La similitude des arguments de Macron (allocution du 12 juillet) et de Mario Draghi (conférence de presse du 22) est tellement caricaturale qu’elle ne laisse guère de place au doute: à 10 jours près, c’est quasiment un copié-collé. Les deux utilisent le levier de la terreur pour pousser les populations à courir se faire vacciner. Résultat atteint, des deux côtés des Alpes, apparemment, avec un « boom » de réservations pour recevoir le saint viatique. Il n’est pas interdit de solliciter ses neurone: les dirigeants respectifs ne seraient-ils que des exécutants d’un plan qui les dépasse? (la question est de pure forme)

Draghi ment et terrorise.

Et tous de se faire vacciner

Riccardo Cascioli
La NBQ
24 juillet 2021
Ma traduction

Boom de réservations après que, lors de la conférence de presse jeudi soir, le Premier ministre ait criminalisé les non-vaccinés en leur faisant du chantage au Green Pass. Les mensonges de Draghi sont graves et dangereux pour la santé publique. Mais ces jours-ci, ce n’est qu’une floraison de commentaires délirants contre les non-vaccinés, du sempiternel Burioni [cf.  Les imprésarios de la terreur] à Galimberti [philosophe et psychanaliste, mais aussi « signature » de La Repubblica]. Et une revue d’avocats demande que les enseignants non vaccinés soient mis à contribution pour faire le ménage.

Le Premier ministre Mario Draghi sera certainement satisfait : après la conférence de presse de jeudi, au cours de laquelle il a semé la terreur à pleines mains, la journée d’hier a vu un boom des réservations pour la vaccination. « Aujourd’hui, nous avons enregistré une augmentation des réservations allant de +15% à +200% selon les régions », a déclaré triomphalement le général Figliuolo. C’était exactement l’objectif du Premier ministre qui, n’ayant pas le courage d’imposer la vaccination obligatoire par la loi (sachant qu’il ne peut pas le faire), tente d’y parvenir en effrayant et en alimentant la campagne de haine contre ceux qui ne se font pas vacciner.

C’est ce qui s’est passé lors de la conférence de presse de jeudi soir, où il a fait des déclarations extrêmement graves, à la fois parce qu’il a criminalisé les non-vaccinés et parce qu’il a raconté des mensonges qui représentent un grave danger pour la santé publique. Deux passages en particulier méritent l’attention : le premier est celui où il explique que le Green Pass « est un outil permettant aux Italiens de poursuivre leurs activités avec la garantie de ne pas se trouver parmi des personnes contagieuses ». C’est un mensonge manifeste : la double vaccination ne garantit absolument pas que l’on n’est pas contagieux. Au contraire, il y a un risque de véhiculer une perception de sécurité, fausse et donc annonciatrice d’autres catastrophes. Le fait que les pays qui comptent le plus grand nombre de personnes vaccinées – Israël et l’Angleterre – sont ceux qui connaissent également un boom des contagions ne veut-il rien dire? Que dira Draghi à ceux qui, se fiant à ses paroles, abandonneront la prudence et se contamineront, avec toutes les conséquences que cela implique ? Et s’il est globalement vrai qu’en cas de contagion, le vaccin devrait garantir des symptômes plus légers, ce n’est pas vrai dans tous les cas, et aux soins intensifs, il y a aussi des personnes qui ont eu une double vaccination.

Mais les paroles les plus lourdes (et les plus mensongères), Draghi les a prononcées pour séparer les bons des mauvais:

« L’appel à ne pas vacciner est fondamentalement un appel à la mort. Vous ne vous faites pas vacciner, vous tombez malade, vous mourez. Ou vous faites mourir : vous ne vous faites pas vacciner, vous tombez malade, vous contaminez, quelqu’un meurt ».

Il n’est absolument pas vrai que si l’on tombe malade sans être vacciné, on meurt : le 20 décembre 2020, c’est-à-dire avant le début de l’inoculation du vaccin, les données officielles indiquaient que 1 953 185 personnes au total avaient contracté le Covid en Italie : parmi elles, 68 799 étaient décédées, tandis que 1 261 626 avaient été guéries. Autrement dit, les personnes décédées représentaient 3,5 % du nombre total de personnes infectées et 5,2 % de celles qui sont tombées malades.

Affirmer, par conséquent, qu’il existe un lien automatique entre le refus de se faire vacciner, la maladie et la mort est un mensonge flagrant, tout comme le fait d’imputer la mort d’autres personnes (vaccinées ?) aux non-vaccinés. Cela ne sert qu’à attiser la haine d’une partie de la population contre d’autres afin de justifier son propre pouvoir. Du reste, après s’être constamment entendu dire que le vaccin correspond à la liberté, qu’il suffit de vacciner tout le monde pour revenir à la normale, comment Draghi expliquera-t-il dans quelques mois qu’il faut tout recommencer ? Oui, car comme nous l’avons déjà écrit, le Green Pass est valable 270 jours après la deuxième dose, et à Noël, il y aura trois millions de personnes vaccinées dont le laissez-passer aura expiré et qui se retrouveront dans l’impossibilité de se déplacer librement, comme n’importe quel non-vacciné. Comment Draghi va-t-il expliquer la nécessité de la troisième dose, puis de la quatrième, et ainsi de suite ? Parviendra-t-il encore à rejeter la faute sur les personnes non vaccinées ? Qui sait, peut-être le tour réussira-t-il encore s’il est vrai qu’hier, énormément de gens se sont précipitées pour réserver le vaccin après la conférence de presse du Premier ministre.

Mais les déclarations de Draghi vont enrichir un bêtisier vacciniste ces jours-ci particulièrement riche, et qui laisse perplexe devant les délires qui sont proposés. Au premier rang, il y a toujours le « grand scientifique » Roberto Burioni, qui nous voit à partir du 5 août « assignés à résidence, enfermés chez eux comme des rats » et, dans sa bonté, promeut une collecte pour payer un abonnement à Netflix. Ce qui est incroyable, c’est que Burioni est encore là à pontifier au nom de la science après avoir garanti à 100% en janvier 2020 qu’il n’y avait « aucune chance » que le Covid arrive en Italie. Dans quelle mesure l’impréparation du gouvernement et son retard dans la lutte contre la pandémie sont-ils dus à des conseillers scientifiques de ce calibre? Combien de morts le professeur Burioni a-t-il sur la conscience ? Un scientifique sérieux ne peut qu’éprouver du dégoût à être associé à ce personnage.

Non seulement des politiciens et des scientifiques, mais aussi des philosophes : Umberto Galimberti, intervenant sur La7, a demandé un TSO (traitement sanitaire obligatoire) pour les « no vax », qu’il considère comme des fous. « Si les miracles de Lourdes et de Medjugorje sont plus importants pour eux que la science, comment les convaincre ? » était l’association logique d’idées du philosophe. Et nous pourrions continuer ainsi, car ces jours-ci, et surtout après le lancement du Green Pass, ce n’est qu’une avalanche d’accusations et d’insultes envers ceux qui n’ont pas l’intention de se faire vacciner.

Mais il convient de conclure avec une perle que nous trouvons dans l’édition du 20 juillet de “Il dubbio”, une revue d’avocats distribué dans tous les cabinets d’avocats en Italie. Ici l’auteur anonyme de l’article s’en prend en particulier à la catégorie des enseignants, parce qu’il y a 221 mille qui ont choisi de ne pas vacciner (et le général Figliuolo a dit qu’il veut les listes des déserteurs pour le 20 août). L’avocat a un plan précis à soumettre à Figliuolo : puisqu’il est clair que ceux qui ne veulent pas se faire vacciner n’ont pas le sens civique, ce qui est particulièrement grave pour un enseignant, « nous devons nous demander sérieusement s’il est vraiment opportun de leur confier l’éducation de nos enfants ». Donc « nous pourrions leur demander de faire autre chose. L’école a tellement de problèmes… ». C’est le modèle chinois : à l’époque de Mao, les médecins identifiés comme « ennemis du peuple » étaient contraints de nettoyer les toilettes dans le même hôpital où peu de temps auparavant, ils étaient chefs de service. Donc quelqu’un pense que cela devrait arriver à nos enseignants. Dans ce climat délirant, dans cette suspension des droits civiques, il ne serait pas étonnant que le général Figliuolo suive la suggestion.

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