Il n’était pas présent physiquement – manière de signifier qui est le patron, il a mieux et plus urgent à faire – mais en visioconférence, et il a prononcé, après celle de Milei, une vigoureuse philippique, reprenant et détaillant les thèmes abordés dans son discours d’investiture, notamment celui de la « révolution du bon sens » (reste à voir, maintenant, comment cela va se traduire -ou pas – dans les faits).
Ce que j’ai trouvé le plus formidable, c’est sa sortie contre l’idéologie « green ». Je ne résiste pas au plaisir de citer en préambule le passage correspondant:
J’ai mis fin au gaspillage ridicule et incroyable du Green New Deal – que j’appelle la Green New Scam, la Nouvelle escroquerie verte – ; je me suis retiré des accords de Paris sur le climat et j’ai éliminé l’exigence insensée et coûteuse des véhicules électriques. Nous laisserons les gens acheter la voiture qu’ils veulent. J’ai déclaré une urgence énergétique nationale pour débloquer l’or liquide qui se trouve sous nos pieds […] en approuvant rapidement de nouvelles infrastructures énergétiques
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Tremblement de terre à Davos, Trump lance sa révolution du bon sens
Maurizio Milano
La NBQ
28 janvier 2025
Après le discours de Milei, qui a ébranlé Davos dans ses fondements, le président américain nouvellement élu Donald Trump s’est lui aussi exprimé au Forum économique mondial, ébranlant le système et l’idéologie mondialistes de Davos.
« Cette semaine a été vraiment historique pour les États-Unis… l’âge d’or a commencé ».
Ainsi s’est exprimé le néo-président Trump, qui ne pèche certes pas par excès d’humilité. Il a décrit le revirement, soutenu par un large soutien populaire et étatique, comme une « révolution du bon sens », un retour au bon sens après des années de folies idéologiques, promettant que « la planète entière deviendrait plus pacifique et plus prospère ». Il a ajouté que son administration « travaillait avec une rapidité sans précédent pour nettoyer les dégâts hérités d’un groupe de personnes totalement ineptes « . Quand on dit parésie…
Trump a immédiatement dénoncé le « chaos économique causé par l’échec de la politique de l’administration précédente, de l’inflation galopante à la dette publique, du fardeau fiscal à la surréglementation ».
Il a ensuite cité l’immigration, la criminalité et l’inflation incontrôlée comme actions prioritaires. Il a cité la création du nouveau Département pour l’efficacité gouvernementale (Department of Government Efficiency, DOGE), qui sera dirigé par Elon Musk et dont l’objectif est de réduire les dépenses fédérales de 2 000 milliards de dollars, un chiffre monstrueux, et de ramener ainsi le budget à l’équilibre d’ici 2026, l’année du deux cent cinquantième anniversaire de l’indépendance. Il s’agit non seulement de réduire le périmètre public, et donc la pression fiscale, mais aussi de rogner les ongles des capitalistes de connivence qui prospèrent dans le « marais de Washington », ainsi que de réaffirmer la force du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale.
Et puis le coup d’éclat tant redouté par les prêtres et les prophètes de la religion climatique :
« J’ai mis fin au gaspillage ridicule et incroyable du Green New Deal – que j’appelle la Green New Scam, la Nouvelle escroquerie verte – ; je me suis retiré des accords de Paris sur le climat et j’ai éliminé l’exigence insensée et coûteuse des véhicules électriques. Nous laisserons les gens acheter la voiture qu’ils veulent. J’ai déclaré une urgence énergétique nationale pour débloquer l’or liquide qui se trouve sous nos pieds […] en approuvant rapidement de nouvelles infrastructures énergétiques ».
L’objectif déclaré n’est pas seulement de réduire l’inflation, mais de faire des États-Unis « une superpuissance manufacturière et la capitale mondiale de l’intelligence artificielle et des crypto-monnaies ».
Il a ensuite rappelé qu’il avait « lancé la campagne de déréglementation la plus massive de l’histoire », chiffrant « à 50 000 dollars par ménage le coût des réglementations imposées par l’administration Biden », promettant d’« éliminer dix anciennes réglementations pour chaque nouvelle… et la réduction d’impôts la plus massive de l’histoire des États-Unis ».
L’objectif est de stimuler la renaissance de l’industrie manufacturière aux États-Unis grâce à l’effet combiné de la réduction des coûts de l’énergie, de la déréglementation et des réductions d’impôts, en incitant les entreprises étrangères à délocaliser leur production aux États-Unis, en partie pour éviter les nouveaux droits de douane :
« Mon message à toutes les entreprises du monde est très simple : venez construire vos produits en Amérique et nous vous offrirons l’une des fiscalités les plus basses du monde ».
Qui sait quelle stratégie de réaction la Commission européenne va maintenant adopter pour éviter une accélération du processus de désindustrialisation déjà en cours en Europe, à commencer par l’industrie automobile, notamment en Allemagne.
Trump annonce ensuite d’énormes investissements privés (500 milliards de dollars) dans l’intelligence artificielle, de nouveaux investissements de 600 milliards de dollars de la part de l’Arabie saoudite (qui, rappelons-le, devait rejoindre le groupe BRICS+ mais s’en est retirée, comme l’Argentine de Milei l’avait fait il y a un an), et demande à l’OPEP de faire baisser le prix du pétrole, ce qui affaiblirait évidemment la Fédération de Russie.
Dans les discours de Trump, l’économie et la géopolitique, c’est inévitable, sont toujours entremêlées :
« Si le prix baisse, la guerre Russie-Ukraine se terminerait immédiatement… il faut faire baisser le prix du pétrole. Il faut mettre fin à cette guerre ».
Trump appelle ensuite à une baisse mondiale des taux d’intérêt et rêve plus ou moins d’un nouvel âge d’or :
«Même les pays qui ne sont pas particulièrement amicaux sont satisfaits, parce qu’ils comprennent qu’il y a un avenir maintenant et à quel point il sera grand sous notre direction. L’Amérique est de retour et ouverte aux affaires ».
Un discours « impérial » qui met en échec ceux qui espéraient, ou craignaient, le début d’une saison d’isolement des États-Unis dans le monde.
Trump s’attaque ensuite à l’urgence de l’immigration illégale à la frontière avec le Mexique, une véritable invasion, en la déclarant urgence nationale, avec des blocages d’accès, la lutte contre les cartels criminels et le rapatriement des immigrés illégaux déjà sur le territoire américain.
Trump affirme ensuite que l’Amérique est à nouveau une nation souveraine, belle et libre : « Dès le premier jour, j’ai signé un décret pour bloquer toute censure gouvernementale », déclarant que les soi-disant « mésinformation et désinformation » (désignées l’année dernière à Davos par Ursula von der Leyen comme la première priorité mondiale, d’où la fameuse loi sur les services numériques qui bâillonne les médias sociaux) sont « les mots préférés des censeurs et de ceux qui souhaitent bloquer le libre échange d’idées et, franchement, le progrès. Nous avons sauvé la liberté d’expression en Amérique ». Il évoque également l’instrumentalisation de la justice pour cibler les citoyens et les opposants.
Concernant le tristement célèbre protocole DEI (Diversité, équité, inclusion), qui a détruit la méritocratie pour imposer un programme idéologique d’ingénierie sociale, Trump déclare :
« Mon administration a lancé l’abolition de toutes les discriminations absurdes concernant la diversité, l’équité et l’inclusion… L’Amérique redeviendra un pays fondé sur le mérite. »
Puis Trump dégaine son épée, à la manière de Chesterton, pour prouver que les feuilles sont vertes en été :
« J’ai déclaré que la politique officielle des États-Unis ne reconnaît que deux genres, homme et femme. Nous n’aurons pas d’hommes participant à des sports féminins et les opérations « transgenres », qui sont devenues si courantes, redeviendront très rares ».
Et il conclut sur le thème de la sécurité et des dépenses militaires, en appelant tous les pays de l’OTAN à « augmenter leurs budgets de défense à 5 % du PIB », parce que leur sécurité était jusqu’à présent payée par les États-Unis, et qu’ils doivent maintenant en assumer leur part.
Sur les conflits en cours, Trump affirme que « avant même ma prise de fonction, mon équipe a négocié un cessez-le-feu au Moyen-Orient… et les otages ont commencé à retrouver leurs familles ».
Et puis la guerre en Ukraine : « nos efforts pour parvenir à un accord de paix entre la Russie et l’Ukraine se poursuivent… c’est tellement important… personne n’a vu une telle chose depuis la Seconde Guerre mondiale… il est temps d’y mettre un terme ».
Et de conclure :
« Nous avons fait plus en quatre jours que l’administration précédente en quatre ans. Et nous ne faisons que commencer ».
On peut s’attendre à ce qu’à Davos, les bureaucraties européennes, en particulier, aient eu le sang glacé : “The sheriff is back in town” , la récréation est terminée.
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