Une image surréaliste, d’une terrible charge symbolique. Le message de l’Eglise (laquelle devait pourtant se « démondaniser » avec François) s’aligne totalement sur celui du monde… qui ne l’écoute même plus. Ce qui aurait pu être une formidable tribune pour aborder selon la Doctrine sociale de l’Eglise les sujets brûlants du moment s’est transformé en une longue litanie de slogans « ONUfriendly« . L’analyse de Stefano Fontana .

(AP Photo/Mary Altaffer)
Le message en français sur le site du Vatican

L’Église qui devient la domestique de l’ONU

Stefano Fontana
La NBQ
28 septembre 2020
Ma traduction

Covid, mondialisme et souverainisme, vaccins, climat : dans son message aux Nations unies pour le 75e anniversaire de la fondation, le pape François affronte les thèmes d’actualité mais en s’adaptant au sentiment dominant, sans aucun relief original inspiré de la doctrine sociale de l’Église.

Le Message envoyé ces derniers jours par le Pape François à l’ONU à l’occasion du 75ème anniversaire de sa fondation aborde beaucoup de thèmes récurrents dans les interventions pontificales, liés à l’utilisation répétée de nombreux mots clés qui sont toujours les mêmes, mais il souligne surtout la tendance à s’adapter au sentiment dominant plutôt qu’à fournir des clés d’interprétation alternatives inspirées de la Doctrine sociale de l’Église.
Les arguments abordés par le Message sont réellement présents sur la scène aujourd’hui, mais l’interprétation est indubitablement telle que les dirigeants des Nations Unies n’en seront certes pas contrariés mais confirmés dans leur conduite des choses. La position de l’Eglise aujourd’hui semble être ONU friendly.

Pensons par exemple aux mots utilisés dans ce Message à propos du Covid-19. Aucune référence à d’éventuelles causes non naturelles, aucune mention des multiples intérêts qui poussent pour prolonger l’épidémie de manière artificielle, pas un mot sur les mouvements de protestation qui ne peuvent pas tous être considérés comme négationnistes, ni sur la complicité de la presse dans le maintien en vie d’une peur collective habilement induite et sans vérification dans la réalité, aucune réflexion sur le manque de fiabilité de nombreuses données fournies par les autorités, aucune référence aux dangers d’une « dictature sanitaire » mondiale. Comme si tout était clair et tranquille, l’épidémie était venue de « quelque part », avait produit des dégâts et nous invitait à collaborer.

Les choses, pourtant, sont plus complexes et l’Église – Épouse du Logos – devrait pousser à l’utilisation de la raison. Combien et quels sont les intérêts mondialistes dans cette épidémie? Pourquoi ne pas faire réfléchir au caractère discrétionnaire souvent intéressé des décisions présumées « scientifiques » de l’Organisation mondiale de la santé ? Pourquoi beaucoup de scientifiques sont-ils écoutés et d’autres non ? Comme l’ONU figure parmi les protagonistes de cette pièce à thème, un réveil hors scénario aurait peut-être été approprié.

On peut aussi considérer le thème du mondialisme et des fermetures nationalistes. Le pape François utilise le Covid-19 pour appeler à un plus grand multilatéralisme et pour condamner les fermetures nationalistes et individualistes. Revient ainsi sa condamnation sans appel de toute souveraineté à laquelle est assimilée toute forme de patriotisme ou d’appel à la dimension nationale des problèmes. Une plus grande collaboration internationale ne fait nullement ressortir la valorisation des réponses au niveau nationale, et protéger sa propre nation de la contagion n’est pas un acte d’égoïsme politique.

En poussant dans cette direction, le pape joue objectivement le jeu des sujets financiers, économiques et politiques qui veulent le fameux « nouvel humanisme » mondialiste, avec le grand danger de réaliser une seule pensée universelle, un ensemble de principes partagés par des puissances multinationales et souverainement imposées. Il est incompréhensible que l’on ne fasse pas appel aux concepts de « peuple » et de « nation » en tant qu’expressions naturelles de la socialité de la personne, si présents dans la doctrine sociale de l’Église. Le Covid-19 ne peut être l’occasion d’envoyer des « frontières » à l’abattoir, surtout parce que l’épidémie peut être délibérément maintenue en vie précisément pour envoyer des frontières à l’abattoir. L’Église devrait contribuer à une plus grande capacité critique sur ces questions.

Nous en arrivons ainsi au thème du vaccin, sur lequel le message du pape François s’étend longuement. Le thème du vaccin anti-Covid et du vaccin en général est très controversé, tout d’abord sur le plan scientifique. Pendant l’épidémie, nous avons vu que des remèdes prometteurs ont été écartés, probablement pour ouvrir la voie au vaccin. L’Église devrait parler de « soins de santé » et non d’un en particulier. Derrière le vaccin, il y a d’énormes intérêts économiques, des épidémies peuvent être produites et les vaccins correspondants peuvent être vendus, la pratique généralisée du vaccin met les gens à la merci du système de santé qui dépend du système politique, la vaccination obligatoire viole les droits fondamentaux des personnes et en particulier des parents. Comment se fait-il que l’Église ne ressente pas ces problèmes et s’aplatisse en demandant un vaccin pour tous? N’est-ce pas là aussi une adaptation à la pensée aujourd’hui la plus forte tant économiquement que politiquement, pompeusement masquée par des revendications génériques de justice pour tous ?

Un autre élément qui se répète inlassablement et avec peu d’adhérence à la réalité est celui de la question Nord-Sud. Le Message situe encore de cette manière des questions de santé, d’environnement et de justice sociale. Mais une telle clé de lecture aurait pu fonctionner dans les années 70 du siècle dernier, ou dans un contexte latino-américain de théologie de la libération. Aujourd’hui, elle est complètement dépassée. Le plus grand pollueur au monde est la Chine et non les États-Unis. A moins que ous n’incluions pas la Chine dans le Nord du monde, la question mérite au moins d’être réexaminée et l’Église devrait aider à le faire.
La colonisation pour l’accaparement des ressources en Afrique est le fait de la Chine. Les plus grandes violations des droits de l’homme ne se situent pas dans le « racisme » américain mais dans les pays musulmans et, une fois de plus, en Chine.

Dans son message, le pape François continue de vanter les mérites du sommet de Paris sur le changement climatique, malgré son ambition illusoire et sa gestion politicienne. Il célèbre également l’agenda 2030 de l’ONU, malgré ses nombreux éléments contraires au droit à la vie et à la famille et que Jean-Paul II n’aurait jamais approuvés.

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