin de Sienne n’ont pas attribué ces événements à l’action d’agents du mal mais aux péchés des hommes, qui sont encore plus graves s’il s’agit de péchés collectifs et encore plus s’ils sont tolérés ou encouragés par les dirigeants des peuples et par ceux qui gouvernent l’Église ».

De Mattei replace également la crise dans le contexte de la théologie et de l’histoire philosophique, arguant que toute l’histoire commence et se termine avec Dieu qui récompense et châtie à travers la « perfection infinie » de sa justice.

Dieu châtie non seulement les individus mais aussi les nations, dit De Mattei, et il cite un évêque qui a récemment rejeté avec force l’idée que le coronavirus pourrait être un châtiment pour l’humanité.

Un tel rejet, estime De Mattei, révèle que le « grand péché de notre temps est la perte de la foi des hommes d’Eglise », dont l’aveuglement de l’esprit et la dureté du cœur produisent « l’indifférence à la violation de l’ordre divin de l’univers ».

C’est une indifférence qui cache la haine envers Dieu et qui se manifeste indirectement. « Ces hommes d’Eglise sont trop lâches pour défier directement Dieu », poursuit De Mattei. « Ils préfèrent exprimer leur haine envers ceux qui osent parler de Dieu », tandis qu’une personne qui ose « parler du châtiment de Dieu se fait lapider: un fleuve de haine se déverse sur elle ».

Mais il dit que contrairement aux saints du passé, les évêques d’aujourd’hui ne se contentent pas d’éviter de parler des fléaux divins, ils « n’invitent même pas les fidèles à prier pour que Dieu les libère de l’épidémie ».

Dieu punit aussi par soustraction

Une telle approche, poursuit-il, est cohérente avec le fait qu’ils sont effectivement « immergés dans un athéisme pratique », où tout ce qui leur arrive est « le fruit de la nature, émancipée de son auteur », et que seule la science et non l’Eglise est « capable de déchiffrer les lois de la nature ».

« Les prêtres sont silencieux, les évêques sont silencieux, le Pape est silencieux », dit De Mattei, et il observe que « pour la première fois depuis de nombreux siècles en Italie, les églises sont fermées, les messes sont suspendues, et même la basilique Saint-Pierre est fermée ». La Semaine Sainte et Pâques « n’attireront pas de pèlerins du monde entier ».

Dieu punit aussi par « soustraction » », dit De Mattei, citant saint Bernardin de Sienne, et il note qu’il semble que Dieu ait « retiré les églises, la Mère de toutes les églises, du Pasteur suprême, alors que le peuple catholique tâtonne dans l’obscurité, privé de la lumière de la vérité qui devrait illuminer le monde depuis la Basilique Saint Pierre.

« Comment ne pas voir en quoi le coronavirus produit une conséquence symbolique de l’autodestruction de l’Église? » demande De Mattei.

Mais il conclut en soulignant que le centre de l’Eglise n’est pas ses ennemis mais ses saints, et que ceux qui travaillent à la détruire peuvent obtenir des « succès apparents » mais seront « finalement, toujours vaincus ».

« Le scénario que nous avons devant nous est apocalyptique », dit De Mattei, mais bien que le chemin de l’Eglise soit une via crucis, « c’est aussi toujours une marche de triomphe ».

A Fatima, la Sainte Mère « nous a assurés de son triomphe », conclut De Mattei, et ainsi avec la confiance de ceux qui « savent que tout est possible avec l’aide de Dieu, nous ne reculons pas, et nous nous confions à Marie à l’heure tragique des événements annoncés par le message de Fatima ».

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