Quatrième vague, troisième dose de vaccin, seuil d’immunité fixé à 70, puis 80, puis 90% de vaccinés: la barre est toujours plus haut, elle s’élève au fur et à mesure que les échecs se succèdent, et on n’en sort pas. Ne serait-il pas temps que les autorités sanitaires et politiques admettent enfin qu’elles se sont trompées depuis le début, et qu’elles ont emprunté la mauvaise route? A moins bien sûr qu’elles NOUS aient trompé sciemment, montant à nos dépens « une escroquerie universelle, une fraude colossale » (hypothèse « complotiste » mais de moins en moins invraisemblable). Tout cela s’accompagnant d’une censure impitoyable sur les réseaux sociaux – « seul endroit où la dissidence privée devient publique ». Le billet d’humeur de Marcello Veneziani dans La Verità.

Vague après vague, il nous emporte à la dérive

La quatrième vague de covid annoncée en fanfare par les médias [ndt: en France, ne parle-t-on pas déjà de la cinquième?]; le troisième vaccin en l’espace de six mois prescrit à presque tout le monde avec une campagne martelante ; le taux de 90% de vaccinés indiqué comme le nouveau seuil d’immunité, après 70% et 80% ces derniers mois ; la troisième année de pandémie et d’urgence qui s’annonce avec certitude et appréhension : est-il possible d’émettre le doute que quelque chose ne va pas, que les autorités publiques, politiques, administratives et sanitaires, et leurs coryphées médiatiques, ont échoué de manière retentissante à relever le défi de la contagion et du traitement, considérant que la barre est toujours relevée et le salut toujours repoussé ? Ou bien toute la responsabilité, toute l’attention et toute la condamnation doivent-elles être concentrées sur l’infime minorité qui n’a pas été vaccinée et qui se rebelle contre le green pass, avec des manifestations que les médias eux-mêmes considèrent comme sans importance et rassemblant deux malheureux pelés?

Dans cette pandémie, j’avais décidé de suspendre tout jugement, car je ne me considérais pas capable d’exprimer des opinions claires et autorisées sur la question ou d’indiquer des solutions alternatives ; avec toutes les perplexités que je n’ai cessé de cultiver, j’ai continué à contrecœur à suivre les prescriptions et les proscriptions imposées. Avec une seule recommandation : élargir plutôt que restreindre les champs de recherche et d’expérimentation, ne pas se limiter aux vaccins mais investir davantage dans les traitements pour éradiquer ou neutraliser le virus. En bref, attaquer le covid sur plusieurs fronts, en amont et en aval. Personnellement, ma stratégie de survie a consisté à éviter tous les programmes télévisés sur le sujet, et à changer de chaîne ou de média dès qu’apparaissait l’image pieuse du virologue de service et des 101 virologues adjoints. Je n’ai pas l’intention d’enseigner son métier à qui que ce soit. Je n’ai donc aucune thèse préconçue, aucune solution alternative, aucune envie de conspirer.

Mais quand on se lève le matin du 5 novembre 2021 et qu’on voit que la principale manchette des principaux journaux et médias italiens porte sur la quatrième vague, sur l’euroterrorisme, sur le danger venant de l’Est (où, du reste, les douze pays européens coupables de vouloir rétablir les frontières pour endiguer l’immigration sont déjà sous observation), alors on se dit : en voilà assez, on ne peut plus continuer, on ne peut pas maintenir l’humanité dans une cage de terreur, d’obligations et d’interdictions pendant si longtemps, en déplaçant continuellement les objectifs à atteindre, et en rejetant toute la responsabilité sur les quelques personnes qui ne suivent pas les chemins obligatoires. Si, au bout de vingt mois, un virus n’est pas éradiqué malgré le fait que 80 % de la population soit vaccinée, et même deux fois, si le covid est toujours virulent et dangereux, voulons-nous dire que nous sommes face à une défaite, voire à un échec sans précédent des classes dirigeantes et des forces sanitaires, pharmaceutiques et administratives? La multiplication des doutes à ce stade est plus que légitime : la voie prise sans aucun  » si  » ni  » mais « , imposée aux quatre cinquièmes de la population, sachant que la moitié du cinquième restant est constituée d’enfants, était-elle vraiment la bonne ? Un virus qui passe le cap des deux ans, dites-le moi car je ne le sais pas, a-t-il des précédents ? Ou, si vous voulez, je reformulerai la question : est-il concevable qu’à l’aube de la troisième année de covid, il faille encore mettre en place, intensifier et amplifier les vaccins, les contrôles et les alertes, sans envisager de solutions alternatives ou complémentaires ? Et, frisant le blasphème, le sacrilège contre le dieu vaccin : et s’il y avait un lien entre les variants et les vaccins, nonobstant les démonstrations que la contagion touche particulièrement ceux qui n’ont pas été vaccinés ? Doit-on considérer comme normal que les virologues poursuivent leurs travaux et se projettent non pas l’année prochaine mais même en 2023, ce qui était une manière proverbiale d’indiquer un avenir lointain, en prédisant qu’ils nous donneront cette année-là un vaccin multitâche, global, prodigieux, dont un antigrippal ? Si après six mois nous en sommes à notre troisième vaccin, après vingt-quatre mois nous en serons à notre douzième dose ? Sommes-nous entrés dans une serial horror, une escroquerie universelle, une fraude colossale, ou quoi ? Face à un échec aussi flagrant, les doutes sont légitimes, notamment celui d’avoir pris une mauvaise route, en plus d’avoir fait confiance à des parcours sanitaires et pharmaceutiques erronés ou inadéquats.

Le drame, je dois l’admettre, c’est que nous ne sommes pas en mesure de proposer une autre solution organique, et que nous n’avons pas les pouvoirs, la parole, les moyens et les conditions pour indiquer d’autres voies ou corriger les voies actuelles.

Toutefois, nous devons surveiller de très près ce passage délicat où le régime de surveillance sanitaire s’étend automatiquement à d’autres sphères civiles, culturelles, politiques et sociales. La vague répressive et libertaire qui déferle est impressionnante, elle déborde les frontières de la santé et se répand partout. Blackouts sur les réseaux sociaux, intimidations, censure partout et de nouvelles restrictions sont annoncées dans tous les domaines. Je le dis par expérience personnelle. Si l’on considère que les réseaux sociaux sont, pour le meilleur ou pour le pire, le seul endroit où la dissidence privée devient publique, c’est extrêmement grave. Rien qu’en effleurant certains sujets « sensibles » ou supposés tels, même en argumentant, sans insulter personne ni simplifier avec des thèses « outrancières », vous êtes immédiatement censuré et sanctionné. Et vous ne pouvez vous en prendre à personne car on vous dira que l’instigateur, c’est l’algorithme, donc la censure est anonyme, comme le gang des kidnappeurs. Anonyme, comme le covid. Dans tous les cas, la faute n’incombe pas à ceux qui utilisent ces agents anonymes pour canaliser et contrôler les gens, mais au hasard ou à la technique.

Si nous ne pouvons pas faire ou dire grand-chose dans le domaine sanitaire, surveillons au moins les frontières de notre liberté, de notre dignité et de nos droits. Gardons l’œil sur la douane, les masques idéologiques et les dérives des « vagues » sanitaires.

Bruno Lauzi chantait : « vague après vague, la mer nous emportera à la dérive, à la merci d’un destin bizarre et maléfique »…

MV, La Verità (6 novembre 2021)

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