Un livre-témoignage sorti en 2019 (dans une grande discrétion: ce n’était pas un sujet pour les médias mainstream…) sous le titre Traiciones sacradas racontait l’histoire d’une escroquerie dont avait été victime la veuve de l’ambassadeur du Honduras près le Saint-Siège [*], escroquerie dans laquelle le cardinal Maradiaga, très proche conseiller du Pape, était impliqué – et même mouillé jusqu’au cou. Il sort aujourd’hui en anglais. Cela lui donnera-t-il une audience plus vaste, au moment où le Vatican se débat entre les scandales financiers (entre autres) et que François proclame urbi et orbi sa volonté de lutter contre la corruption?

De plus en plus de scandales seront démasqués parce que le temps est comme la mer, qui ramène tout au rivage, des bouteilles aux cadavres.

(*) Voir à ce sujet sur ce site:

Trahisons sacrées. La veuve Alegria et les accusations au cardinal Maradiaga, protégé par François

Le 10 avril 2019 j’ai présenté sur Duc in Altum l’histoire de Martha Alegría Reichmann, veuve d’Alejandro Valladares, pendant vingt-deux ans ambassadeur du Honduras auprès du Saint-Siège. Une histoire racontée dans le livre Traiciones sacradas, dans lequel l’auteur n’hésite pas à parler du cardinal Óscar Andrés Rodríguez Maradiaga, l’un des cardinaux les plus proches de François, comme d’un homme à la double personnalité, qui s’est assuré l’impunité précisément grâce à la protection du pape.

Quelle est l’accusation portée contre Maradiaga ?

Tout a commencé en 2012, raconte-t-elle, quand Maradiaga les a encouragés, elle et son mari, à investir une importante somme d’argent, pratiquement toutes les économies du couple, dans un fonds d’investissement britannique géré par un ami musulman du cardinal. Une mauvaise idée. Car le gestionnaire, après avoir empoché l’argent, disparaît dans la nature. Et le pécule, aussi.

Alegría se tourne donc vers le pape. Ils se rencontrent au Vatican, se parlent. François lui assure qu’il va s’en occuper. Mais rien ne se passe: l’argent n’a pas réapparu et Maradiaga n’a pas été appelé à rendre des comptes. Commentaire de la dame : « C’est une honte. Mon mari et moi avons accueilli Maradiaga dans notre maison pendant quarante ans, et c’est ainsi qu’il nous a remerciés. Il nous a trahis, il nous a détruits ».

Le diocèse de Tegucigalpa est dans l’œil du cyclone également pour une autre histoire. Elle concerne l’évêque auxiliaire de Maradiaga, Mgr Juan Pineda, accusé de faits graves (abus sexuels sur des séminaristes, malversations financières) par certains témoins qui ont parlé sous serment à l’évêque argentin Jorge Pedro Casaretto, envoyé du pape au Honduras en tant que visiteur apostolique pour enquêter.

L’amitié entre Maradiaga et Alejandro Valladares était profonde. Alegría raconte qu’après le conclave de 2013, le cardinal s’est rendu chez eux et s’est vanté d’avoir été celui qui a convaincu Bergoglio d’accepter l’élection.

Maradiaga, qui, selon Alegría, a également été accusé de recevoir d’importantes sommes d’argent (quelque chose comme 35 mille euros par mois) de l’Université catholique de son diocèse mais il nie et dit que l’argent a été remis aux pauvres) n’a plus rien voulu savoir d’elle après la malheureuse affaire de l’épargne disparue. Il lui a remis une somme pour entamer une action en justice contre le gestionnaire volatilisé, mais a demandé en retour de ne jamais être mentionné.

Interviewée par Edward Pentin pour le National Catholic Register, Alegría a expliqué pourquoi elle a choisi Trahisons sacrées comme titre du livre : « J’ai été trahie par des personnes qui ont une investiture sacrée: l’ancien évêque Juan Josè Pineda, le cardinal et le pape François. Trois personnes en qui j’avais une confiance aveugle. »

Selon l’auteur, le livre a été écrit pour révéler le « côté obscur » de Maradiaga et la façon dont le Vatican a manœuvré pour le tenir à l’écart du scandale.

« Je suis juste une veuve à laquelle ni Maradiaga ni François n’ont accordé d’importance, parce qu’ils ne suivent pas l’Évangile comme ils le devraient. Il semble que les enseignements du Christ soient passés de mode et que le diable règne. Les raisons de cette terrible situation sont révélées dans mon livre, et c’est quelque chose d’effrayant. Maradiaga est très puissant car il a le soutien absolu de quelqu’un de beaucoup plus puissant, qui est le pape François. »

Aujourd’hui, sous le titre Sacred Betrayals, le livre sort en anglais, publié par Faithful Insight Books, la marque d’édition de LifeSiteNews, avec une préface de Monseigneur Carlo Maria Viganò.

Sacred Betrayals relate le combat d’Alegría Reichmann pour obtenir justice pour elle et sa famille et pour avertir l’Église catholique de la corruption du cardinal le plus influent et le plus puissant du pape François.

Philip Lawler, rédacteur en chef de Catholic World News, écrit :

« Ce livre est de la dynamite! Le témoignage convaincant de Martha Alegria Reichmann – une veuve trahie par un cardinal puissant qu’elle considérait autrefois comme un ami proche – a le pouvoir de briser le mur du silence qui protège le cardinal Óscar Rodríguez Maradiaga, et d’exposer la corruption qui s’étend jusqu’au sommet du Vatican. »

Outre le pape François et le cardinal Maradiaga, Sacred Betrayals raconte l’implication d’autres hauts responsables de la curie, dont le cardinal Pietro Parolin et le cardinal Marc Ouellet, qui ont semblé impuissants à poursuivre Maradiaga en raison de la protection accordée au cardinal hondurien par François.

Dans la préface, l’ancien nonce apostolique aux États-Unis, Carlo Maria Viganò, écrit :

« Le témoignage d’Alegría sur l’implication de leur famille par le cardinal Maradiaga dans un montage financier frauduleux, ainsi que sa défense et les dissimulations de son évêque auxiliaire, sont profondément scandaleux. Plus inquiétant encore est sa révélation de la façon dont François continue de protéger Maradiaga malgré tous les méfaits dont le cardinal est personnellement responsable. »

Les accusations d’Alegría Reichmann font suite à l’explosion des scandales financiers et moraux au Vatican. Mais si quelques têtes sont tombées, le cardinal Maradiaga continue d’être défendu par le pape François.

« Le pape est déterminé à soutenir et à couvrir Maradiaga, sachant sa corruption et tout ce dont il est accusé, et qu’il a lui-même vérifié à travers les enquêtes de son ami Pedro Casaretto », écrit Alegría Reichmann, qui ajoute qu’elle croit que « de plus en plus de scandales seront démasqués parce que le temps est comme la mer, qui ramène tout au rivage, des bouteilles aux cadavres. »

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