Un virologue italien très médiatique, de ceux qui en temps de pandémie court les plateaux télé pour y apporter la bonne parole, et, en prime, membre du tout-puissant conseil technico-scientifique, « dérape » et est immédiatement lynché par ses « confrères »: il ne se fera pas vacciner. Peu après, il doit faire amende honorable et se rétracter, au moins partiellement. Un article du Dr Gulisano.

Un résistant

Pendant ce temps-là en France, le Professeur Raoult (authentique insoumis, lui!) répondant le 16 novembre sur CNews aux questions pressantes de Jean-Marc Morandini, ne se rétracte pas. Pour lui, en l’état actuel des choses, le vaccin, c’est « de la science-fiction ». Et il affirme qu’il croira (peut-être) au vaccin « quand il existera » (Vidéo, vers 44′).


Crisanti, l’ex-héros victime du fidéisme (*) des vaccins

(*) Rappelons que « Le fidéisme est une doctrine philosophique qui fonde la certitude des vérités essentielles de l’ordre moral sur la révélation et sur la foi » (wikipedia).

Paolo Gulisano
La NBQ
22 novembre 2020
Ma traduction

Le professeur Crisanti

Le traitement réservé à Crisanti après ses propos sur le vaccin montre qu’en ce qui concerne les vaccins, la position à adopter est celle du fidéisme absolu. Le doute, l’interrogation, la curiosité scientifique elle-même, grâce auxquels la médecine a progressé au fil des siècles, ne sont pas permis. Les questions de nature scientifique sont réduites au silence, questions sérieuses, devant lesquelles aucun comité scientifique n’a le droit de dresser des murs et d’imposer une obéissance aveugle et absolue.

« Conduite inappropriée et devant être censurée. La présence de l’Aifa [agence italienne des médicaments] et des agences internationales de réglementation nous garantit la sécurité des vaccins ». Cest en ces termes que lors de la réunion du vendredi 20 novembre, le comité technico-scientifique a attaqué le virologue Andrea Crisanti, accusé de mettre en doute la validité des vaccins contre le Covid 19 en déclarant que « normalement, il faut 5 à 8 ans pour produire un vaccin et donc je ne me ferais pas vacciner en janvier« .

Affirmations d’une logique absolue faites par l’un des membres les plus acclamés du monde bigarré des « experts », les protagonistes médiatiques absolus de l’épidémie, depuis ses débuts. Loin du chaos des salles surpeuplées, ou des appartements où d’autres collègues vont visiter, traiter et soigner les patients du Covid, ils ont toujours trouvé le temps d’élaborer des théories et de parler à la presse. Personne n’a jamais remis en question ce qu’ils affirmaient.

Mais maintenant, Crisanti, l’une des stars de ce monde, n’y a pas été de main morte. Il a « osé » mettre en doute la validité du vaccin qui arrivera en janvier. Dieu du ciel! Le monde des virologues est devenu un abattoir, prompt à ridiculiser leur collègue – dont on avait évoqué ces derniers jours le transfert de Padoue au Spallanzani [prestigieux hôpital romain spécialisé pour les maladies infectieuses]. Des étoiles (stelle) aux écuries (stalle)? Pas encore. Crisanti a immédiatement publié des déclarations dans lesquelles il explique mieux sa pensée, soulignant qu’il n’est pas un No Vax (l’accusation infâmante, dont la gravité n’a d’égale que celle de raciste, avait déjà fusé) et réitère sa foi dans les vaccins. Subsiste éventuellement un doute subtil sur l’un d’entre eux, celui de Pfizer. D’ailleurs, semble-t-il, les alternatives au produit du géant américain ne manquent pas. Et là on voit se profiler ces guerres commerciales dont la NBQ a déjà parlé.

Ce qui frappe dans le débat suscité par les propos du microbiologiste de l’Université de Padoue, c’est la virulence de la réponse. Une réponse très dure, visant à empêcher toute possibilité de débat, de réflexion, de discussion. « Il n’a pas de compétence sur le sujet ». C’est le commentaire péremptoire du professeur Franco Locatelli, président du Conseil supérieur de la santé, qui a ensuite personnellement qualifié de « déconcertantes » les déclarations de Crisanti, demandant que les scientifiques prennent une position officielle. Et tous les membres se sont accordés sur la nécessité de démentir les déclarations considérées comme graves également parce qu’elles ont été faites « par une personne qui n’a jamais traité la question et n’a donc pas la compétence pour le faire ».

Au cours de la réunion, d’autres membres de la commission ont pris la parole pour réitérer la nécessité d’une « réaction forte », d’autant plus que « de telles déclarations sont inappropriées » et il a donc été décidé de mettre au procès-verbal ce qui s’est passé au cours de la réunion. En outre, avait déjà déclaré publiquement Locatelli « dans un pays qui est déjà en soi caractérisé par une certaine perplexité, doute ou hostilité à envisager des stratégies de vaccination, il est bon de toujours se rappeler la répercussion que certaines déclarations peuvent avoir au niveau médiatique ».

Bref, en ce qui concerne les vaccins, la position à adopter est celle du fidéisme absolu. Le doute, l’interrogation, la curiosité scientifique elle-même, grâce auxquels la médecine a progressé au fil des siècles, ne sont pas permis.

Toutefois, il faudrait dire que face à ce choix d’ériger des murs défensifs pour défendre les choix de politique sanitaire, que ce soit un vaccin ou des médicaments, la réponse ne peut être que de soutenir certaines thèses au moyen d’arguments strictement scientifiques. Il est clair que des réparties improvisées comme celle du professeur Crisanti n’aident pas à la recherche de la vérité. Un régime technocratique qui enlève toute crédibilité à l’interlocuteur (« il n’a pas compétence pour parler » a condamné Locatelli) doit être pressé sur la base de preuves scientifiques.

Dans un article publié ces derniers jours dans The Guardian, avec le titre éloquent: « Our immune system can cope with Covid-19, it’s our politicians who can’t (Notre système immunitaire peut faire face au Covid-19, ce sont nos politiciens qui ne le peuvent pas), la question cruciale de l’immunisation contre le virus est mise en évidence. La virologue Angela Rasmussen, associée à l’université de Georgetown, documente le fait que de nombreuses informations contradictoires sont apparues sur la réponse immunitaire qui se développe chez les patients qui se sont rétablis du Covid-19. Une étude récente au Royaume-Uni a montré une diminution des anticorps chez plus de 350 000 personnes, montrant que l’immunité diminue rapidement quelques mois après l’infection. Mais le lendemain, une autre étude a conclu le contraire : chez plus de 30 000 patients à New York, la majorité a montré des niveaux élevés d’anticorps IgG [explications en français ICI], qui sont le type d’anticorps qui neutralisent généralement le Sars-Cov-2, le virus qui cause le Covid-19.

Il y a beaucoup de confusion sous le ciel de la virologie. Ou peut-être y a-t-il des vérités gênantes : si la maladie elle-même est incapable de déterminer une protection permanente contre le virus, le vaccin le pourra-t-il ? Si le Sars-Cov-2 est un virus capable de subvertir le système immunitaire qui nous protège si efficacement contre de nombreux autres agents pathogènes, le vaccin pourra-t-il apporter une réponse efficace et sûre ?

Ce sont des questions scientifiques, des questions sérieuses, devant lesquelles aucun comité scientifique n’a le droit de dresser des murs et d’imposer une obéissance aveugle et absolue.

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