L’obsession immigrationiste du Pape (sur laquelle revient ici Marcello Veneziani) au détriment de la sollicitude pour les brebis que lui a confiées le Seigneur, est devenue simple routine. Elle lui assure la sympathie du « monde » et cela lui suffit. Ses dernières déclarations datent de sa visite du camp de Lesbos, lors de son voyage en Grèce le 5 décembre dernier. Du passé, donc, dans la course à la nouvelle à laquelle se livrent les médias. Mais d’une actualité permanente (parions sans grand risque que le prochain épisode sera le salut « urbi et orbi » du 25 décembre)

Le Commissaire Bergoglio et le troupeau perdu

En ce jour de l’Immaculée Conception [8 décembre], il est légitime de se demander : un pape peut-il réduire tous les problèmes de la foi et de l’humanité aux migrants et à leur sauvetage ? Un pape devrait avoir à cœur le sort de l’humanité entière, et en particulier du peuple chrétien dont il est le pasteur. Au lieu de cela, Bergoglio s’occupe exclusivement et de manière obsessionnelle de ceux qui se déplacent et cherchent refuge et réconfort en Occident ; presque jamais des chrétiens, souvent des musulmans. Les migrants sont une petite minorité sur la planète par rapport aux « autres » qui sont plus de sept milliards à la surface du globe ; ceux-ci le sont par choix ou par nécessité, par fidélité à leur destin et à leur patrie, ou parce qu’ils n’ont pas la force, la santé ou les ressources minimales pour partir. Bien sûr, il est plus facile d’embrasser en caméra cachée un enfant noir débarqué parmi les migrants à Lesbos que de se rendre auprès des enfants qui luttent contre la faim, la mort et l’oppression dans leur propre pays. Mais pour un enfant débarqué en Occident, il y en a au moins mille qui ont besoin de tout dans leur propre pays. Est-il possible alors que le seul message qui nous est adressé, à nous Européens et Occidentaux, soit d’accueillir les migrants ? De notre vie, de notre destin, Bergoglio ne s’en occupe jamais, sinon pour dire sa honte de notre civilisation et remédier à notre mauvaises conscience d’européens

Après un tweet sur ce sujet, parmi beaucoup de consensus, une personne à la mémoire courte et à l’esprit fermé aux dogmes progressistes m’a accusé de ne pas comprendre la parabole évangélique de la brebis perdue. Et il m’a objecté que Bergoglio s’est « retrouvé » à Lesbos face aux migrants, et qu’il ne pouvait donc sûrement pas se taire. Commençons par dire que Bergoglio « ne s’est pas retrouvé » là par hasard, mais qu’il s’est rendu à Lesbos exprès, précisément pour faire son habituel sermon sur les migrants ; ce n’était pas un message de circonstance, mais c’est LE message papal qui passe toujours dans les médias et que Bergoglio répète depuis Saint-Pierre et partout ailleurs.

Deuxièmement, la parabole du bon pasteur qui se préoccupe de la brebis égarée, plutôt que du troupeau, est complètement déplacée dans ce cas. Il n’y a pas de brebis perdue à récupérer, éventuellement des « brebis » qui veulent rejoindre le troupeau. Mais le problème n’est pas la brebis perdue ; le problème ici est tout le troupeau perdu. Qu’est-ce que le troupeau ? Si nous nous référons au monde, c’est la vaste humanité des personnes qui restent, qui sont mille fois plus nombreuses que les migrants et vivent dans des situations encore pires que ceux qui ont au moins eu la chance de quitter leur patrie. Si, par contre, on se réfère aux croyants ou ex-pratiquants auxquels un pape doit consacrer sa mission pastorale, il y a tout un troupeau perdu pour la foi, avec des églises vides, une déchristianisation galopante, des dévotions et des vocations qui s’effondrent, et des pratiquants désorientés par le nouveau cours papal. Ils ont besoin de soins, d’apostolat et de protection, mais Bergoglio ne se soucie pas d’eux.

Il y a aussi les persécutions subies par les chrétiens du monde entier qui passent inaperçues aux yeux de leur Père et Pasteur. Selon les données recueillies par l’OSCE et publiées il y a quelques jours, les crimes contre les communautés chrétiennes dans le monde ont doublé d’une année sur l’autre. En 2020, il y a eu environ un millier d’attaques contre des églises, 980 pour être précis, y compris des tentatives d’incendie, des profanations, du vandalisme, des attaques contre des prêtres et des écrits menaçants sur les lieux saints. En 2019, il y avait eu deux fois moins d’incidents et d’actes d’intimidation, 595 pour être précis. Et il y a de nombreuses attaques contre les biens des chrétiens. Et ne parlons pas des massacres. Nous ne semblons pas avoir trouvé trace de tout cela dans les discours, les appréhensions, les dénonciations et les avertissements de Bergoglio.

Le pape Greto Raketo I [ndt: Greto… sans commentaire. Raketo fait référence à l’activiste allemande Carola Rackete, connue pour avoir forcé le blocus italien en juin 2019, aux commandes du navire humanitaire Sea-Watch 3] s’occupe du climat et des migrants, du reste, il se soucie peu. Et dans les rares cas où Bergoglio aborde autre chose, par exemple la défense de Noël, l’avortement ou d’autres questions brûlantes, les médias le passent sous silence [il le sait pertinemment, et il en joue! ndt], préférant transmettre et souligner chaque jour l’éternel mantra sur les migrants et l’attaque politique continue de Bergoglio contre le souverainisme, le nationalisme et le populisme. A quoi il ajoute parfois les pouvoirs supranationaux qui piétinent les peuples et les démocraties. Comment ne parvient-il pas à comprendre ou savoir que les souverainistes réagissent précisément à ces pouvoirs mondialistes, ils sont leurs adversaires, peut-être inadéquats, mais certainement pas leur émanation ? S’agit-il d’ignorance politique, d’incapacité à comprendre la réalité, ou de mauvaise foi, de démagogie, étant donné qu’en fin de compte il est du même côté que les pouvoirs mondiaux qu’il critique?

Bergoglio renverse le travail des missionnaires : eux sacrifient leur vie et la mettent en danger en se rendant sur place pour soigner, aider et peut-être même convertir les populations qui vivent dans la misère et le mal. Lui, en revanche, lance le message inverse : quittez votre terre, vos familles, vos vieux et venez dans l’Occident tant détesté qui a le devoir de vous accueillir. Si vous me permettez, j’admire les missionnaires qui portent ces drames sur leurs épaules et non ceux qui les déversent sur les États et les peuples occidentaux. C’est d’eux que je tire des leçons d’humanité et d’humilité, et non du Haut Commissaire aux incitations à la migration, du haut de son siège bien protégé par les murs du Vatican.

Bien sûr, personne ne conteste qu’un pape exhorte les gens à être charitables et accueillants, comme d’autres papes l’ont également fait, en particulier Jean-Paul II. Et sa condamnation de l’égoïsme et de la primauté absolue du profit est sacrée. Ce n’est pas la préoccupation d’un pape pour les migrants qu’il faut déplorer, mais la priorité absolue, la réduction du pontificat au seul thème de la migration, à l’heure de la déchristianisation universelle et du nihilisme mondial, tant éthique que pratique. Bergoglio sait-il qu’un pape est le vicaire du Christ et non de Gino Strada?

Marcello Veneziani, La Verità, 8 décembre 2019

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