Après la chute du gouvernement Draghi, les Italiens doivent se rendre aux urnes le 25 septembre prochain pour élire les 400 députés et les 200 sénateurs qui les représenteront au Parlement. Le système politique italien (qui ressemble un peu à notre IVème République) est très différent du nôtre et, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, nous nous intéressons rarement à ce qui se passe de l’autre côté des Alpes, sauf quand il s’agit des galipettes (passées) de Berlusconi ou des débarquements à Lampedusa (mais uniquement sous un gouvernement dénoncé comme « fasciste » – ce que les italiens appellent plus correctement « centre-droit »). Cette différence systémique n’empêchent pas de grandes similitudes de fond, les deux pays sont les vassaux dociles des Etats-Unis, et Draghi était une version plus élégante, plus cultivée et plus « classe » de notre Macron national (si l’on peut dire). En particulier, durant les terribles mois des confinements, la France et l’Italie se sont comportées littéralement comme des clones, l’une précédent l’autre dans la coercition, ou vice versa, et les politiques de « lutte contre la pandémie » étaient pratiquement des copiés-collés. Nous en avons abondamment parlé dans ces pages. Aujourd’hui, sans doute à cause de notre saison électorale 2022, et du second tour des Législatives avec le bon score de Marine Le Pen et -hélas- de la Nupes , il semble que chez nous, la chape de plomb se soient un peu (un peu plus) desserrée.
Le plus intéressant, c’est que, contrairement à ce qui s’est passé en France, où le trinôme pourtant crucial « vaccin-passe sanitaire-contrôle social » a été totalement écarté du débat électoral (les médias ont imposé le pouvoir d’achat, accessoirement l’insécurité, et aucun candidat, aucun parti n’a osé prendre clairement et fermement position CONTRE la narration officielle), ce sujet devient un des enjeux capitaux de l’échéance de septembre chez nos voisins. C’est du moins ce que nous dit Riccardo Cascioli, parfaitement fiable, comme à l’habitude. On ne sait pas encore ce qui va sortir des urnes dans l’immédiat (à plus long terme, on peut parier pour le grand bazar), et une majorité de la population a, comme en France, avalé la canne et l’hameçon, mais malgré tout, c’est une belle leçon de démocratie et de résistance d’une minorité certes, mais non insignifiante

Élections, il faut un engagement clair contre le Green pass et les obligations vaccinales.

Riccardo Cascioli
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Dans cette élection, le jugement sur ce qui s’est passé au cours des deux dernières années, des lockdowns à la vaccination obligatoire, jouera un rôle important. En témoigne le nombre de listes et de partis qui ont vu le jour précisément sur ces questions. Mais si le centre-droit veut se réconcilier avec cet électorat, il doit faire son autocritique et prendre des engagements précis sur les décisions à prendre dès le mois d’octobre.

Il y a certainement un nouvel élément dans ce processus électoral qui non seulement ne peut pas être négligé mais qui exige un jugement clair et des choix politiques conséquents. Nous parlons de ce qui s’est passé au cours des deux dernières années, de la gestion de la pandémie, de l’imposition d’un état d’urgence sans fin (nous n’en sommes pas encore sortis, au cas où quelqu’un ne l’aurait pas remarqué) qui est passé du verrouillage rigide et insensé à la vaccination obligatoire. Nous parlons de la brutalité impitoyable avec laquelle les réglementations les plus strictes de tout le monde occidental (les plus proches de celles adoptées en Chine communiste) ont été appliquées, sans avoir vaincu le virus et, surtout, sans avoir obtenu de meilleurs résultats que d’autres pays européens comparables.

Nous parlons de personnes isolées pendant des mois, privées d’affection et – pour celles qui sont malheureusement décédées – privées d’obsèques ainsi que des salutations de leurs proches ; de l’obstination avec laquelle les thérapies à domicile ont été interdites, condamnant à mort des milliers de personnes ; de l’infâme DAD (Enseignement à distance/ « en distanciel ») jusqu’au-boutiste, qui a provoqué un désastre éducatif et multiplié le travail des psychologues et des psychiatres ; de la torture à laquelle sont soumis les enfants à l’école, une fois entrés, obligés de porter des masques toute la journée ; des milliers et des milliers de médecins, d’enseignants, de gardiens de l’ordre suspendus de leur travail et contraints de ne pas être payés pour avoir refusé de se faire vacciner ; des centaines de milliers de travailleurs contraints de se faire vacciner pour ne pas perdre le gagne-pain de la famille ; des millions de personnes exclues pendant des mois des lieux publics, des dizaines de milliers de personnes gravement malades à cause des effets indésirables des vaccins et abandonnées par la Santé. Et nous pourrions continuer.

Certes, la majorité de la population italienne a adhéré avec conviction à sa propre asphyxie, à la suspension arbitraire des droits constitutionnels, à la promulgation de lois liberticides, aux invitations à la délation et à la chasse aux « rebelles »; mais il y a une partie importante de la population qui a payé dans sa chair la violence de ce « système ». Et parmi eux, il y a aussi beaucoup de ceux qui avaient fait confiance aux campagnes de notre gouvernement et qui se sont sentis trahis ou ont compris la supercherie. Une partie importante de la population attend avec crainte l’automne prochain et ce qui pourrait se passer à nouveau, car le nombre de contagions reste élevé et, entre-temps, de nouvelles alertes pandémiques et de nouveaux vaccins sont envisagés. Et ils iront – ou n’iront pas -voter avec cette idée en tête.
La preuve en est la prolifération des partis et des listes électorales qui naissent précisément de la réaction au Green pass et aux diverses impositions. Il est probable que tous ne parviendront pas à recueillir les signatures nécessaires – compte tenu également du délai serré et, qui plus est, pendant les vacances – pour pouvoir se présenter aux élections, mais ce mouvement indique que le désir de réagir au système – aussi confus soit-il – est assurément répandu.

Et l’ennemi numéro un de cette partie des Italiens est avant tout la gauche, moteur du système et du draghisme, qui, si elle revenait au gouvernement après le 25 septembre, continuerait sur la même voie. Et même, sur la base du consensus obtenu, elle resserrerait encore plus l’étau autour du cou des Italiens. Il appartient donc au centre-droit de faire son autocritique de ce qui s’est passé ces deux dernières années et de donner des garanties pour l’avenir. Forza Italia [Bellusconi] et la Ligue [Salvini] faisaient partie du gouvernement Draghi et sont donc pleinement coresponsables de ce qui s’est passé, même si la Ligue peut surtout dire qu’elle a contribué à atténuer certaines mesures (toutefois très peu par rapport à la gravité des mesures prises). Et Fratelli d’Italia [Gioria Melloni] a fait une opposition à l’eau de rose.

Il est temps de changer de cap, et de prendre exemple sur la ministre britannique des affaires étrangères, Liz Truss, actuellement en lice (et favorite) pour devenir chef des conservateurs et donc premier ministre. Lors d’une récente réunion publique, elle a déclaré que lorsqu’elle a eu l’occasion de s’exprimer lors de réunions ministérielles, elle a toujours freiné les mesures de verrouillage que le gouvernement de Boris Johnson a lui aussi prises (moins qu’en Italie, toutefois), mais elle a garanti qu’avec elle comme premier ministre, il n’y aura plus de verrouillage, pandémie ou pas. C’était tout simplement une politique inutile et erronée, les données sont là pour le prouver.

A cet égard, ceux qui veulent gagner la confiance des millions d’Italiens harcelés et humiliés par le gouvernement Draghi doivent faire preuve de la même clarté, y compris sur la question des green pass et des vaccins obligatoires. Il faut s’engager clairement à lever immédiatement l’obligation vaccinale pour les agents de santé (qui reste pour l’instant valable jusqu’en décembre) en décrétant la fin de la suspension de travail pour les médecins non vaccinés. Les enseignants qui ont dû subir l’humiliation d’une suspension et d’une perte de salaire doivent également être indemnisés. De même, la procédure de sanction des plus de 50 ans non vaccinés doit être arrêtée avec effet immédiat. Il faut s’engager clairement à ce que les mesures de santé collective soient proportionnées à la menace réelle, et surtout que le gouvernement ouvre un dialogue avec les associations médicales qui ont soigné les gens ces deux dernières années en développant des protocoles et des thérapies qui se sont avérés efficaces, contrairement aux directives pénales du ministère de la Santé. Et la priorité doit être donnée au rétablissement de la normalité dans les écoles. Et il serait également opportun de créer une commission d’enquête pour savoir d’où viennent les orientations de certaines politiques.

Si le centre-droit veut se démarquer, ouvrir une « brèche dans le système » et se réconcilier avec un segment important de l’électorat, il doit aussi prendre ces engagements clairement.

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