Dernier exemple en date, après sa victoire à Wimbledon, la probable exclusion de Novak Djokovic de l’US Open, pour cause de non-vaccination. Un choix assumé. C’est le prix qu’il se dit prêt à payer pour garder le contrôle de son corps. Bravo à un homme libre (peu apprécié des médias, qui en auraient fait des caisses pour Nadal, mais c’est plutôt bon signe)!

Djokovic et Nadal épiques, mais le vaccinisme ruine le sport

Ermes Dovico
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13 juillet 2022

Le match historique à coups de victoires aux tournois de Grand Chelem (*) entre les champions espagnol et serbe se poursuit : 22-21 pour le premier, mais le second est passé tout près avec sa victoire à Wimbledon. Dommage pour la politique qui s’en mêle, avec l’exigence déraisonnable de vaccination qui menace de faire manquer à Novak même l’US Open. Mais c’est ainsi que l’on déforme le sport et qu’on le plie à des fins idéologiques.

Vingt-deux à vingt-et-un, et rendez-vous au prochain tournoi du Grand Chelem ([*] en anglais, et en italien: Slam, que nous traduisons simplement ici par Chelem). Si la politique le permet. Le dimanche 10 juillet a marqué la fin d’un nouveau chapitre du défi épique entre Novak Djokovic et Rafael Nadal, un défi qui se renouvelle aussi bien lorsque les deux phénomènes du tennis se rencontrent directement (comme lors du dernier Roland Garros, remporté par l’Espagnol après avoir battu le Serbe en quart de finale) que lorsque la confrontation se fait à distance.

À Wimbledon, la possibilité d’une dixième finale de Chelem entre les deux s’est évanouie en raison de la blessure abdominale de Rafa, contraint de déclarer forfait avant de pouvoir jouer la demi-finale contre Nick Kyrgios, qui a ensuite été battu par Nole, qui a ainsi atteint 21 Chelems (9 Open d’Australie, 2 Roland Garros, 7 Wimbledon, 3 US Open) dans sa carrière. Un seul de moins que Nadal, et un de plus que Roger Federer (à 20 depuis début 2018), l’autre monstre sacré du tennis du XXIe siècle et de tous les temps, qui ne devrait pas pouvoir reprendre le record de Chelems (qu’il a détenu pendant des années après avoir évincé Pete Sampras) ; et ce n’est certainement pas parce que le roi Roger manque de talent, mais parce que ses problèmes physiques, son âge avancé (il est né en 1981) et le fait qu’il a 5-6 ans de plus que Nadal (1986) et Djokovic (1987) ne le favorisent pas dans sa chasse à ses deux plus grands rivaux.

Quelques chiffres supplémentaires. La rivalité entre Djokovic et Nadal est la première de l’ère Open par le nombre de matchs joués, 59 : le champion de Belgrade, dans l’ensemble, a un avantage de 30-29, mais dans les finales de Chelem contre la star de Manacor la situation est inversée (Rafa en tête 5-4). Novak est en tête du classement des tournois de simple messieurs les plus importants du monde, les « grands titres » (Chelem, finales Atp, Masters 1000, Jeux olympiques) : il en a remporté 64, contre 59 pour Nadal et 54 pour Federer. Encore une fois, nous parlons des trois meilleurs dans toute l’histoire du tennis. Pour les amateurs de statistiques, bien d’autres données et curiosités pourraient être décortiquées, mais les chiffres fournis jusqu’à présent donnent une idée – même à un profane de la raquette – de l’épopée sportive dont ces trois joueurs de tennis ont été protagonistes.

Il est donc d’autant plus regrettable que des motifs présentés comme sanitaires – mais (à y regarder de plus près) purement idéologiques – interfèrent avec le sport et un défi aussi fascinant, sapant les principes d’une compétition juste, équitable et saine. On connaît l’histoire. A l’ère des vaccins anti-covid, au terme d’une querelle tragi-comique, le non-vacciné Djokovic (et pas seulement) a été empêché de participer à l’Open d’Australie, le premier Chelem de l’année, dont il détient le record. Pour mémoire, rappelons que c’est Nadal qui a remporté le tournoi en 2022. Il est impossible de dire comment cela se serait terminé avec la présence de Novak, mais ce qui est certain, c’est que les joueurs de tennis ont dû subir les décisions des politiciens. Aujourd’hui, l’histoire risque de se répéter avec le dernier Chelem de l’année, l’US Open, car le gouvernement américain exige que tous les citoyens non américains entrant sur le territoire américain soient vaccinés avec un parcours complet.

Une autre légende du tennis, l’Américain John McEnroe, a exprimé une opinion claire sur la question, déclarant aux micros d’ESPN : « Je pense que la politique s’est trop immiscée. Cela s’est déjà produit en Australie au début de l’année. Laissez Novak Djokovic venir aux États-Unis et jouer l’US Open. C’est une mesure ridicule, qui finit par nuire au tennis. Ce serait vraiment dommage que Nole ne puisse pas jouer le dernier Chelem de la saison ».

En bref, la politique ne devrait pas s’immiscer dans le sport, qui est au contraire de plus en plus détourné à des fins qui ne sont pas les siennes, des vaccins à l’antiracisme de façade, en passant par la guerre (voir les fréquentes exclusions d’athlètes russes, qui ne sont certes pas spécifiquement à blâmer pour l’agression contre l’Ukraine, mais ne sont punis qu’en raison de leur nationalité).

De son côté, après son septième triomphe sur le gazon de Wimbledon, répondant à un journaliste, Nole a réaffirmé qu’il n’est pas vacciné contre le Covid et que « je n’ai pas l’intention de me faire vacciner, donc la seule bonne nouvelle que je pourrais avoir est la suppression du vaccin obligatoire… pour entrer aux États-Unis, ou une exemption ». Djokovic a toutefois déclaré qu’il doutait de pouvoir obtenir une quelconque exemption, ajoutant qu’il serait évidemment très heureux de pouvoir participer à l’US Open. Mais justement, pour le Serbe, les principes doivent passer avant toute chasse aux records. Notamment parce que, ajoutons-nous, le record risquerait sinon de devenir une idole.

Comme il l’a déclaré dans une interview en février, perdre la chance de devenir statistiquement le plus grand de tous les temps est « le prix que je suis prêt à payer », car « les principes de prise de décisions concernant mon corps sont plus importants que n’importe quel titre ».

Ces principes, ici, n’ont rien à voir avec les revendications d’une quantité de liberal et de radicaux, qui invoquent l’autodétermination sur son propre corps à des fins maléfiques telles que l’euthanasie ou, même, l’avortement, où le corps en jeu est avant tout celui d’une autre personne, l’enfant dans le ventre de sa mère. En effet, nous avons vu avec les vaccins anti-Covid à quel point ces affirmations sont unilatérales et combien certaines trompettes sont silencieuses lorsqu’une véritable liberté est en jeu.

Djokovic a simplement fait le choix raisonnable de refuser une vaccination qui n’arrête pas les contagions, qui n’arrête pas les décès, qui est efficace sur 4-6 mois, mais qui a aussi des effets indésirables non négligeables (cela se voit aussi chez les sportifs [ndt: voir en France le cas emblématique du messin Ugo Humbert]) et qui présente finalement plus de risques que de bénéfices pour un athlète de 35 ans. Qui peut être soigné, en cas d’infection, avec les médicaments existants, comme cela est déjà arrivé à Djokovic lui-même. L’exemple du Serbe – parmi tant d’autres personnes ordinaires soignées par de bons médecins capables de s’affranchir de certaines recommandations gouvernementales maladroites en matière de traitement – représente l’une des réfutations les plus retentissantes du sophisme draghien [déclaration de Mario Draghi] « tu ne te fais pas vacciner, tu tombes malade, tu meurs ».

Pour un « mort », Nole est plutôt gagnant.

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