Réponse à une question que beaucoup de catholiques français ont pu se poser depuis de début de la crise sanitaire, et en particulier depuis les annonces de Macron du 12 juillet dernier. Mgr Aillet a fait entendre une voix hors du chœur, qui malheureusement a été peu entendue au-delà d’un microcosme sans doute déjà acquis, mais qui a quand même franchi les Alpes (et je me réjouis d’y avoir – peut-être – contribué un tout petit peu en relayant son appel). Le commentaire de Luisella Scrosatti sur la Bussola.

Voir sur ce sujet:

Green Pass et contrôle social : il y a un évêque en France

Luisella Scosatti
La NBQ
3 août 2021
Ma traduction

Le courage de l’évêque de Bayonne, Marc Aillet, qui a écrit aux fidèles pour dénoncer le régime de discrimination, de suspicion et de contrôle mutuel qui sera créé par l’introduction du passeport vert.

Les évêques italiens : si prompts (du moins certains d’entre eux) à intervenir dans le débat politique sur le problème des migrants, et même à élever la voix dès qu’un politicien ose prendre le Rosaire [allusion à Matteo Salvini ndt]; si timides et hésitants à dire quoi que ce soit de vaguement catholique sur le projet de loi Zan ; complètement hermétiques face à la plus grande discrimination de l’après-guerre : celle « sanitaire ».

C’est peut-être pour cela que la prise de position de l’évêque de Bayonne, Mgr Marc Aillet, est encore plus importante et, dans le silence actuel, résonne comme une vox clamantis in deserto..

Dans sa lettre à tous les fidèles du diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron, datée du 23 juillet, Mgr Aillet a décidé de prendre la parole, partageant les sentiments et la perplexité de nombreux « êtres pensants » qui, en ces mois de pandémie et de campagne de vaccination, ont pu rencontrer leur évêque. Une rareté. On entend désormais tout et son contraire, surtout de la bouche de ces médecins qui sont devenus pour ainsi dire des soubrettes [en français dans le texte], au sens étymologique du terme. La pression médiatique et législative, reconnaît Aillet, a en effet engendré chez de nombreuses personnes « une situation de stress psychologique et moral ».

L’évêque de Bayonne souligne que « l’obligation d’un passeport sanitaire n’empêche pas de nombreuses personnes, dont les élus de toutes les forces politiques, de s’interroger sur le régime de discrimination, de suspicion et de contrôle mutuel qui sera ainsi créé ». « Une très dangereuse ‘discrimination’ entre les vaccinés et les non-vaccinés s’instaure, incitant les uns à culpabiliser les autres, à les marginaliser et à les condamner à une quasi mort sociale. Des deux côtés, il arrive que l’on joue sur le ressort de la peur et que l’on verse dans l’irrationel ».

Face à cette folie collective, à cette division qui détruit les relations familiales, amicales, professionnelles et même fraternelles entre chrétiens, l’évêque de Bayonne estime qu’il est de son devoir d’inviter « au calme, dans le plus grand respect de chacun, quelle que soit son opinion, en refusant de stigmatiser ceux qui font un choix différent ».

Mgr Aillet précise que l’importance de la sécurité sanitaire d’une nation ne peut contraindre quiconque « à agir contre sa conscience ». Parce que ce qui est en jeu ici, c’est la liberté de conscience. La protection de cette liberté fondamentale repose avant tout sur la possibilité d’accéder à des informations complètes et véridiques. L’évêque lui-même témoigne que l’Académie pour la vie de son diocèse « m’a permis de découvrir de nombreuses informations sur l’épidémie mondiale […] et sur les moyens recommandés pour l’éradiquer, qui ne sont pas toujours portés à la connaissance du public par les médias ».

Avec une ironie subtile, Mgr Aillet affirme qu’il ne faisait que poser des questions, comme Macron avait dit qu’il attendait de l’Église. Le 9 avril 2018, le président français avait en effet prononcé un discours au Collège des Bernardins devant l’ensemble des évêques de l’Église en France. Macron avait exhorté l’épiscopat à contribuer au bien de la société française en posant des questions (questionnement) : une belle façon de faire savoir à l’Église française que les affirmations et les dénégations ne sont pas les bienvenues… Et c’est précisément une longue et intéressante série de questions « peut-être impertinentes » que l’évêque de Bayonne entend poser publiquement, car ce sont ces questions « que j’entends régulièrement autour de moi ».

Tellement de questions. Précises et ponctuelles. Tout d’abord, la question de savoir si le vaccin est vraiment le seul moyen d’enrayer l’épidémie : « Mais qu’en est-il des traitements qui existent et sont efficaces, ou des autres moyens de prévention préconisés pour renforcer nos défenses immunitaires naturelles ? » Qu’en est-il de l’hydroxychloroquine et de l’ivermectine, qu’Aillet mentionne expressément ? « Qu’en est-il de la liberté des médecins de prescrire des traitements contre le covid-19 ? ».

Quelle est la vérité sur la gravité de la maladie, le taux de létalité ? « Les vaccins protègent-ils contre les variants? […] Les vaccins actuellement sur le marché en France sont-ils vraiment des vaccins ou des ‘thérapies géniques’ innovantes ? ». Et encore : « pourquoi l’Agence européenne des médicaments […] n’a-t-elle accordé qu’une autorisation de mise sur le marché (AMM) ‘conditionnelle’ et pourquoi les entreprises pharmaceutiques ont-elles été exemptées de toute compensation pour les effets secondaires ? ». Et puis, le risque de sécurité, étant donné que la phase 3 de l’essai ne sera pas achevée avant 2023 ; la pharmacovigilance effective sur les effets indésirables ; et enfin, la question éthique décisive : « Pourquoi le ‘principe de précaution’, si présent dans le débat public lorsqu’il s’agit de la protection de l’environnement, n’est-il pas invoqué ? ».

Mgr Aillet aborde également avec courage le problème de l’origine illicite de ces vaccins. Se référant à la dernière note de la Congrégation pour la doctrine de la foi, il considère comme une « question éthique incontournable » la question de la coopération au mal de ceux qui utilisent ces vaccins. Bref, parlons-en correctement.

De nombreuses questions se posent également sur l’utilité réelle d’un laissez-passer qui repose sur l’hypothèse qui n’a jamais été prouvée (et qui a été démentie tant par les laboratoires pharmaceutiques que par les faits) que la vaccination empêche la transmission du virus. Aillet souligne que le Premier ministre et le ministre de la Santé français se sont contredits sur cette question. Un signe que le monde entier est un village.

Enfin, les contradictions flagrantes entre la législation qui gagne du terrain en France, comme en Italie, et les normes venant de plus haut: « Comment concilier les textes législatifs, à la suite du code de Nuremberg, qui interdisent toute obligation vaccinale ? Si le 8 avril 2021, un arrêt de la CEDH (Cour européenne des droits de l’homme) a autorisé la vaccination obligatoire sous certaines conditions, une résolution de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, votée le 27 janvier 2021 [… ] demande de « veiller à ce que les citoyens soient informés que la vaccination n’est pas obligatoire et que personne ne soit soumis à des pressions politiques, sociales ou autres pour se faire vacciner s’il ne le souhaite pas personnellement » (7.3.1) et de « veiller à ce que personne ne fasse l’objet de discrimination pour ne pas avoir été vacciné, en raison de risques potentiels pour la santé ou parce qu’il ne souhaite pas être vacciné » (7.3.2). Que penser de tout cela? »

Des questions que beaucoup se posent constamment depuis des mois. Des questions qui sont souvent éludées ou auxquelles on donne des réponses fausses. Des questions qu’il est interdit de soulever non seulement au niveau des médias « de régime » mais aussi des organismes scientifiques compétents.

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