Terrible affirmation de médecins sur les réseaux sociaux. Après un demi-siècle de propagande hédoniste déversée à jet continu par TOUS les médias de masse à travers le sport-spectacle et l’industrie du divertissement, faut-il s’étonner qu’aux premières lueurs de déconfinement, les gens veuillent recommencer à sortir pour « faire la fête ». Mais ceux qui nous gouvernent ne l’entendent pas ainsi, et réprimandent les inconscients. Veut-on détruire ainsi tous les liens sociaux? (Rino Cammilleri)

Paris, 12 mai 2020

La « fête » (*) diabolisée et l’intérêt d’isoler les gens

(*) L’auteur utilise le mot espagnol: la movida, qu’on pourrait traduire ici par « vie nocturne »

Rino Cammilleri
La NBQ
31 mai 2020
Ma traduction

Après des années d’hédonisme, on accuse la « fête » , tandis que les médecins menacent de « ne pas soigner les crétins ». Mais peut-être que ceux qui ont intérêt à faire de l’homme un consommateur veulent l’enfermer chez lui: après l’attaque de la famille, pour détruire la personne et la rendre dépendante de l’État, il faut affaiblir les liens d’amitié. C’est ainsi que l’on décrit comme « untori » [ceux qui propagent de la peste, allusion+++ à Manzoni, ndt] Trump et Bolsonaro qui, au contraire, défendent la liberté.

Cela fait cinquante ans que le monde est bombardé par le matérialisme et la philosophie hédoniste qui en découle. De toutes les manières possibles et grâce aux technologies de masse. L’empire hollywoodien en vit. La télévision et Internet les répandent comme du napalm. Les agences internationales, les Nations unies en tête, s’efforcent par tous les moyens de convaincre, même l’enfance, que le sexe à gogo fait du bien, même à la santé mentale. Il y a des philanthropes qui louent des bus pour faire passer le message que « Dieu n’existe probablement pas, profitez de la vie » [vu à Rome!!]. Et qui ne peut pas profiter de la vie? Avortement eugénique et euthanasie, demandez des informations à la Belgique et aux Pays-Bas. Sur le « profitez de la vie » il y a toute une industrie, dont dépendent des millions d’emplois: du tourisme de masse à Disneyland, des méga-discothèques de cinq étages aux « concerts » dans les stades, du sport professionnel qui déplace des masses d’argent effrayantes aux gymnases et aux centres de bien-être (ajoutez de votre côté ce que j’omets par manque de place).

Il va sans dire que pour « s’amuser », il faut avoir le bon âge, entre six-sept et cinquante ans environ, à l’exception des vieux jeunes pathétiques. Et maintenant on s’étone qu’à peine commencée la phase 2, les gens affluent pour faire la fête à coup d’apéros ou de bières d’après-repas? Et pas seulement en Italie, comme on peut le voir dans les nouvelles. Déjà la nature humaine était naturellementr encline au divertissement, sans les cinquante années mentionnées plus haut de contrainte au plaisir. La pandémie la plus effrayante que l’humanité ait connue est la peste noire de 1348. Que fait l’un des plus grands écrivains de l’époque, Boccace? Le Décaméron. C’est-à-dire qu’un groupe de jeunes, hommes et femmes, pendant que les gens meurent comme des mouches sous le Ddt, s’isolent dans une maison à Naples, s’enferment à l’intérieur et passent leur temps à raconter des histoires licencieuses en attendant la fin du déluge. De quoi déclencher l’indignation ridicule de maires et de dirigeants. Et de ces médecins qui menacent sur Facebook les indisciplinés inconscients: « Je ne soigne pas les crétins ».

C’est une phrase lourde, qui laisserait sans traitement 90 % de l’humanité. Mais savent-ils que, dans une ville comme Milan (un des épicentres de contagion de la « vile » Lombardie, vile parce qu’elle est gouvernée par la Ligue), la chose la plus redoutée, plus que le virus, est la solitude? Combien de « féminicides » par peur d’être abandonné, combien de suicides, combien de problèmes psychiques génèrent la solitude. Eh bien, qu’ils s’informent, les dizaines de task forces et les milliers d’experts embauchés qui rassemblent aussi des psychiatres. Et qui se frottent déjà les mains, eux et le bigpharma en prévision de l’après, lorsque l’habitude obsessionnelle acquise de se laver les mains et de ne pas toucher les objets suspects aura généré des tonnes de névroses et de phobies.

Un demi-siècle de prédication hédoniste voudrait que les gens soient reclus chez eux. Pour faire quoi? Regarder des films qui répètent le concept? Ou le soi-disant « divertissement » dirigé en studio par des dames dont le niveau culturel est connu? Ou encore les talk-show de soi-disant « approfondissement » où tout le monde crie et où, au final, on ne comprend rien? Ou l’exhibition de « virologues », une catégorie émergente qui n’en revient pas d’être sous les feux des projecteurs? Que doivent faire les jeunes? Chatter, surfer, poster ou s’épuiser sur Youporn? En Angleterre, autre lieu politiquement correct, ils s’en prennent tous à ce vice-ministre qui, contaminé, lui et sa femme, a amené son bébé chez ses parents. Untore? Non, artisan du Brexit, d’où la vengeance, y compris de l’Église anglicane. Les autres « untori » sont Trump et Bolsonaro, et pour la même raison. La gauche a la propagande en main (c’est elle qui l’a inventée) et c’est aussi la seule chose qu’elle sait faire. L’unique. Pour le croire, regardez comment l’affaire du Coronavirus est gérée par nous. Propagande et police, les marxistes ne savent rien faire d’autre. C’est pour cela que les gens à Hong Kong se font tuer. La famille a été diabolisée et découragée à tous égards. Mais sans la famille, que reste-t-il? Les amis. Eh bien, à présent, même plus. Les mystiques et les Pères de l’Eglise le savaient. Le diable promet, et ensuite, non seulement il ne vous donne rien, mais il vous enlève ce que vous avez.

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