Chronique d’un coup d’état liturgique, par Sandro Magister.
Ces derniers jours, deux vaticanistes, l’Américaine Diane Montagna et l’Italien Saverio Gaeta (c’est avec lui que Mgr Gänswein a co-écrit le fameux livre « Nient’altro che la verità » où il réglait ses comptes avec El Papa), ont révélé les résultats, tenus secrets jusqu’à présent, d’une consultation mondiale commandée en 2020 par le pape sur la messe dans l’ancien rite.
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En 2021, sous le prétexte que le rapport aurait fait apparaître une hostilité unanime des évêques vis-à-vis de l’ancien rite, François publiait « Traditionis custodes », signant l’arrêt de mort du motu proprio « Summorum Pontificum » de Benoît XVI en 2007.
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En réalité, le rapport montrait l’exact contraire, à savoir que de nombreux évêques étaient favorables à la messe en latin.
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Le silence imposé sur les résultats de la consultation et l’invocation mensongère d’un consensus épiscopal constituent un véritable coup de force ecclésial, une trahison de la confiance des fidèles attachés à la tradition, motivée par l’idéologie et un abus d’autorité. Bref, un scandale que le pape Léon va devoir affronter le plus vite possible s’il veut réussir son pari de pacifier l’Eglise.

Ces avis des évêques sur l’ancien rite dont François avait interdit la publication.

Parce qu’ils contredisaient ses plans

Sandro Magister
www.diakonos.be

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François n’a jamais fait mystère de ses intentions de vouloir abroger cette autorisation [de Summorum Pontificum]. À ses yeux, la célébration de la messe dans l’ancien rite n’était qu’un vecteur de divisions et allait de pair avec « un rejet croissant non seulement de la réforme liturgique, mais aussi du Concile Vatican II ». Le 16 juillet 2021, par le motu proprio « Traditionis custodes », il restituait au nouveau missel conciliaire l’appellation d’ « unique expression de la ‘lex orandi’ du rite romain », ne laissant à l’ancien rite qu’une place marginale et résiduelle.

François avait donc souhaité consulter au préalable les évêques pour obtenir de leur part une demande unanime pour soutenir ce changement de cap. Et à l’en croire, cette demande lui serait bien parvenue, si l’on en croit ce que François lui-même a écrit dans la lettre aux évêques qui accompagnait le motu proprio « Traditionis custodes » :

« Les réponses parvenues ont révélé une situation douloureuse qui m’inquiète, me confirmant la nécessité d’intervenir. […] Répondant à vos demandes, je prends la ferme décision d’abroger toutes les normes, instructions, concessions et coutumes antérieures à ce Motu Proprio. »

Mais curieusement, François avait interdit que l’on publie les résultats de cette consultation. Et les raisons d’un tel refus sont à chercher dans les révélations du « scoop » de ces derniers jours.

La vraie raison, c’est que si François avait publié ces résultats, il n’aurait plus pu écrire que les évêques aussi étaient d’accord avec lui. Il aurait même dû dire le contraire.

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