Don Ariel S. Levi di Gualdo, prêtre et théologien italien déjà croisé dans ces pages ne mâche pas ses mots. Il y va fort (et, en passant, il est par moments très drôle) et ne craint pas d’utiliser un vocabulaire…. comment dire… viril, mais est-ce manquer de respect à François quand il s’obstine à se comporter comme Jorge Mario Bergoglio (cf. Le Souverain Pontife descend de son Trône), et non comme le Pape que d’écrire « Le pontife romain invité du talk show de la gauche baba cool de Fabio Fazio, qui depuis des années se fout de la gueule (prende per il culo – sic!) de la doctrine et de la morale catholiques »?

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Isola di Patmos

Quand un pontificat tragique finit en satire : le pontife romain invité du talk show de la gauche baba cool de Fabio Fazio, qui depuis des années se fout de la gueule de la doctrine et de la morale catholiques à travers Luciana Littizzetto.

Comment peut-on aller, ou comment peut-on être présent, même et seulement avec une connexion externe de quelques minutes – en fait, nous ne savons pas s’il sera dans le studio ou s’il sera connecté – sur un plateau où la vénéneuse Luciana Littizzetto a jeté des tombereaux d’excréments sur l’Église catholique et le clergé pendant des années, se moquant à tout bout de champ de la doctrine catholique, de la morale catholique et de la pastorale des évêques italiens ?

Je m’adresserai au Saint Père François en l’appelant Jorge Mario Bergoglio pour une logique toute ecclésiologique qu’il convient d’expliquer. Dans mes écrits et mes discours, dans mes homélies et mes conférences, je me suis toujours adressé au Successeur du Bienheureux Apôtre Pierre en l’appelant: Souverain Pontife, Pontife Romain, ou Saint-Père, parce que c’est ce qu’est actuellement François Ier dans la plénitude de son autorité apostolique légitime et indiscutable. Et c’est par cette grâce de Dieu, souvent intelligible à nos yeux de catholiques, que nous avons vécu de nombreux moments de ce pontificat comme un authentique malheur. Il faudra de nombreuses années, peut-être des décennies, pour pouvoir lire et ensuite comprendre comment Dieu nous a comblés de grâce à travers ce triste et malheureux pontificat, surtout aujourd’hui dans ses derniers et désespérants rebondissements. Souvent, au cours de l’histoire, la miséricorde de Dieu a accordé les meilleures grâces précisément à travers les malheurs. Un exemple : après la grande peste de 1348, appelée par les historiens la peste noire ou grande peste noire, qui est arrivée en Europe depuis la Chine – pour changer ! – qui a exterminé la moitié de la population de notre continent, la grande saison de la Renaissance a vu le jour un siècle plus tard.

Donc, si je dis Jorge Mario Bergoglio, c’est parce que j’entends faire une distinction claire entre l’homme et la fonction de Pontife Romain, pleinement conscient que la fonction est conférée à l’homme et que la plénitude du ministère pétrinien subsiste dans l’homme qui la détient. C’est une chose dont nous, prêtres et théologiens, sommes conscients, sachant très bien que Simon fils de Jonas (cf. Mt 15, 17) a cessé de l’être pour devenir Pierre, la pierre posée sur la pierre angulaire qu’est le Christ (cf. Ac 4, 11 ; Ep 2, 20) sur laquelle le Verbe de Dieu incarné a construit son Église (cf. Mt 16, 18-19).

Même si l’homme Jorge Mario Bergoglio était l’un des pires, voire le pire pontife de toute l’histoire de la papauté, nous tous, prêtres et fidèles, lui devons un respect dévoué et une obéissance filiale, toujours et quoi qu’il arrive. Digne ou indigne, il est le successeur légitime du bienheureux Apôtre Pierre, qui a reçu son mandat du Christ lui-même, le transmettant à tous ses successeurs, dont le Pontife régnant est le titulaire dans la ligne légitime de la succession apostolique. Le Pontife Romain, lorsqu’il s’exprime en matière de doctrine et de foi, jouit de l’assistance spéciale de l’Esprit Saint au point de se prononcer infailliblement. Cependant, lorsqu’il agit en tant qu’homme ou en tant que docteur privé, il peut prendre des mesures ou se laisser aller à ces expressions inappropriées, malheureuses et trompeuses auxquelles Jorge Mario Bergoglio nous a habitués au cours des neuf dernières années. Dans ce cas, il est soumis comme tout le monde aux critiques et aux reproches, car ni certains de ses zibaldoni [ndt: écrit, discours, œuvre dépourvue d’unité, de cohérence et d’ordre, composée d’éléments hétérogènes, Treccani; c’est aussi le titre du journal intime du grand poète Giacomo Leopardi (1798-1837) – voir plus bas] prononcés dans un avion à haute altitude, ni ses conversations malheureuses avec Eugenio Scalfari ne peuvent être pour nous des éléments de magistère suprême, et encore moins contraignants. Comme l’a dit un jour le saint évêque et docteur de l’Église Ambroise de Milan :

« Dites à l’évêque de Rome que pour nous il vient juste après Jésus-Christ, que nous le vénérons et le respectons, mais dites-lui aussi que la tête que Dieu nous a donnée, nous n’avons pas l’intention de l’utiliser seulement pour y mettre un chapeau ».

Après cette mise au point, entrons dans le vif du sujet : à l’épreuve des faits, le Pontife régnant n’a jamais cessé d’être Jorge Mario Bergoglio pour devenir Pierre, ou plutôt François, comme il a choisi de se faire appeler. Avec obstination et sans se décourager, il a continué à être Jorge Mario Bergoglio, un jésuite mal formé en théologie et en ecclésiologie à la fin des années 60 et au début des années 70, méprisant ouvertement la romanité et incapable de comprendre qu’elle est synonyme d’universalité catholique, débarquant finalement à Rome avec tous les pires préjugés anti-romains fomentés par les Allemands dans cette Amérique latine qu’ils ont utilisée comme incubateur de toutes les pires dérives théologiques et ecclésiologiques. Et ainsi, pour la première fois, nous avons trouvé sur la Chaire de Pierre un homme imprégné de mépris pour Rome et l’universalité catholique romaine.

Et ceux qui le nient mentent, vivent en dehors de la réalité, ou plus simplement rejettent la réalité pour ne pas affronter l’horrible vérité de leopardienne mémoire.

Il y a des années, j’ai expliqué que l’homme Jorge Mario Bergoglio ne pouvait même pas être défini comme un provincial, mais comme un quartierial. L’analyse est contenue dans un de mes articles de 2017, auquel je vous renvoie, et dans lequel j’explique que le quartieralisme – un terme qui n’existe pas dans le dictionnaire parce que je l’ai inventé – « est pire que le provincialisme, parce que le quartieral est une personne liée au niveau psycho-social au voisinage d’une ville précise ou d’un contexte métropolitain ». Et maintenant, essayez d’imaginer un quartieriale assis sur le siège d’où Pierre doit gouverner l’Église universelle, et certainement pas jouer les excentriques égocentriques dans un quartier de Buenos Aires.

L’homme Jorge Mario Bergoglio s’est immédiatement révélé être un malade d’originalité, et même à un niveau assez grave. Tout cela fait partie de son caractère, car il a toujours été ainsi, structurellement. Il lui faut faire l’opposé ou l’exact contraire de ce que tous ses autres prédécesseurs ont fait, au point de montrer, peut-être de manière tout à fait inconsciente, qu’il n’a même pas la perception de la dignité dont il a été revêtu. Une dignité qui ne lui appartient pas, mais qui lui a été prêtée en usufruit, et dont il devra répondre sérieusement et gravement devant Dieu, selon le terrible avertissement de Jésus-Christ :

« A qui on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui on a beaucoup confié, on demandera beaucoup plus ».

(Lc 12, 48).

Parlant en tant que pécheur que je suis, donc en tant que personne sujette à la chute et à la rechute dans le péché, je confesse publiquement, surtout à vous, évêques et cardinaux silencieux, que je n’aimerais pas être à la place de l’homme Jorge Mario Bergoglio, parce que, selon les Saintes Écritures, il risque d’entendre le Christ dire : « Je ne t’avais pas confié le pouvoir des clés du royaume des cieux, afin que ‘tout ce que tu lieras sur la terre soit lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre soit délié dans les cieux’ (Mt 16, 19), pour que tu entraînes mon Église dans un théâtre du ridicule au milieu des rires des jongleurs, des nains et des danseurs du cirque ». Je ne voudrais pas non plus être à la place des évêques et des cardinaux silencieux qui, devant la Sainte Épouse du Christ exposée à la honte du ridicule, ne trouvent rien de mieux à faire que de s’adonner à ce péché qui semble être le plus courant parmi eux : le péché d’omission, associé au cynisme destructeur de ceux qui attendent paresseusement que le vent tourne, sans avoir à bouger un doigt, sans prendre aucune initiative, sans assumer une seule responsabilité, si ce n’est de sauter au terme d’un sprint d’athlètes professionnels sur le char du prochain dirigeant.

Depuis deux jours, je reçois des appels téléphoniques de confrères dispersés dans tous les diocèses d’Italie, choqués et déconcertés après avoir appris la nouvelle que Sa Sainteté sera l’invitée dimanche soir de Che Tempo Fa, le célèbre talk-show animé par le très gauchiste Fabio Fazio, qui incarne le politiquement correct le plus sectaire de la gauche caviar, celle des baba cool avec leurs superbes villas, très loin des pauvres, des migrants, des périphéries existentielles et autres chevaux de bataille de Jorge Mario Bergoglio, que ces gauches ont toujours applaudi à chaque coup qu’il a infligé à la dignité et à la crédibilité de l’Église. Et moi, qui exerce le ministère de confesseur et de directeur spirituel principalement auprès des prêtres, j’ai une façon de bien sentir le pouls du malaise, surtout de la souffrance, car comme je l’ai souvent expliqué et comme je le répète maintenant : dans ce que Jorge Mario Bergoglio a défini comme « l’ Eglise hôpital de campagne », aux urgences pour accueillir les blessés il y a nous, pas lui, ni les souteneurs engagés à le flatter dans sa cour des miracles composée de pauvres idéologiques et de migrants de rêve, fruit de sa névrose obsessionnelle-compulsive. Et de plus en plus fréquemment, les croix rouges qui arrivent sirènes hurlantes dans la salle d’urgence réelle de notre tout aussi réel hôpital de campagne de l’Église, déchargent sur leurs brancards des prêtres et des fidèles en morceaux, devant lesquels on dit souvent : et maintenant, par où commencer, pour recoudre les morceaux et refermer les plaies ?

Comment peut-on aller, ou comment peut-on être présent, même et seulement avec une connexion externe de quelques minutes – en fait, nous ne savons pas s’il sera dans le studio ou s’il sera connecté – dans un salon dans lequel la vénéneuse Luciana Littizzetto jette de la m… depuis des années sur l’Église catholique et sur le clergé, se moquant à tout bout de champ de la doctrine, de la morale catholique et de la pastorale des évêques italiens ? Comment peut-on… comment peut-on… c’est la question qui m’a été posée ces jours-ci par des prêtres qui m’ont contacté de toute l’Italie : comment le Souverain Pontife peut-il tomber si bas et nous entraîner tous dans sa chute ?

À tous ces confrères, j’ai répondu de diverses manières, par exemple en exprimant que, en tant que prêtres, nous étions prêts, si nécessaire, même aux persécutions anticatholiques, même à mourir en martyrs pour la foi, parce que notre ministère sacré peut aussi impliquer ces possibilités, à leur manière imprimées dans notre ADN même de prêtre. Bien sûr, aucun d’entre nous n’était préparé à mourir dans le ridicule, grâce à un Souverain Pontife qui a décidé de jouer les bouffons dans la sinistre cour de Fabio Fazio et Luciana Littizzetto.

De déclin en déclin de popularité dans lequel ce pontificat, aimé de tout ce qui n’est pas catholique mais subi avec des larmes de sang par des prêtres et des fidèles dévots, a sombré depuis longtemps, que nous réserve à l’avenir l’original et excentrique quartierale Jorge Mario Bergoglio ? Il est déjà allé chez l’opticien pour acheter des lunettes, et récemment il est allé au magasin de musique pour acheter un disque. Inutile de préciser, même si cela mérite d’être répété, que tout cela s’est fait avec une telle spontanéité qu’il a été suivi par son photographe personnel et attendu sur place par tout autant de photographes. Et demain, que fera-t-il pour augmenter l’audience? Sera-t-il filmé à la télévision internationale alors qu’il balaie la cour de l’archibasilique papale de Saint-Pierre avec un balai, ou alors qu’il fait la vaisselle dans la cuisine de la Domus Sanctae Marthae en chantant « Un matin, je me suis réveillé, o bella ciao, bella ciao … » ? Ou qui sait, après l’évêque Tonino Bello, doctrinalement confus et hétérodoxe, proclamera-t-il aussi les vertus héroïques super vita, virtutibus et fama sanctitatis d’Ernesto Guevara dit el Che ? Parce que de la part de Jorge Mario Bergoglio, au cas où vous n’auriez pas compris, mes Excellences les évêques et les éminents cardinaux, il faut s’attendre à tout, surtout à 85 ans. Peut-être pour la première fois dans l’histoire de l’Église, nous avons un Souverain Pontife qui est comparable en tous points à un électron libre imprévisible et incontrôlable.

Dans cet article, j’ai fait le sale boulot douloureux que certains membres de la Curie romaine et de l’épiscopat italien n’ont pas le courage de faire, vu le manque dramatique d’attributs virils. Bien sûr, nous savons parfaitement qu’au cours de l’histoire, nous avons eu des Souverains Pontifes martyrs, des Souverains Pontifes saints, des Souverains Pontifes politiciens, des Souverains Pontifes simoniaques, des Souverains Pontifes libertins, des Souverains Pontifes théologiens, des Souverains Pontifes qui connaissaient peu et mal la doctrine catholique… nous en avons eu de toutes sortes, mais tous des successeurs légitimes du Bienheureux Apôtre Pierre, jusqu’à François Ier inclus. La seule chose qui manquait à la collection bimillénaire était le Souverain Pontife bouffon à la cour de la gauche politiquement correcte de Fabio Fazio et Luciana Littizzetto. Maintenant, nous aurons cela aussi, alors que les paroles du vénérable évêque Fulton Sheen sont une amère consolation :

« Quand Dieu veut châtier l’humanité, il ne donne pas le pape dont elle a besoin, mais laisse à l’Église le pape qu’elle mérite » .

(cf. The priest is not his own, 1963)

Je conclus en précisant que saint Bernard de Clairvaux et sainte Catherine de Sienne auraient utilisé des tons beaucoup plus durs que les miens. Bien sûr, un cléricaliste venimeux pourrait répondre qu’ils étaient de saints docteurs de l’Église, alors que je ne le suis pas. C’est vrai, mais dans ce cas, il serait bon de se rappeler que lorsque St Bernard a écrit ces mots à Eugène III :

 » Pouvez-vous me montrer un seul qui ait salué votre élection sans avoir reçu d’argent ou sans l’espoir d’en recevoir ? Et plus ils ont fait profession d’être vos serviteurs, plus ils veulent régner sur l’Église »

(Trattato buono per ogni Papa, écrit pour Eugène III, né Bernardo de’ Paganelli).

ou lorsque sainte Catherine de Sienne, au Souverain Pontife Grégoire XI qui l’invitait à lui rendre visite en France, répondit en écrivant qu’elle n’avait pas besoin de se rendre à la Cour papale d’Avignon, car sa puanteur avait maintenant atteint sa ville, eh bien : ni l’un ni l’autre n’avaient encore été proclamés saints, et encore moins docteurs de l’Église. Et avec cela, j’ai tout dit, à certains clercs venimeux et susceptibles, prêts à chercher la paille dans mon œil pour ne pas voir la poutre que Jorge Mario Bergoglio s’est plantée dans son propre œil (cf. Lc 6, 41), au risque, je le crains de plus en plus grave, de la santé éternelle de son âme :

« A qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on demandera beaucoup plus ».

(Lc 12, 48).
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