Luisella Scrosatti revient sur les propos honteux, indignes de sa charge, tenus dans l’avion de retour de Brastilava, y compris l’incroyable affront au cardinal Burke (un débordement qui, par sa méchanceté gratuite, renvoie à la claque à la pélerine chinoise du 31 décembre 2019). François ne fait même plus semblant. Et il persiste à être « Bergoglio » plus que « François le Pape », imposant ses propres idées à un troupeau désorienté qu’il a renoncé à « confirmer dans la foi », démolissant inlassablement le Pontificat de ses prédécesseurs.

Un pape hilare devant « son » public préféré.

La papauté humiliée

Luisella Scrosatti
La NBQ
17 septembre 2021
Ma traduction

Sans parler de l’interview récente, la démolition systématique des pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI a désormais ouvert la voie à l’idée que le pape n’est plus le gardien de la foi, ni celui qui confirme ses frères, mais celui qui agit selon ses propres désirs et sa propre sensibilité et exige d’être obéi, sans se soucier de faire preuve de continuité avec ses prédécesseurs.

Une grande tristesse sur le plan humain, un scandale (au sens premier du terme) sur le plan doctrinal. Quelle que soit la manière dont on l’envisage, la dernière sortie du pape François lors de la conférence de presse qui a suivi son retour de voyage en Hongrie et en Slovaquie ne peut qu’inspirer peine et tristesse.

Que des questions particulièrement importantes soient abordées par Bergoglio avec la même superficialité qu’une discussion de bar n’est pas nouveau, mais cette fois, on a dépassé toutes les limites. Qu’un pape pense certaines choses est grave; qu’ensuite il les dise en se gaussant de nous, c’est déconcertant.

C’est la papauté qui sort humiliée et avilie par le ‘Bergoglio style‘, bien que certains aient tenté de réparer les dégâts, soulignant que le pape, pourtant, a aussi condamné l’avortement comme un meurtre. Et bien sûr, il l’a fait. A juste titre, François a rejeté l’idée que l’on puisse tuer une personne innocente pour résoudre un problème. S’il avait souligné, en même temps, que c’est exactement la logique qui sous-tend une grande partie de l’industrie pharmaceutique, en particulier celle liée à la production de vaccins, il aurait donné un signe de cohérence et de courage. Il aurait également été cohérent avec le document de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qu’il a lui-même autorisé, qui condamne au moins « l’utilisation de lignées cellulaires provenant de fœtus avortés ». Cela aurait pu être une bonne occasion de demander « aux entreprises pharmaceutiques et aux agences de santé gouvernementales de produire, d’approuver, de distribuer et de proposer des vaccins éthiquement acceptables qui ne créent pas de problèmes de conscience, ni pour les professionnels de santé ni pour les personnes vaccinées elles-mêmes ». Mais non, pas un mot.

Par contre, beaucoup de propos déplacés. Comment est-il possible qu’un pape se mette à traiter un cardinal de « négationniste » – et nous savons tous très bien de qui il s’agit – en se moquant du fait que le destin l’a conduit à l’hôpital avec le Covid ? Montrant ainsi que les prêches sur la miséricorde, le pardon et la tendresse laissent très vite place à la vindicte.

Comment est-il possible qu’un pape puisse ridiculiser les objections et les réserves concernant la vaccination contre le Covid-19, en prononçant des phrases confuses, incompréhensibles, banales, en s’étonnant de la bizarrerie de personnes qui, tellement habituées à vivre avec les vaccins, ont maintenant – allez savoir pourquoi – des difficultés à se faire injecter ces nouvelles préparations miraculeuses ?

Laissant pieusement de côté la boutade sur le Jésus juif, comment est-il possible qu’un pape, lorsqu’on lui demande s’il a déjà refusé l’Eucharistie à des personnes en état de péché public manifeste, en l’espace de quelques minutes, puisse d’abord se vanter de n’avoir jamais refusé la Communion à personne, puis affirmer qu’il faut appartenir à une communauté – mal définie – pour la recevoir ? Et comment est-il possible pour un pape de contredire ouvertement sur les unions civiles ce que le Magistère a déjà établi sur la question, en laissant prévaloir ses opinions personnelles ?

Ce n’est certainement pas le cardinal Burke, ou quiconque d’autre dans le collimateur, qui est humilié par une telle interview. Plus de huit ans après l’élection du pape François, c’est avant tout la papauté qui est humiliée.

En dehors de cette interview, la démolition systématique des pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI a désormais rendu possible l’idée que le pape n’est plus le gardien de la foi, ni celui qui confirme ses frères, mais celui qui agit selon ses propres désirs et sa propre sensibilité et exige d’être obéi, sans se soucier de montrer sa continuité avec ses prédécesseurs. Au contraire. Il n’est plus lien d’unité, mais principe de division, qui, par ses paroles, crée continuellement des étiquettes clivantes pour marquer les frères qu’il est censé conduire à l’unité et blesser les brebis qu’il est censé soigner et surveiller.

Humiliation aussi pour l’Église, réduite à un parti politique médiocre, à la recherche du consensus médiatique et non plus celui du Christ. Les paroles de son pasteur suprême ont désormais la même valeur que les propos tenus dans les bars et l’Épouse du Christ est par conséquent considérée comme l’une des nombreuses agences philanthropiques. Et même pas la plus efficace.

Bien sûr, couvrir la nudité du père (cf. Gn 9, 20-23) est une bonne chose; mais nous devons nous demander si nous sommes face à une ivresse accidentelle, non fautive, comme celle de Noé, ou à l’humiliation systématique et délibérée de tout ce qui est sacré, vrai et juste. Le Souverain Pontife est le premier à devoir renoncer à lui-même, pour avoir la pensée du Christ. Comme tout chrétien, plus que tout chrétien, le Pape ne s’appartient plus. Et à chaque fois qu’il veut mettre sa propre opinion au-dessus de celle du Christ, il trahit la volonté du Seigneur, sa mission, et l’Eglise toute entière.

C’est parce que François veut continuer à être Bergoglio que les fidèles sont désorientés, et que leur cœur, chaque fois plus, se remplit de tristesse.

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