Il y a un deuxième virus qui circule en ce moment à une vitesse frénétique: il se transmet par les écrans et il nuit gravement à notre santé – au moins mentale. Marcello Veneziani l’appelle avec un mélange d’exaspération et de sarcasme le « covideo » (où l’on voit que la situation est rigoureusement la même d’un bout à l’autre de ce « village global » dont nous sommes pour l’instant les prisonniers consentants). Mais il y a un remède très simple. …


La phase 2, faisons-la NOUS.

Marcello Veneziani
La Verità, 16 avril 2020
Ma traduction

Attention, attention la contagion se transmet par la télévision. Elle s’appelle covideo et elle dérive directement du virus qui dévaste le monde. Elle ne tue pas, du moins pas directement, mais produit des maladies terribles qui affectent le cerveau, le foie, la bile, l’âme et le moral des gens. La contagion se fait par l’œil et l’oreille, elle se transmet sur tous les canaux télévisés lorsqu’il y a des émissions, des débats, des reportages, des nouvelles consacrées au virus & cie, bien au-delà de l’épuisement du public. Je ne plaisante pas, ce n’est pas le moment de plaisanter. Je recommande une thérapie. Autarcique, sans qu’il soit nécessaire d’aller à la pharmacie, ni de se la faire prescrire par qui que ce soit. Simple mais efficace. C’est notre phase 2, celle de l’évasion en restant à la maison, de la distanciation sociale du télévirus et de ses protagonistes, acteurs et figurants.

Après avoir obtenu les informations nécessaires sur la situation sanitaire et ses conséquences, abandonnez toutes les émissions qui vous parlent de la contagion, qui vous montrent les scènes habituelles et les visages masqués, qui racontent, commentent, font des prévisions sur la durée de la contagion, sur quand en sortir et comment, et avec quelle gradualité. En particulier, changez rapidement de chaîne dès qu’on annonce des conférences de presse à ce sujet, des messes chantées par des commissaires impuissants, des scientifiques qui se disputent, des économistes qui lancent des messages obscurs ou qui parlent du MES [Mécanisme européen de stabilité, très discuté en Italie]; des protecteurs civils qui se limitent à dire des chiffres faux et des évidences désormais connues. Évitez tout particulièrement la télévision dès qu’un homme politique apparaît, pire encore s’il s’agit d’un ministre, et pire encore d’un monsieur au nez en forme de pipe, à la voix constipée, aux cheveux teints par vanité [Conte?], qui vous parle toujours de ce qu’il va faire et jamais de ce qui a vraiment été fait, qui se fait des compliments alors que le pays est à genoux ou pire sur une civière. Éteignez, changez de chaîne, mieux vaut les dessins animés et les prévisions météorologiques. Répondez au hashtag #jerestealamaison par le hashtag #jeresteauxtoilettes, dès qu’on vous parle à la télévision de covid ou dès que le président de covid ou d’autres figures laxatives apparaissent.

Je ne dis pas qu’il faut éteindre la télé qui est notre radeau de sauvetage durant ces semaines, mais faites-vous une programmation alternative qui exclut tout ce qui tourne autour de la contagion. Marre de voir les masques en vidéo aussi, marre des images terribles, marre surtout des programmes sans fin dans lesquels plein de personnages omniscients nous expliquent ce qu’est le virus, ce qu’il faut faire, ce qu’il ne faut pas faire, qui sont les gentils et qui sont les méchants, si nous aurons l’été ou non, si le grand-père ne pourra sortir que s’il est accompagné de ses parents, si nous partirons en vacances ou si le maximum sera un voyage autour de l’immeuble et une cabine avec un lit de camp dans la loge du concierge

Nous n’en pouvons plus, nous l’avons déjà vu. Il ne suffisait pas de la maladie (morbo), il y a aussi la télé morbide (mobosa), il ne suffisait pas de la contagion il y a son amplification télévisée, avec des milliers qui la répètent.

L’homme est un être curieux et varié, depuis toujours il travaille, il vit des situations différentes, il noue des liens sociaux, il joue, il meurt s’il est réduit à une chose ; jusqu’à présent, il s’est occupé d’amour, de sport, de films, d’idées, de lectures, de théâtre, de sexe, de foi et d’autres choses. Et tiens, à ce propos. Le boom des programmes consacrés aux messes et aux rites est la preuve que nous cherchons autre chose, que nous voulons lever les yeux au ciel, sortir de la réalité profane, nous attendons des miracles, des saints, des apparitions et recherchons une protection plus fiable que celle civile. Mieux vaut la prière que le débat, la liturgie que la énième émission de santé. On n’en peut plus des recommandations – restez chez vous, lavez-vous les mains, restez à distance, tirez-vous, la foule – plus de phrases répétées comme « ne baissez pas la garde » et autres semblables.

Si vous voulez savoir le minimum nécessaire sur ce qui se passe avec le virus, choisissez les nouvelles les plus simples, peut-être les nouvelles radiophoniques [ndt: bof… MV ne doit pas souvent écouter la radio, c’est pire que tout], c’est mieux si elles sont intégrées à la lecture des journaux. L’avantage des journaux par rapport à la télévision est que vous choisissez qui vous dit quoi, dans quelle mesure et jusqu’à quel point, quoi lire et quoi sauter, sans subir passivement la longue vague, l’ample marée et les informations officielles qui vous submergent, passifs avec la répétition de l’identique. Dans l’information, dans le divertissement, jusque dans la publicité.

Marre du virus, des masques et du blablabla. Sélectionnez les chaînes et les programmes en fonction de leur distance par rapport au thème dominant ; s’ils vous parlent du passé, de l’avenir, de la fantaisie, de tout sauf ça. Films, musique, documentaires, voyages dans des lieux exotiques, cabaret, histoires, quiz, séries, potins. Tout sauf Covideo. Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre que le virus.

Ce que je vous exhorte à faire, c’est de passer à la fameuse phase 2, mais pas celle que nous attendons depuis des jours de la part du gouvernement; mais celle que nous faisons NOUS, tout de suite, chacun chez soi ; sans sortir, d’accord, mais en voyant et en pensant ce que nous voulons NOUS. Au fond, toute la prophylaxie nationale et mondiale mise en place ne repose que sur nous: rester à la maison, se laver continuellement les mains, garder ses distances, fabriquer des masques, de fausses blouses, car il ne vient que dalle de l’État. Et alors, puisque tout est entre nos mains, la deuxième phase, faisons-la NOUS, mais faisons-la sans eux. C’est notre promenade dans les bois ou notre fuite virtuelle vers la mer, notre révolte sédentaire, notre anarchie de canapé, notre combat de partisans avec la télécommande. Oui, observons les lois mais ne vous observons pas, VOUS, vos programmes, votre cours intensif vers la détérioration de l’espèce, l’anxiété médicale de masse, l’anxiété d’Etat et la dépression officielle [/de régime], et la tentative – la plus dégoûtante – de tirer profit politique, share ou autres avantages, de la tragédie.

Changer de chaîne, c’est notre vaccin. Assez, mes frères, il est temps de changer. La vie est ailleurs.

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