C’est l’article le plus violent du texte validé par le Conseil constitutionnel, après un pseudo-suspense entretenu par les médias pour faire croire qu’il y avait débat, et maintenir la fiction d’un contre-pouvoir démocratique; il faut être confronté directement au problème hic et nunc pour mesurer à quel point cette décision bafoue tous les principes sacro-saints de notre civilisation même – des principes que ceux qui n’ont que les mots « valeurs de la république (/l’UE) » à la bouche s’apprêtent à sacrifier sur l’autel du dieu vaccin. En Italie l’interdiction n’est pas encore actée, elle est en débat, mais elle a ses partisans, dont le journal de la Conférence épiscopale « Avvenire ». L’éditorial de Riccardo Cascioli (*), qui n’hésite pas à parler de barbarie.

(*) Saluons le professionnalisme exemplaire d’un vrai journaliste qui documente soigneusement ses affirmations par des liens vers des sites « officiels » et par là-même insoupçonnables.

Copie d’écran: sms reçu hier 5 août à 14h13, soit quasi simultanément avec la décision du CC.

Avvenire soutient le « pas de soin pour les non vaccinés ».

Echantillon des combats politiquement corrects du quotidien des évêques italiens
(« Le vaccin, devoir civique », « la Terre finit aujourd’hui ses ressources »)

Riccardo Cascioli
La NBQ
6 août 2021
Ma traduction

Avec une nouvelle en provenance des Etats-Unis, pleine de données fausses et de témoignages fantaisistes, le journal des évêques italiens montre toute sa sympathie pour les médecins qui ne soigneraient pas les « non vaccinés ». Il est incroyable que les évêques italiens se sentent représentés par un journal qui prêche la barbarie, avec un rédacteur en chef qui se croit manifestement en guerre et donne l’ordre de ne pas faire de prisonniers.

Le fait que le journal des évêques italiens, Avvenire, ait lancé il y a quelques semaines une campagne ultra-vacciniste suspecte était déjà déconcertant. Mais découvrir qu’il en vient même à sympathiser avec ceux qui prétendent ne pas soigner dans les hôpitaux les personnes non vaccinées, cela dépasse les limites de la décence et du tolérable. Et il est incroyable que les évêques ne réagissent pas de manière forte et immédiate à cette attaque flagrante contre les fondements de la civilisation qui doivent tant – sinon tout – à l’Église et à ses œuvres (cf www.avvenire.it/mondo/pagine/stati-uniti-il-dilemma-dei-medici-curare-i-non-vaccinati).

Évidemment, ce nouveau passage d‘Avvenire se déroule dans le style clérical habituel, disant mais feignant de ne pas dire (mais c’est à vous de comprendre) : une nouvelle des États-Unis, où la correspondante Elena Molinari rend compte du « dilemme des médecins : traiter les non-vaccinés ? » D’après l’article, il semble en effet que dans les hôpitaux américains, qui semblent débordés par une masse de jeunes atteints du Covid et dans un état grave, on ne parle pas d’autre chose et qu’à présent le parti de « pas de soins pour les non-vaccinés » prend le dessus.

En supposant que les choses soient réellement ainsi (et nous y reviendrons plus tard), le ton de l’article n’est ni scandalisé ni choqué. Loin de là : il y a une participation explicite aux sentiments de ces médecins qui voudraient se débarrasser des non-vaccinés, qui se réjouissent lorsqu’ils entendent les patients avant d’être intubés demander une dose de vaccin et qu’ils peuvent dire « C’est trop tard », qui ressentent une satisfaction intérieure en signant un certificat de décès, catéchisant la famille sur la nécessité de vacciner.

Il est incroyable que les évêques italiens se sentent représentés par un journal qui prêche la barbarie, avec un rédacteur qui se croit manifestement en guerre et donne l’ordre de ne pas faire de prisonniers. La proposition de ne pas traiter les non-vaccinés est la fin de l’éthique médicale, la trahison du serment d’Hippocrate, la négation de la valeur de la personne. C’est un fondement de la civilisation que de fournir des soins de santé même à un ennemi en temps de guerre, à un terroriste qui est blessé dans l’une de ses actions, à un voleur blessé qui a peut-être aussi tué un policier dans la fusillade, et ainsi de suite. Alors pourquoi Avvenire ne demande-t-il pas de ne pas traiter les homosexuels qui contractent le VIH, ou les personnes obèses qui souffrent de maladies cardiovasculaires (en Italie, plus de 230 000 décès par an, sans même le Covid), ou les fumeurs qui ont un cancer du poumon ? Et que faisons-nous à ceux qui provoquent des accidents à grande vitesse ? On les achève sur place et on économise les frais d’ambulance ?

Il faut perdre toute raison pour pouvoir descendre à ce niveau d’inhumanité et de barbarie.

Nous disions que certaines personnes pensent être en guerre ; une guerre sale, bien sûr, de sorte que tous les moyens sont bons pour tuer l’adversaire. Ainsi, l’article en question, pour créer l’atmosphère, tire des chiffres délibérément exagérés et se base principalement sur les déclarations d’un médecin dont la fiabilité est proche de zéro.

Quelques exemples : il est vrai qu’il y a eu une forte augmentation du nombre d’infections aux États-Unis au cours du dernier mois, mais la Floride et l’Alabama sont cités comme les États où « le nombre d’infections a battu tous les records depuis le début de la pandémie ». Mais si l’on regarde les statistiques officielles, les chiffres sont différents : en Floride, le 4 août (sur une population de près de 22 millions d’habitants), il y avait 367 015 cas actifs, contre 813 039 le 4 février (cf. www.worldometers.info/coronavirus/usa/florida/). Et en Alabama, il ne fait aucun doute que le nombre de personnes infectées et malades augmente, mais à la fin du mois de juillet, on comptait environ un millier de patients hospitalisés dans tout l’État (qui compte près de 5 millions d’habitants), tandis qu’en décembre, ils étaient encore plus nombreux à se trouver uniquement en soins intensifs (cf. www.al.com/news/2020/12/alabama-hospitals-filling-up-fast-montgomery-fills-every-icu-bed). Sans compter qu’en Utah, « les non-vaccinés meurent en masse » : les chiffres officiels nous apprennent que sur 3,2 millions d’habitants, environ 1,7 million ont reçu au moins une dose de vaccin. Selon Avvenire, il y aurait donc 1,5 million de personnes qui « meurent en masse ». Mais au total, 2 486 personnes sont mortes dans tout l’État depuis le début de la pandémie (cf. coronavirus.utah.gov/case-counts/).

Mais ce n’est que le début, le meilleur est encore à venir. Car l’histoire du débat entre médecins sur la prise en charge des personnes non vaccinées tourne autour du témoignage d’un médecin du Grandview Medical Center de Birmingham, en Alabama : Britney Cobia. Récemment, de nombreux médias ont rapporté le témoignage qu’elle a publié sur Facebook, dans lequel elle parle des nombreux jeunes qui n’ont pas été vaccinés et qui, un pied dans la tombe, demandent une dose – mais « maintenant il est trop tard ». Le correspondant d’Avvenire ne se contente pas de reprendre cette histoire, il l’interviewe même. Dommage, cependant, que ce soit un personnage très enclin aux histoires « édifiantes » et que ce qui est raconté ici ne se reflète pas dans les données. Par exemple, toutes ces personnes jeunes et en bonne santé qui meurent dans les hôpitaux de l’Alabama n’apparaissent pas dans les statistiques (cf. www.alabamapublichealth.gov/covid19/assets) ; et même, d’avril à juillet, aucun décès de moins de 50 ans n’a été enregistré, à l’exception de 18 décès dans la tranche d’âge 40-49 ans (cf. www.facebook.com…).

Mais si nous élargissons la recherche, nous découvrons qu’en juillet 2020, Britney a raconté une autre histoire édifiante : c’est-à-dire elle, qui était enceinte de 27 semaines, et toute sa famille on attrapé le Covid pour avoir eu l’imprudence de ne pas porter de masque lors d’un repas familial en plein air. D’où l’appel à tous à porter un masque. Et avant cela, sur Facebook, elle s’est faite la championne du lockdown et de la campagne « Restez à la maison ». Bref, c’est une militante pure et dure qui invente des histoires plausibles pour atteindre son objectif. Au passage, il faudrait aussi expliquer, sans se demander si elle est vraiment médecin, pourquoi son nom n’apparaît pas sur le tableau du Grandview Medical Center, où l’on trouve par contre son mari Miles.

En bref, tel serait le grand débat en Amérique sur le traitement des non-vaccinés, une militante exaltée qui raconte des mensonges pour encourager les gens à se faire vacciner. Et pour en rajouter une couche, l’article d’Avvenire cite un autre médecin de Grandview, David Wilhelm, qui « admet être frustré » et utilise donc tous les moyens disponibles pour multiplier les appels à la vaccination, comme parler aux membres de la famille lors de la signature du certificat de décès. Dommage que la phrase attribuée à Wilhelm appartienne elle aussi à Britney Cobia. Mais se servir encore de son nom aurait semblé louche, on a donc mis le nom de Wilhelm, qui était en fait lié à l’article de Cobia contenant des données pro-vaccination.

Et dire qu’hier encore, répondant à un lecteur, le directeur du journal des évêques, Marco Tarquinio, lui conseillait de « toujours utiliser des sources d’information de qualité ». Pour être cohérent, il devrait inviter les gens à ne pas lire Avvenire.

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