(et accessoirement, le vaccin). Les médias continuent de nous répéter à satiété que nous n’en avons pas fini avec le virus, et nous informent régulièrement de l’existence de nouveaux « clusters » pour nous culpabiliser et nous inciter à ne pas « relâcher notre vigilance ». Dernier avatar de cette campagne martelante: le croquemitaine chinois. Que veulent dire les chiffres avancés? Qui a intérêt à maintenir la pression? Les mêmes questions se posent en Italie (Paolo Gulisano)

Ombres chinoises sur le Covid,

ceux qui ne veulent pas que l’urgence prenne fin

Paolo Gulisano
La NBQ
22 juin 2020
Ma traduction

Le Covid s’achève, mais il y en a qui continuent d’alimenter la peur pour maintenir les limitations sociales. Ainsi a-t-on recréé l’alerte chinoise pour les cas de contagion à Pékin: 130 personnes au total dans une ville de 21 millions d’habitants, tout sauf une urgence. Et même en Italie, les preuves scientifiques parlent d’un virus de moins en moins agressif et virulent, l’Institut Mario Negri a même apporté des preuves que les nouveaux cas positifs ne sont plus contagieux. Mais l’obstination avec laquelle on alimente des craintes déraisonnables ne peut qu’éveiller la suspicion sur les intérêts politiques et économiques qui se cachent derrière cette épidémie qui ne doit pas finir.

Paolo Gulisano

Le Covid touche à sa fin, mais il y en a qui ne veulent vraiment pas se résigner à cette évidence, et qui continuent à soutenir sans relâche que la menace est toujours présente, que nous devons continuer à maintenir les limitations de la vie sociale.

Comme les faits ne correspondent pas à ce récit, voilà qu’on recourt à la Chine, un épouvantail qui peut toujours être utile. Ainsi, ces derniers jours, les médias officiels nous ont parlé d’une situation « extrêmement grave », d’un Pékin engagé « dans une lutte contre le temps » pour arrêter la contagion, par « les mesures les plus strictes, les plus décisives et les plus déterminées », selon le modèle chinois classique qui a ensuite été importé en Italie.

Nous sommes donc allés voir les chiffres de cette nouvelle urgence, et ils nous parlent de quelque 130 cas de contagion en une semaine dans la capitale. Pékin – il est bon de le rappeler – est une ville de plus de 21 millions d’habitants. Nous avons donc un cas d’infection pour 200 000 habitants. C’est comme si nous avions un cas de contagion à Milan. Et nous parlons de personnes infectées, pas de personnes hospitalisées ou encore moins mortes.

Alors, de quelle urgence parle-t-on?

Le gouvernement italien continue pourtant d’insister sur l’existence de nouveaux cas de Covid diagnostiqués. Selon le ministère de la santé, cela doit inciter à la prudence car cela indiquerait « que dans certaines parties du pays, la circulation du virus est toujours d’actualité », peut-on lire dans le rapport hebdomadaire de la période du 8 au 14 juin de la phase 2 de surveillance: « Dans toute la péninsule – poursuit le document – de nouveaux cas d’infection ont été diagnostiqués au cours de la semaine de surveillance actuelle, les cas étant en augmentation par rapport à la semaine de surveillance précédente ».

Toutefois, le nombre de patients hospitalisés – en particulier dans les structures de soins intensifs – continue de diminuer progressivement, tout comme le taux de mortalité. Que signifie cette évidence, que le gouvernement fait tout ce qu’il peut pour cacher? Que le virus perd de son agressivité et de sa virulence.

Alors qu’on tente de raviver la peur, vendredi dernier est arrivé comme une douche froide l’évaluation d’un scientifique faisant autorité, le professeur Remuzzi, directeur de l’Istituto di Ricerche Farmacologiche Mario Negri, l’une des institutions les plus prestigieuses d’Europe. « Les nouveaux positifs ne sont pas contagieux », a-t-il déclaré dans une interview. « Et ce, parce que la charge virale est devenue très faible. On l’a découvert grâce à l’analyse des prélèvements effectués lors de recherches promues par le même Institut, qui a montré que les cas actuels de positivité ont une charge virale très faible, non contagieuse. Nous les appelons contagieux, mais il s’agit simplement de personnes positives au prélèvement. Ce sont des positifs qui n’ont pas de rechutes cliniques: ce ne sont pas des malades, et ils ne peuvent transmettre la maladie à personne« .

Certains pourraient objecter qu’il s’agit d’une seule étude, mais en fait, d’autres travaux faisant autorité confirment ce tableau, comme celui du Center for Disease Prevention en Corée du Sud, réalisé sur 285 personnes positives asymptomatiques, et qui a retracé 790 de leurs contacts directs. Combien de nouveaux positifs? Zéro.

Selon le directeur de l’Institut Mario Negri, l’Istituto Superiore di Sanità (Institut supérieur de la santé) et le gouvernement doivent qualifier les nouveaux cas de positivité, ou permettre aux laboratoires de le faire, en expliquant aux gens qu’une positivité inférieure à cent mille cas n’est pas contagieuse, donc cela n’a pas de sens de rester chez soi, d’isoler, tout comme il n’est plus vraiment utile d’effectuer des traçages qui étaient bons au début de l’épidémie.

L’existence de nouveaux cas positifs ne doit créer aucun alarmisme: ce n’est pas le même type de positivité que les mois précédents. Une positivité qui ne peut plus donner les formes cliniques graves que nous avons vues dans les trois premiers mois de l’épidémie.
Le gouvernement doit donc prendre acte de l’évolution de la situation depuis ce lointain 20 février. Et agir et communiquer en conséquence.

Continuer à alimenter des craintes déraisonnables ne peut qu’éveiller des soupçons raisonnables que des intérêts politiques et économiques sont en jeu dans cette épidémie, qui ne doit pas « passer ». Ce n’est pas un hasard si les milieux gouvernementaux – sourds à toute évidence scientifique – répètent que deux choses sont essentielles pour mettre un terme au Covid : les applications de suivi et les vaccins. Tertium non datur [il n’y a pas de troisième solution, ndt], même si les évidences scientifiques disent tout autre chose.

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