C’est le père Santiago Martin qui, pas plus tard que la semaine dernière s’inquiétait de voir « les requins » attaquer le Pape (cf. Père Santiago Martin: les requins commencent à attaquer le pape, c’est bon signe), qui pose ici la question. Pas vraiment une question, en fait. N’osant pas (encore) attaquer directement le pape, ils l’attaquent indirectement en critiquant par exemple sa décision de passer ses vacances en partie à Castelgandolfo, ou celle de canoniser Carlo Acutis, accusé d’avoir eu une foi « enfantine » (à opposer à la « foi adulte » revendiqué par Benoît XVI dans une célèbre homélie…). C’est peut-être dans ce contexte qu’il faut lire la nomination d’un évêque libéral à Brisbane, en Australie (cf. Nominations problématiques)

Je ne sais pas si la nomination cette semaine d’un libéral à l’archevêché de Brisbane, en Australie, suffira à les calmer. James Martin était euphorique, car le nouvel archevêque est un fervent partisan de l’ordination des femmes à la prêtrise, mais peut-être oublient-ils que ces nominations remontent à loin et que le pape veut procéder calmement pour ne pas contrecarrer d’emblée ce qu’il considère comme l’objectif premier de son pontificat : réaliser l’unité de l’Église.

La foi du pape Léon et la nervosité de ses opposants

https://www.aldomariavalli.it/2025/06/21/la-fede-di-papa-leone-e-i-nervosismi-degli-avversari/

Père Santiago Martín

Il existe une anecdote sur l’homme qui fut secrétaire d’État de Paul VI et de Jean-Paul II. Il s’agit du cardinal Casaroli. Comme je l’ai entendue à plusieurs reprises, de la bouche de différentes personnes, je suppose qu’elle est vraie. Au cours d’une conversation à laquelle assistait Casaroli, quelqu’un a fait l’éloge de Jean-Paul II, qui n’était pas pape depuis très longtemps, en disant de lui qu’il était une personne de grande foi, que l’on pouvait voir qu’il croyait en Dieu. Le cardinal italien est intervenu en disant que le pontife « croyait en Dieu plus que Dieu lui-même ». C’était une ironie, une façon pas vraiment subtile de ridiculiser quelqu’un qu’il n’aimait pas parce qu’il [Jean Paul II] ne partageait pas son ostpolitik, ses concessions au communisme. Mais, au fond, c’était aussi une accusation contre le pape, que Casaroli considérait comme un radical, à commencer par l’exagération de sa foi en Dieu.

J’ai repensé à cette anecdote cette semaine, en écoutant les différents discours du pape Léon. Je ne pense pas que l’on puisse dire qu’il a trop de foi en Dieu, mais on peut dire qu’il a la foi et qu’elle est ferme et cohérente. Il ne fait pas étalage de sa foi, mais dans chacun de ses messages, elle transparaît clairement.

Par exemple, dans son message pour la Journée mondiale des pauvres, tout en nous demandant de ne pas nous habituer à considérer la pauvreté des autres comme quelque chose d’irrémédiable, il a affirmé que « la plus grande pauvreté est l’absence de Dieu », et dans ces mots, Sainte Teresa de Calcutta était présente, car il s’agissait presque littéralement d’une phrase d’elle.

Je pense aussi au message adressé à la Conférence épiscopale italienne, qu’il rencontrait pour la première fois, et dans lequel il demandait aux évêques de placer le Christ au centre et de rechercher l’unité entre eux.

Je pense également au message lu lors de l’audience de mercredi, dans lequel, en méditant sur le miracle du paralytique dans la piscine et sur la stagnation spirituelle, il a affirmé que le cœur du Christ est « la véritable maison de la miséricorde ».

Tous ses messages, sans exception, ont le Christ pour centre, sont chargés de spiritualité, respirent l’amour et nous montrent ce qu’est le cœur du pontife : un cœur plein de foi et d’espérance. Un cœur croyant et aimant.

Mais tout le monde n’est pas content de lui. Si, la semaine dernière, je parlais des attaques que le pape commençait à subir de la part de petits requins, c’est maintenant un plus gros joueur qui est intervenu, même si ses critiques n’étaient pas dirigées contre le pape.

Je veux parler du théologien laïc Andrea Grillo, considéré comme le principal conseiller du pape François en matière de restrictions à la messe traditionnelle et fervent défenseur du sacerdoce féminin et du caractère intrinsèquement bon des actes homosexuels.

La victime de Grillo n’est autre que le bienheureux Carlo Acutis. Selon Grillo, le saint adolescent avait une foi enfantine dans l’Eucharistie, ce qui l’amenait à attacher de l’importance aux miracles eucharistiques et, par conséquent, à la présence réelle du Seigneur dans l’Eucharistie. Cela est dû, selon Grillo, au fait qu’Acutis avait eu de « mauvais professeurs », qui lui avaient inculqué une foi archaïque en l’Eucharistie, une « mauvaise éducation eucharistique », comme l’appelle Grillo.

Mais le malaise de ces personnages secondaires, qui ont aujourd’hui perdu leur influence, va plus loin, car il concerne non seulement ce que le pape dit, mais aussi ce qu’il fait.

Par exemple, ils ont été contrariés par la décision de passer quelques jours de congé en juillet et août dans le palais papal de Castel Gandolfo, sur les rives du lac Albano, dans les collines au sud-est de Rome. Non seulement le pape ne résidera pas à Sainte Marthe et retournera au palais apostolique, mais il passera également quelques jours de vacances dans la maison d’été que les pontifes utilisent depuis des siècles pour échapper à la chaleur romaine et que François n’a jamais utilisée. De telles décisions irritent les partisans de Bergoglio qui, n’osant pas s’en prendre directement au pape Léon, l’attaquent indirectement, même lorsqu’il s’agit de saints ou de bienheureux, comme dans le cas de Carlo Acutis.

Je ne sais pas si la nomination cette semaine d’un libéral à l’archevêché de Brisbane, en Australie, suffira à les calmer. James Martin était euphorique, car le nouvel archevêque est un fervent partisan de l’ordination des femmes à la prêtrise, mais peut-être oublient-ils que ces nominations remontent à loin et que le pape veut procéder calmement pour ne pas contrecarrer d’emblée ce qu’il considère comme l’objectif premier de son pontificat : réaliser l’unité de l’Église.

Pour les libéraux, il est trop tôt pour crier victoire, car en réalité la partie n’a pas encore commencé.

Prions pour le Pape.

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