Mgr Vigano démonte ici méticuleusement la « méthode Bergoglio » et en vient à soupçonner le pape de chercher le schisme. Après les paroles sur les unions gays, on a assisté au spectacle habituel, comique mais navrant, des pompiers de service se précipitant pour éteindre l’incendie: « mais non, le Saint-Père a été mal compris/déformé par les médias, il n’a jamais été question d’union entre personnes de même sexe, juste d’accueil, et de protection juridique, rien qui contredise le Magistère, au contraire, et d’ailleurs il n’y a rien de nouveau, tout cela, on le savait depuis longtemps ». Eh bien non! La plupart des gens ne savaient rien du tout, et aujourd’hui, c’est écrit en grosses lettres partout. Ce scenario classique et éprouvé a déjà servi de nombreuses fois depuis le fameux « qui suis-je pour juger? » et surtout les entretiens avec Scalfari. Il est temps d’ouvrir les yeux.

L’expérience nous apprend que lorsque Bergoglio dit une chose, il le fait dans un but précis : faire en sorte que les autres interprètent ses paroles dans le sens le plus large possible. Les premières pages des journaux du monde entier annoncent : « Le pape approuve le mariage gay », même si ce n’est pas à proprement parler ce qu’il a dit. Mais c’est exactement ce que lui et le lobby gay du Vatican voulaient réaliser. Alors le service de presse dira peut-être que ce que Bergoglio a dit a été mal compris, qu’il s’agit d’une vieille interview et que l’Église réitère sa condamnation de l’homosexualité comme étant intrinsèquement désordonnée. Mais le mal est fait, et tout recul par rapport au scandale provoqué sera de toutes façons un pas en avant dans la direction de la pensée unique et du politiquement correct.

Voilà la méthode Bergoglio « souverain pontife » de la religion mondialiste

Mons. Carlo Maria Viganò, archevêque
23 octobre 2020
Ma traduction

À l’occasion du Festival du film de Rome, le réalisateur Evgeny Afineevsky a présenté un documentaire intitulé « Francesco », dans lequel sont reproposées quelques interviews de Jorge Mario Bergoglio durant les dernières années de son pontificat. Entre autres déclarations, certaines phrases sur la légitimation des unions civiles homosexuelles ont décontenancé: « Ce qu’il faut faire, c’est une loi pour les unions civiles. De cette façon, les homosexuels sont protégés par la loi. Je suis en faveur de cela ».

Je pense que tant les simples fidèles que les évêques et les prêtres se sont sentis trahis par ce que Bergoglio a dit. Il n’est pas nécessaire d’être théologien pour comprendre que l’approbation des unions civiles est en contradiction flagrante avec les documents magistériels de l’Église, même récents. Elle constitue également un assist très grave à l’idéologie LGBTQ qui s’impose aujourd’hui au niveau mondial.

Ces jours-ci, le Parlement [italien] devra discuter de l’approbation de la loi dite Zan, sur proposition du Partito Democratico. Au nom de la protection des homosexuels et des transsexuels, soutenir que la famille naturelle est la cellule de la société humaine sera considéré comme un délit, et ceux qui affirment que la sodomie est un péché qui crie vengeance devant Dieu seront punis. Les paroles de Bergoglio ont déjà été accueillies dans le monde entier par le lobby gay comme une approbation autorisée de leurs revendications.

En lisant attentivement les déclarations de Bergoglio, certains ont déjà observé qu’on n’y trouve aucune approbation du mariage homosexuel, mais seulement un geste d’accueil – peut-être mal formulé – envers ceux qui demandent à l’État laïque une protection juridique. La Congrégation pour la doctrine de la foi a déjà précisé sans équivoque qu’en aucun cas un catholique ne peut approuver les unions civiles, car elles constituent une légitimation du concubinage public et ne sont que l’étape préalable à la reconnaissance des mariages dits homosexuels. À tel point qu’en Italie, il est aujourd’hui possible de se marier même entre personnes du même sexe, après que des années durant, on ait assuré – y compris des politiciens soi-disant catholiques – que le PACS ne remettrait nullement en question le mariage tel qu’il est prévu par la Constitution.

Du reste, l’expérience nous apprend que lorsque Bergoglio dit une chose, il le fait dans un but précis : faire en sorte que les autres interprètent ses paroles dans le sens le plus large possible. Les premières pages des journaux du monde entier annoncent : « Le pape approuve le mariage gay », même si ce n’est pas à proprement parler ce qu’il a dit. Mais c’est exactement ce que lui et le lobby gay du Vatican voulaient réaliser. Alors le service de presse dira peut-être que ce que Bergoglio a dit a été mal compris, qu’il s’agit d’une vieille interview et que l’Église réitère sa condamnation de l’homosexualité comme étant intrinsèquement désordonnée. Mais le mal est fait, et tout recul par rapport au scandale provoqué sera de toutes façons un pas en avant dans la direction de la pensée unique et du politiquement correct. N’oublions pas les résultats dommageables de son discours de 2013 « Qui suis-je pour juger? », qui lui a valu la couverture et le titre d' »Homme de l’année » sur The Advocate.

Bergoglio a déclaré : « Les homosexuels ont le droit de faire partie d’une famille. Ils sont enfants de Dieu et ont droit à une famille. Personne ne doit être exclu ou rendu malheureux à cause de cela ». Tous les baptisés sont des enfants de Dieu : l’Evangile nous l’enseigne. Mais on peut être de bons ou de mauvais enfants, et s’ils enfreignent les commandements de Dieu, le fait qu’ils soient ses enfants ne les empêchera pas d’être punis, tout comme un Italien qui vole n’évite pas la prison, simplement parce qu’il est citoyen du pays où il commet ce délit. La miséricorde de Dieu n’est pas sans justice, et si nous pensons que pour nous racheter le Seigneur a versé son sang sur la croix, nous ne pouvons que tendre à la sainteté, en conformant notre comportement à sa volonté. Notre Seigneur a dit : « Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande » (Jn 15, 14).

Si l’exclusion familiale ou sociale découle d’un comportement provocateur ou de revendications idéologiques inadmissibles – je pense à la gay pride – elle n’est que le résultat d’une attitude de défi et, en tant que telle, elle trouve son origine chez ceux qui utilisent cette attitude pour blesser les autres. Si, en revanche, cette discrimination ne découle que du fait d’être une personne qui se comporte comme tout le monde dans le respect d’autrui et sans aucune imposition de son propre mode de vie, elle doit être condamnée à juste titre.

Nous savons très bien que ce que le lobby homosexueliste veut réaliser, ce n’est pas l’intégration de personnes normales et honnêtes, mais l’imposition de modèles de vie gravement peccamineux, socialement déstabilisants, qui ont toujours été instrumentalisés pour démolir la famille et la société. Ce n’est pas un hasard si la promotion de l’agenda homosexuel fait partie du projet mondialiste, en concomitance avec la destruction de la famille naturelle

Le jésuite James Martin, l’un des plus ardents défenseurs de l’agenda LGBTQ et de l’accueil indiscriminé des homosexuels dans l’Église, est consultant au sein du département de la communication du Saint-Siège. Dès que la nouvelle des déclarations de Bergoglio est sortie, Martin a pris d’assaut les réseaux sociaux, exprimant une satisfaction irrepressible à l’égard de ce geste qui a en revanche scandalisé la majorité des fidèles.

Outre le père Martin, il y a des cardinaux, des évêques, des monseigneurs, des prêtres et des clercs qui appartiennent à la « mafia lavande ». Certains d’entre eux ont fait l’objet d’enquêtes et ont été condamnés pour des crimes très graves, presque toujours liés aux milieux homosexuels. Comment peut-on penser qu’une clique d’homosexuels aux postes de commandement n’a pas tout intérêt à pousser Bergoglio à défendre un vice qu’ils partagent et pratiquent ?

Je dirais même que cela fait partie du comportement de Bergoglio de jouer sur l’incompréhension, sur la provocation – « Dieu n’est pas catholique », disait-il – ou de laisser les autres finir un discours qu’il est le seul à commencer. Nous l’avons vu avec Amoris laetitia : sans avoir contredit de manière flagrante la doctrine catholique sur l’impossibilité pour les divorcés d’accéder aux sacrements, il a laissé les autres évêques le faire, puis a approuvé leurs affirmations et s’est obstiné à faire taire les doutes de quatre cardinaux.

On peut se demander : quel est l’objectif du pape en agissant ainsi, surtout quand ses prédécesseurs ont toujours été très clairs sur les questions morales ? Je ne sais pas ce que Bergoglio a en tête : je me limite à donner un sens à ses actions et à ses paroles. Et je pense pouvoir dire que ce qui émerge est une attitude délibérément double et jésuitique. Derrière chacune de ses sorties, il y a une tentative de susciter la réaction de la partie saine de l’Église, en la provoquant avec des déclarations hérétiques, avec des gestes déconcertants, avec des documents qui contredisent le Magistère. Et en même temps de faire plaisir à ses partisans, surtout les non-catholiques ou catholiques seulement de nom.

À force de provocation, il espère qu’il y aura un évêque qui se lassera d’entendre frapper quotidiennement la doctrine et la morale ; il espère qu’un groupe de cardinaux l’accusera formellement d’hérésie et demandera sa déposition. Et ce faisant, Bergoglio aurait le prétexte d’accuser ces prélats d’être des « ennemis du Pape », d’être en dehors de l’Église, de vouloir un schisme. Il est évident que ce ne sont pas ceux qui veulent rester fidèles au Magistère qui se séparent de l’Église : ce serait absurde.

D’une certaine manière, le comportement de Bergoglio est de la même matrice que celui du premier ministre Conte : tous deux, à y regarder de plus près, ont été voulus dans ce rôle par la même élite, numériquement minoritaire mais puissante et organisée, dans le but de démolir l’institution qu’ils représentent ; tous deux abusent de leur pouvoir contre la loi ; tous deux accusent ceux qui dénoncent leurs abus d’être des ennemis de l’institution, alors qu’en réalité ils la défendent contre eux. Tous deux, enfin, se distinguent par une médiocrité désolante.

S’il est canoniquement impensable d’excommunier un catholique pour le seul fait qu’il veut le rester, politiquement et stratégiquement cet abus pourrait permettre à Bergoglio d’exclure ses opposants de l’Église, consolidant ainsi son pouvoir. Et je le répète : il ne s’agit pas d’une opération légitime, mais d’un abus que personne ne pourrait pourtant empêcher, puisque « prima Sedes a nemine judicatur« . Et comme la déposition d’un pape hérétique est une question non résolue sur le plan canonique et sur laquelle il n’y a pas de consentement unanime des canonistes, quiconque accuserait Bergoglio d’hérésie se retrouverait dans une impasse et n’obtiendrait guère de résultat.

Et c’est exactement ce que, selon moi, le « cercle magique » de Bergoglio veut réaliser : arriver à la situation paradoxale dans laquelle celui qui est reconnu comme pape est en même temps en état de schisme avec l’Église qu’il gouverne, tandis que ceux qui sont déclarés schismatiques par lui pour désobéissance se trouvent évincés de l’Église du fait d’être catholiques.

L’action de Bergoglio s’adresse avant tout à l’extérieur de l’Eglise. L’encyclique Fratelli tutti est un manifeste idéologique dans lequel il n’y a rien de catholique, et rien pour les catholiques ; c’est le énième ‘embrassons-nous‘ (en français dans le texte) de matrice maçonnique, dans lequel la fraternité universelle ne se réalise pas, comme l’enseigne l’Évangile, par la reconnaissance de la paternité commune de Dieu à travers l’appartenance à l’Église unique, mais par l’aplatissement de toutes les religions en un plus petit dénominateur commun qui se décline en solidarité, respect de l’environnement, pacifisme.

Avec cette façon d’agir, Bergoglio se pose en « pontife » d’une nouvelle religion, avec de nouveaux commandements, une nouvelle morale et de nouvelles liturgies. Il s’éloigne de la religion catholique et du Christ, et par conséquent de la hiérarchie et des fidèles, les désavouant et les laissant à la merci de la dictature mondialiste. Quiconque ne respecte pas ce nouveau code sera donc ostracisé par la société et par cette nouvelle « église » en tant que corps étranger.

Le 20 octobre, le pape François a prié pour la paix avec les représentants des religions du monde : la devise de cette cérémonie œcuménique était « Personne ne se sauve seul ». Mais cette prière s’adressait indifféremment au vrai Dieu comme aux faux dieux des païens, faisant comprendre que l’œcuménisme propagé par Bergoglio a pour finalité l’exclusion de Notre Seigneur de la société humaine, car Jésus-Christ est considéré comme « diviseur », « pierre d’achoppement ». Ainsi, l’homme moderne pense qu’il peut obtenir la paix sans Celui qui a dit de lui-même : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; nul ne vient au Père que par Moi » (Jn 14,6). Il est douloureux de voir que cette apostasie des nations, autrefois chrétiennes, est accompagnée par Jorge Mario Bergoglio, qui devrait être le vicaire du Christ et non l’ennemi.

Il y a trois jours, la presse a annoncé que le pape ne célébrerait pas la messe de minuit à Noël. Je me limite à une observation : il y a quelques jours, en état d’urgence Covid, il a été jugé possible de célébrer un rite œcuménique, en présence des fidèles et des autorités, tous masqués. Au contraire, dans les espaces beaucoup plus vastes de la basilique du Vatican, quelqu’un a jugé imprudent de célébrer la naissance du Sauveur lors de la Nuit Sainte.

Si cette décision est confirmée, nous saurons que Jorge Mario Bergoglio préfère s’adonner à la pensée unique et à l’idéologie syncrétiste du Nouvel Ordre Mondial plutôt que de s’agenouiller au pied de la crèche dans laquelle le Roi des Rois est couché.

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