(Mise à jour le 27). Notre Macron national, qui rêve d’un grand destin européen, et qui dans l’immédiat croit pouvoir ainsi draguer un électorat catho bien fragmenté, s’est vu concéder aujourd’hui au Vatican « pour la deuxième fois de son mandat » (ont souligné les médias flagorneurs) une audience du Pape. Fait insignifiant, qui n’intéresse pas grand monde, surtout pas moi, compte tenu de la personnalité des deux interlocuteurs. Mais qu’on (et surtout qu’il) le veuille ou non, le Pape représente plus d’un milliard de catholiques, et il est le Vicaire du Christ sur cette terre. Excusez du peu. Ceci exige donc un minimum de respect. Or (j’utilise à dessein des majuscules) MACRON A TUTOYÉ FRANÇOIS. J’avoue que les bras m’en tombent, même si je n’attends plus rien de ce pontificat. C’est à mon avis la seule chose à retenir de la rencontre.

À l’issue de la rencontre, lors de l’échange des cadeaux, Emmanuel Macron a présenté au pontife une première biographie de saint Ignace, le fondateur de la Compagnie de Jésus – dont le pape a été membre. « Un petit livre sur Ignace de Loyola que tu connais mieux que moi », a alors plaisanté Emmanuel Macron, tutoyant donc l’évêque de Rome. Amusé, le pape a confirmé d’un « oui ».

Au moment de se dire au revoir, les deux hommes se sont tenu les mains. Emmanuel Macron a alors confié au pape : « Je t’ai fatigué avec toutes ces histoires ». Et le pontife de répondre : « Tu ne m’as pas fatigué ». Remerciant le chef de l’Église catholique, le président de la République a conclu : « Merci de ta patience ».

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Aleteia

Pour mémoire, le général de Gaulle a été reçu par Jean XXIII le 27 juin 1959.
Un reportage et une video du l’INA illustrent la rencontre Le général est en grande tenue, frac et grand collier de la légion d’honneur, insigne de sa fonction, et en arrivant devant le Pape, il s’agenouille. Bref, une fois de plus, « c’était mieux avant »…

Mise à jour

L’hispanophone Carlota m’envoie une précision savante que je m’empresse de reproduire par souci de vérité. Peut-être Macron a-t-il voulu faire étalage de sa connaissance de l’Espagnol littéraire et des usages protocolaires . Une cuistrerie qui lui ressemblerait assez. Mais si j’en juge par les titres de la presse, il n’a pas été compris. Ce n’était pas nécessaire.

Dans le parler familier en Argentine en particulier, on utilise le pronom VOS au lieu de TU : Vos sabes – toi, tu sais  (au lieu de : tú, sabes en castillan d’Espagne. Le « VOSEO » sud-américain au lieu du « TUTEO » habituel.

Par contre quand le VOS est avec un verbe à la deuxième personne du pluriel, il correspond à une forme archaïque très protocolaire du bon espagnol d’Espagne, exemple:  « Vos, majestad, sabéis », Votre Majesté, vous connaissez (au lieu de l’habituel « Señor, Usted sabe » qui conserve la troisième personne du singulier, – comme l’utilisation de la troisième personne par un majordome très stylé en français, mais qui est une forme habituelle et courante en espagnol dès que l’on dit vous à quelqu’un) –  Donc dans la forme très protocolaire, la 3ème personne singulier habituel « sabe », est remplacée par une deuxième personne pluriel, « sabéis » mais correspond bien à une forme au singulier. Quelqu’un aurait-il cru qu’il s’agissait du tutoiement familier argentin, à la place de la forme très protocolaire espagnole?

Quoi qu’il en soit, je ne pense pas que Macron a parlé pendant une heure  de conversation tout en espagnol, et en plus en espagnol protocolaire ! Pour l’instant je n’ai rien vu sur les sites hispanophones sur  ce tutoiement. De toute façon quelqu’un de bien élevé, même quand il est tutoyé par un vieillard, eu égard au respect de facto de la différence d’âge, ne tutoie pas son interlocuteur.

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Carlota
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