Rapportée par l’impitoyable Andrea Cionci. D’un blogueur américain encore plus impitoyable, qui ne cite malheureusement pas sa source, nous apprenons que le pape serait un passionné de musique classique, et qu’il possède une collection de 2500 CD. A qui fera-t-on croire cela? A l’évidence, François souffre d’un complexe d’infériorité culturelle (alimenté par l’immense érudition de son prédécesseur) et son équipe de communicants tente maladroitement de combler ce déficit en lui inventant un profil culturel (ici de mélomane), comme ils l’avaient déjà fait en 2015 avec la complicité du Corriere en commercialisant sous le titre « La Biblioteca di Papa Francesco » une collection d’ouvrages censés être ses livres de chevet (parmi ceux-ci, le Maître du Monde, de Benson!)

La « visite surprise » de Bergoglio (avec un photographe du Vatican sur le qui-vive). Les trucs du pape François

www.liberoquotidiano.it/articolo_blog/blog/andrea-cionci

On se demande quelle opinion ils ont de leurs lecteurs, à Vatican News. Lisez ICI leur reportage de la visite surprise « spontanée et informelle » du pape François à ses amis du magasin de disques Stereosound au Panthéon.

Par chance, « le directeur de Rome Reports, Javier Martinez Brocal, écrit l’agence du Vatican, se trouvait par hasard dans les parages, il a donc immortalisé le Pape partant avec le sac cadeau sous le bras et a diffusé la photo sur les réseaux sociaux, où elle est devenue virale en un peu moins de trente minutes ».

Un simple clic suffit pour découvrir que Brocal est le photographe-biographe de Bergoglio et que Rome Reports est son agence de presse hispanophone qui suit le Vatican.

Mais au nom du ciel, directeur Tornielli, ne pouviez-vous pas au moins faire diffuser la photo par un type lambda?

Comment Bergoglio peut-il être « un homme d’une extraordinaire simplicité », (comme le dit le reportage), si son photographe était à l’affût pour le filmer à la sortie du magasin ? Voulez-vous vraiment nous faire croire que dans une ville de 2,8 millions d’habitants, d’une superficie de 1285 kilomètres carrés, en l’espace de 15 minutes, le pape et son journaliste-biographe personnel se sont par hasard rencontrés ?

Cette comédie est en train de se terminer vraiment mal, vous allez voir.

Il y a deux jours à peine, ICI nous avons publié un article sur les techniques de manipulation médiatico-émotionnelle de Bergoglio. Que fait-il, le même après-midi ? Une visite « improvisée » dans le centre de Rome, sans escorte (visible), avec la Fiat 500 blanche, pour aller chez le disquaire.

Ce n’est pas la première fois ; en 2015, il s’était rendu dans un magasin d’optique en disant : « Je ne veux pas d’une nouvelle monture, seuls les verres doivent être refaits. Je ne veux pas de dépense. Qu’y a-t-il d’extraordinaire? ». En effet, Excellence, avec seulement 22 millions d’euros sur votre compte personnel, il ne s’agit pas d’en rajouter. En 2016, la même chose s’est produite dans un magasin de chaussures, mais là au moins ils avaient eu la prévoyance de laisser « les employés du magasin » diffuser les photos.

Or, ceux qui connaissent un peu l’histoire savent que la « promenade surprise informelle » parmi le peuple est l’une des astuces de communication les plus vieilles et les plus abusives utilisées par les gouvernants (souvent pas trop démocratiques) pour la captatio benevolentiae la plus immédiate du petit peuple et des médias. En fait, le refrain était unanime : « Vous l’avez vu ! Le Pape ! Mais c’est l’un des nôtres ! Il se promène comme n’importe quel autre citoyen ! Comme il est démocratique : voyez son extraordinaire humanité, sa simplicité, sa proximité avec le peuple….. puis avec la petite voiture, la 500… » etc.

Vous souvenez-vous d’un certain signore chauve, torse nu et avec son mouchoir noué sur la tête, qui accompagnait les moissonneurs pour faucher les champs? [ndt: il s’agit de Mussolini dans les année 20, épisode connu sous le nom de « bataille du blé », cf fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_du_blé]. Au moins, dans ce cas, il y avait une justification : la bataille du blé, contre les sanctions, etc. Récemment, avec les distances sidérales qui s’imposent, nous pourrions citer la scène péniblement montée de Matteo Renzi au supermarché en jeans.

Le mécanisme psycho-démagogique élémentaire est cependant toujours le même : ce n’est pas le dirigeant qui « s’abaisse », mais c’est lui qui « élève les autres » à son niveau. Il les fait se sentir gratifiés, excités, honorés. Et puis, quand il s’agit d’une figure traditionnellement inaccessible qui rompt le protocole et est entourée d’une aura de sacralité comme le pape, imaginez un peu. Pouvez-vous imaginer saint Jean-Paul II ou Benoît XVI organisant ces manigances ? Cessons de plaisanter, par pitié…

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