Au risque de me répéter, nous sommes face à une évidence: le pape Léon est scruté à la loupe, des deux côtés de l’échiquier, par des « observateurs » qui ne lui veulent pas forcément que du bien (euphémisme…).
Le père Santiago Martin remarque que le pape a une méthode bien à lui pour remettre les critiques à leur place, sans leur répondre directement. Un exemple emblématique est le traitement réservé à Andrea Grillo, le « théologien » promu star par François qui avait tourné en dérision la foi « puérile » de Carlo Acutis: le pape l’a renvoyé sèchement dans ses buts (*).
Reste que les nominations épiscopales sont pour le moment peu « lisibles ». « Une façon de dire qu’il veut compter sur tout le monde, mais que c’est lui qui fixe la ligne. Reste à voir si les personnes nommées suivront la ligne papale ».

(*) … profitant de la solennité du Corpus Domini, [le Pape] a porté le Saint-Sacrement en procession de Saint-Jean-de-Latran à Sainte-Marie-Majeure.

Pour ceux qui ne connaissent pas Rome, ce parcours n’est pas seulement long d’un kilomètre, mais il comporte une descente raide, suivie d’une montée correspondante.

Le pape a marché en portant le Saint-Sacrement pendant tout le trajet, et cet ostensoir ne pèse pas moins de quatre kilos.

Ce n’était pas seulement une manifestation de dévotion à l’Eucharistie et une profession de foi dans la présence réelle du Seigneur, mais aussi un exploit physique que peu de gens sont capables d’accomplir.

Ne pas tomber dans les pièges. Voici la « méthode Léon »

Père Santiago Martín

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Peu à peu, nous comprenons la manière de gouverner du pape Léon XIV, même s’il est encore tôt et qu’il fait ses premiers pas. Son objectif est d’unir les deux ou plusieurs parties qui divisent l’Église, et pour cela, il doit essayer de satisfaire tout le monde, ce qui n’est pas vraiment facile. Ce qui est clair, c’est qu’il défendra la doctrine, le dépôt de la foi ; ce qui n’est pas encore clair, c’est comment il le fera, même si nous assistons à quelques gestes significatifs.

Par exemple, lorsqu’un professeur de l’université Sant’Anselmo, spécialiste en liturgie, Andrea Grillo, a attaqué le bienheureux et futur saint Carlo Acutis en disant que son amour pour l’Eucharistie était préconciliaire et qu’il avait été très mal éduqué à cet égard, le pape n’a pas répondu, il a même fait comme si de rien n’était, mais quelques jours plus tard, profitant de la solennité du Corpus Domini, il a porté le Saint-Sacrement en procession de Saint-Jean-de-Latran à Sainte-Marie-Majeure.

Pour ceux qui ne connaissent pas Rome, ce parcours n’est pas seulement long d’un kilomètre, mais il comporte une descente raide, suivie d’une montée correspondante. Le pape a marché en portant le Saint-Sacrement pendant tout le trajet, et cet ostensoir ne pèse pas moins de quatre kilos. Ce n’était pas seulement une manifestation de dévotion à l’Eucharistie et une profession de foi dans la présence réelle du Seigneur, mais aussi un exploit physique que peu de gens sont capables d’accomplir.

Le pape n’a donc pas répondu au professeur Grillo en le citant, mais en portant le Saint-Sacrement sur un kilomètre. Je ne sais pas si le professeur, qui a été conseiller du pape François sur les restrictions à la messe traditionnelle, s’en est rendu compte. Quelques jours plus tard, les responsables de l’université Sant’Anselmo ont publié une note prenant leurs distances par rapport aux critiques de Grillo à l’égard du bienheureux Acutis et assurant que la doctrine de l’Église était enseignée dans ce centre.

Un autre exemple concerne les nombreuses voix d’évêques et de cardinaux qui demandent la fin du célibat obligatoire des prêtres, afin qu’il devienne facultatif. Le pape ne s’est pas prononcé sur ce point, mais lors du jubilé des séminaristes et celui des évêques, qui viennent d’être célébrés à Rome, il a dit aux deux catégories qu’il est indispensable de vivre chastement. Il l’a également dit aux évêques, sans même mentionner la possibilité que la législation actuelle en la matière puisse être modifiée. Il a également dit aux évêques qu’ils doivent pratiquer la synodalité, mais en précisant que cela signifie qu’ils doivent écouter et dialoguer, ce que tout le monde accepte.

Léon XIV affronte ainsi les pièges, typiques des anciens pharisiens, qui lui sont tendus. Il met les choses au clair à sa manière, et certains, comme dans le cas de l’Université Sant’Anselmo, ont déjà pris acte de la situation.

Cela ne signifie pas, pour l’instant, qu’il ait décidé de ne pas compter sur les évêques et les cardinaux les plus libéraux. Les nominations au Dicastère pour la vie consacrée et les instituts séculiers en sont un exemple : il a choisi certains des libéraux les plus radicaux du collège cardinalice et épiscopal, provoquant la surprise et la douleur de beaucoup, et la joie d’autres. Une façon de dire qu’il veut compter sur tout le monde, mais que c’est lui qui fixe la ligne. Reste à voir si les personnes nommées suivront la ligne papale ou si, une fois en poste, elles feront ce qu’elles veulent. Dans ce cas, il faudra voir ce que fera le pape.

Enfin, Léon XIV s’est montré très critique à l’égard des mesures de réarmement approuvées par les pays membres de l’OTAN et a demandé, en référence implicite aux attaques entre Israël, les États-Unis et l’Iran, comment il était possible de soutenir que les actions militaires pouvaient apporter la paix.

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