L’Osservatore Marziano est le pseudo de l’un des contributeurs du blog de Marco Tosatti, auquel il livre de temps en temps des commentaires « extra-terrestres » qui dissimulent une analyse critique souvent perspicace du pontificat sous un humour décapant. Le dernier prend comme point de départ le Message du pape aux participants à la conférence européenne de la jeunesse qui se déroulait à Prague du 11 au 13 juillet, et les médias, au moins ceux italiens, en ont fait des gorges chaudes, parce que parmi les recommandations obsessionnelles de François, il y avait celle-là (faut-il en rire ou en pleurer?):

Il est urgent de réduire la consommation non seulement de combustibles fossiles mais aussi de nombreuses choses superflues ; de même, dans certaines régions du monde, il convient de consommer moins de viande : cela aussi peut contribuer à sauver l’environnement.

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https://www.vatican.va/content/francesco/fr/messages/pont-messages/2022/documents/20220706-messaggio-conferenza-giovani.html

De L’Osservatore Marziano.

Cher Tosatti,
ce matin, je prenais mon petit-déjeuner (en mangeant des hamburgers, en l’honneur de l’interview de Bergoglio en lien plus haut) [Ndt: L’OM se trompe, ce n’est pas une interview, mais comme il vient d’une autre planète, on peut l’excuser] avec un collègue terrien qui me disait qu’il était plus inquiet d’avoir un pape hérétique qu’un pape vegan. Admettant ensuite qu’en fait, vous avez les deux… Mais passons au commentaire de l’exhortation de Bergoglio à ne pas manger de viande, je ferai un commentaire « technique » et non doctrinal (désormais, pour Bergoglio il est inutile de faire des commentaires sur sa doctrine). Commentaire technique qui met en évidence une « ignorance » du sujet traité afin de donner des leçons de morale.

La FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, dont la mission est de combattre la faim dans le monde), parlant de viande, a expliqué que seuls les élevages industriels qui gardent les animaux enfermés, utilisant ainsi des antibiotiques et augmentant le risque de propagation de zoonoses (c’est-à-dire de maladies transmissibles de l’animal à l’homme) nuisent à l’environnement. En revanche, si les animaux (bovins, ovins, etc.) sont élevés dans des espaces naturels ouverts, ils ont des effets très positifs sur l’environnement car le ruminant (qui transforme l’herbe en lait et en viande) améliore le sol en le fertilisant et en le piétinant, ce qui permet une meilleure pénétration de l’eau et une meilleure croissance des plantes.

Il n’est pas non plus vrai que le nombre d’animaux a augmenté pour satisfaire nos appétits voraces. Tout au long de l’histoire, le nombre d’animaux habitant la terre n’a pas changé, seuls les animaux sauvages ont été remplacés par des animaux domestiques (selon la Genèse). Tout comme les marais et les jungles ont été remplacés par des jardins et des vergers. Toujours selon la Genèse. Ce que Bergoglio ne sait manifestement pas.

C’est plutôt l’ersatz de viande produit en laboratoire et destiné aux végétariens et aux vegans qui porte atteinte à l’environnement, car il consomme beaucoup d’énergie et utilise des fongicides, des antibiotiques et un grand nombre d’additifs divers.

Pourquoi alors Bergoglio a-t-il sorti une telle énormité, si facilement réfutable ?

Juste parce qu’en incitant à ne pas manger de viande, il affaiblit l’être humain qu’il ne semble pas tellement aimer ? Ne pas manger de viande réduit le fer et augmente le stress et la fatigue, ce qui fait chuter l’énergie. Non, je ne pense pas qu’il soit si miséricordieux, il y a autre chose. Mais quoi ?

En filigrane, il y a son amour pour l’Argentine, sa patrie bien-aimée. Avec cette exhortation diétético-gastronomico-environnementaliste, Bergoglio boycotte l’Argentine, l’un des plus grands producteurs (et exportateurs) mondiaux de viande bovine de haute qualité. Le gouvernement argentin fait de la publicité et encourage l’achat de viande argentine, expliquant qu’elle est très pauvre en graisses, riche en protéines et en vitamines, en fer, en zinc, en phosphore et en sélénium. Une véritable mine d’éléments pour faire de la viande argentine l’élément d’une parfaite alimentation complète et équilibrée. L’Argentine produit les races les plus prisées au monde (Aberdeen, Angus, Hereford) en les élevant dans les immenses espaces de la Pampa, nourries naturellement, uniquement au contact des gauchos à cheval.

Mais que dire, le miséricordieux accomplit les œuvres de miséricorde justement de cette manière: en nuisant à tout ce qu’il touche, en méprisant ce qu’il ne comprend pas et ne connaît pas, et en soutenant au contraire l’erreur et l’utopie. Peut-être que mon ami terrien qui me disait ce matin qu’il craint davantage le pape hérétique que le pape vegan n’a pas tout à fait tort.

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