Nous apprenons du site « Messa in Latino » que le pape fait la couverture du dernier numéro de la revue de potins « Vanity fair », version italienne, à laquelle il a adressé spécialement sa bénédiction « urbi et orbi » pour la nouvelle année. Il y voisine avec les « people » locaux, les starlettes, les pages de mode d’un goût douteux et l’horoscope. Ce n’est hélas pas une première (rappelons nous en particulier la couverture de « Rolling Stone » en janvier 2014, et le titre d’homme le plus élégant de l’année décerné en janvier 2014 par le magazine américain « Esquire« ). Décidément, le Pape qui voulait « démondaniser l’Eglise » plaît trop au monde pour être un pasteur en qui se fier.

Vanitas vanitatum et omnia vanitas… et le Pape va sur « Vanity Fair »

MIL
8 janvier 2021
Ma traduction

Très grand format, pour bien voir. Et nul besoin de traduction!

Un changement décisif dans l’image du Pontife : ayant abandonné son humilité pseudo-franciscaine et son paupérisme pro-marxiste, le Pape François est le nouveau visage-symbole choisi par Vanity Fair, qui lui consacre la couverture du numéro 2-3 du mercredi 6 janvier et en kiosque jusqu’au 19 janvier 2021.
Nous avons attendu quelques heures avant de publier cet article, en cherchant non seulement à avoir confirmation de la nouvelle, mais aussi à nous assurer qu’il ne s’agissait pas d’une publication-pastiche, c’est-à-dire d’une blague de poisson d’avril (de mauvais, voire de très mauvais goût) largement hors saison.
Et au contraire, rien de plus vrai: à côté des images peu spirituelles qui accompagnent des articles de profonde théologie (« Elisabetta Gregoraci à Dubaï avec Briatore »; « Kim Kardashian et Kanye West sur la voie du divorce » (…), « Horoscope 2021 : les conseils de mode des stars »…) et même, avant tous ces articles, se détache l’image d’un Saint-Père jovial, qui a choisi – c’est ce qui est écrit – le magazine people pour confier « son message pour affronter 2021 avec amour et espoir: ‘Nous sommes tous dans le même bateau, nous devons devenir une grande famille humaine’ « .
Oubliés les bulles pontificales, les chirographes et les constitutions apostoliques, les encycliques et les exhortations, le peuple des fidèles qui, le matin, se penche avec déférence et anxiété pour compulser L’Osservatore Romano afin d’être confirmé dans la foi par leur Pape… « le message du Pape se poursuit à l’intérieur du numéro avec un extrait de la bénédiction de Noël Urbi et Orbi accordée à Vanity Fair », précise avec jubilation l’hebdomadaire.

Mais comment en est-on arrivé là? Nous lisons dans l’éditorial du directeur de l’hebdomadaire Simone Marchetti : « Nous avions un rêve, à Vanity Fair, pour la fin 2020: commencer la nouvelle année avec un message du Pape François, lui confier la tâche d’ouvrir 2021 avec la confiance en un avenir meilleur. […] Au cours des derniers mois, nous avons longuement discuté avec ses collaborateurs. Et aujourd’hui, nous sommes fiers de ce numéro qui reprend deux grands thèmes chers au Souverain Pontife et également fondamentaux pour Vanity Fair : le respect et l’amour des diversités, de toutes les diversités. Et l’espoir que le vaccin soit disponible pour tous, sans distinction ni nationalismes, et surtout pour les plus vulnérables et les plus nécessiteux ».

Voilà, nous pensions déjà qu’après tout, même un magazine hebdomadaire de potins pouvait servir à « l’exaltation de l’Église, la propagation de la Foi, l’éradication des hérésies et des schismes, la conversion des pécheurs et la paix et l’harmonie entre les Princes chrétiens », qui sont toujours et traditionnellement les « intentions du Souverain Pontife » pour lesquelles chaque chrétien est appelé à prier chaque jour; et à la place l’ambigu (si parva licet [s’il est permis de comparer, ndt]) « amour pour toutes les diversités » (« de Saint François d’Assise, il a hérité non seulement le nom mais aussi le désir d’embrasser toutes les diversités […] une invitation universelle adressée à chaque homme et à chaque femme à être une grande famille humaine au-delà des diversités, et même précisément en acceptant, en aimant et en respectant les diversités de tous. Un message que Vanity Fair a décidé de traduire en différentes langues pour sa couverture », explique le rédacteur en chef, un nouveau théologien…) et la tirade sur « les nationalismes, les vulnérables et les nécessiteux ».


Il ne reste plus qu’à prendre son courage à deux mains et à feuilleter Vanity Fair: Qui sait si, pour l’occasion et pour satisfaire les désirs iconographiques des lecteurs, le Saint-Père, abandonnant le style savamment négligé qui l’a distingué jusqu’à présent, n’a pas sorti de son armoire les élégantes pantoufles papales en soie brodée d’or et le camauro en velours bordé d’hermine pour dicter la nouvelle tendance de la mode pontificale pour l’année 2021.
Mais il est fort probable qu’à la fin, nous trouverons plus de réconfort dans la lecture du De Imitatione Christi : « Vanitas vanitatum et omnia vanitas, praeter amare Deum et illi soli servire » (vanité des vanités, tout est vanité, sauf aimer Dieu et servir Lui seul).

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