Le vaticaniste allemand Armin Schwibach est un ratzigérien de la premère heure, auquel je dois un des plus beaux témoignages directs sur celui qui était à l’époque « Pape émérite », à qui il avait rendu visite en mars 2014 (voir sur ce site son reportage très émouvant Sur la montagne avec Benoît XVI ).
Il vient d’écrire une lettre à AM Valli pour lui dire à quel point l’apparition de Léon XIV à la Loge des Bénédictions ce 8 mai 2025, après douze années de calvaire, l’avait rempli de joie. C’est une opinion, certes, j’allais écrire, ce n’est QUE son opinion, et il se peut que lui et moi, nous nous trompions, mais ses antécédents la rendent fiable, au moins à mes yeux.
Et même si on n’arrive pas tout à fait à se départir du soupçon insidieux que les douze années de Bergoglio ont abîmé définitivement la papauté, et qu’il sera très difficile, sinon impossible, d’inverser la trajectoire.
Douze ans de bavardages: terminé. Douze ans de méchanceté: terminé. Douze ans de dictature: terminé. Douze ans de violence: terminé. On respire.
Schwibach : « Nous pouvons enfin respirer! Habemus papam! Et il est catholique! »
Armin Schwibach
(…)
Quand j’ai entendu le nom le 8 mai, quand j’ai vu qu’un pape et non une figure louche apparaissait à la Loggia des bénédictions, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ce que j’avais ressenti le 13 mars 2013. J’étais sur la place Saint-Pierre et quand Bergoglio est apparu, je me suis senti complètement épuisé, nauséeux, anéanti dès la première seconde. Je me souviens que j’avais été invité par une chaîne de télévision catholique allemande à commenter l’élection, mais je n’y suis pas allé. Je n’ai pas pu.
Mais le 8 mai, jour de la Vierge, jour de la Saint-Michel, j’ai eu une sensation très nette : comme si des croûtes étouffantes tombaient, comme si je pouvais respirer à nouveau.
Je l’ai toujours dit : le nouveau pontife devra s’appeler soit Léon, soit Clément. Alors vous imaginez quand j’ai entendu le nom choisi ! Là, je me suis dit, on a le nomen, ça veut dire que c’est le bon omen !
L’histoire nous montrera la suite, mais pour l’instant je jouis d’une joie profonde. Après l’étouffement, après la destruction, après le néant, Dieu m’a donné cet amor intellectualis.
En une semaine, Léon XIV n’a commis aucune erreur. La voie semble tracée.
En particulier, le discours du pape Léon XIV à l’occasion du jubilé des Églises orientales [cf. www.vatican.va…20250514-giubileo-chiese-orientali) est un signal d’une grande importance spirituelle et ecclésiastique : le renouveau de l’Église ne réside pas dans une adaptation stratégique aux processus politiques, mais dans un retour aux origines de la foi. En honorant les Églises orientales non pas comme des phénomènes marginaux, mais comme des Églises des origines – enracinées dans la langue, la liturgie et la spiritualité de l’Église primitive – le pape déplace le centre de la compréhension de soi catholique vers le lieu de la première révélation. Dans la joie de Pâques, dans la lumière de la célébration des mystères, dans le martyre du temps présent, il reconnaît l’action du Ressuscité.
Ce discours n’est donc pas seulement placé sous le signe du Jubilé, mais se présente d’une certaine manière comme un programme de pontificat : un pontificat qui non seulement honore l’Orient, mais veut apprendre de lui. Dans cette attitude résonne une confiance pascale sous-jacente, qui pourrait marquer l’Église de demain si elle est prête à partir vers l’Orient, à trouver l’avenir dans l’origine.
Passons maintenant à autre chose. Nous avons à nouveau un pape. Et un augustinien dans tous les sens du terme. Que pourrais-je vouloir de plus ?
Douze ans de bavardages: terminé. Douze ans de méchanceté: terminé. Douze ans de dictature: terminé. Douze ans de violence: terminé. On respire.
Oui, habemus Papam ! Nous avons un pape catholique, qui croit. Au signe du Christ et de sa Sainte Mère.