Selon Nico Spuntoni, des lobbies influents (intouchables aujourd’hui) seraient à la manœuvre:

… cette décision pourrait être liée à la récente suspension de plusieurs articles, ayant pour thèmes une prise de position de l’évêque américain Joseph Edward Strickland contre le diaconat féminin, une analyse de l’incompatibilité entre la maçonnerie et l’Église et un rappel des enseignements de la doctrine catholique concernant le déroulement des Gay Pride.

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Voici pourquoi le blog « Messa in latino » a été supprimé

Le très populaire journal en ligne consacré à l’ancienne liturgie disparaît brutalement. Le soupçon des gestionnaires sur certains articles « gênants » et cette violation…

Nico Spuntoni
Il Giornale
13 juillet 2025

Le blog « Messa in latino » avait vu le jour en 2007 dans le sillage de la libéralisation voulue par Benoît XVI avec Summorum Pontificum. Depuis 2013, il était devenu une voix critique du pontificat de François et de ses mesures restrictives sur la liturgie ancienne. Vendredi matin, cependant, ses nombreux lecteurs à travers le monde ont eu une mauvaise surprise : le très populaire blog avait disparu. La communication à l’ancienne adresse dit encore aujourd’hui, impitoyable: « Désolé, le blog à l’adresse lamessainlatino.blogspot.com a été supprimé ».

La nouvelle a fait le tour du monde et a été commentée par des sites et des vaticanistes de différentes nationalités. En effet, le blog avait acquis au fil des ans non seulement un trafic important, mais aussi une crédibilité pour ses anticipations et ses indiscrétions sur le Vatican.

Ce qui se cache derrière cette suppression

La suppression du blog de la plateforme Blogger a été notifiée aux gestionnaires du blog par une communication en anglais dénonçant la violation des directives de la communauté qui appartient à Google. Plus précisément, les « patrons » ont accusé les gestionnaires du blog d’avoir violé leur politique sur l’incitation à la haine avec certains contenus. Les destinataires de l’avis n’ont toutefois pas été informés des articles qui auraient enfreint cette politique.

La rédaction de MiL – l’abréviation sous laquelle le blog était connu des initiés – soupçonne que cette décision pourrait être liée à la précédente suspension de plusieurs articles, ayant pour thèmes une prise de position de l’évêque américain Joseph Edward Strickland contre le diaconat féminin, une analyse de l’incompatibilité entre la maçonnerie et l’Église et un rappel des enseignements de la doctrine catholique concernant le déroulement des Gay Pride. Ces articles avaient été supprimés ces dernières semaines, mais ils ont été rétablis après la protestation des gestionnaires du blog.

Les propriétaires du blog ont réagi en s’adressant à un cabinet d’avocats et en envoyant une mise en demeure pour dénoncer ce qu’ils ont qualifié de « suppression inopinée et surtout injustifiée du blog », et ont rappelé le respect de l’article 21 de la Constitution concernant le droit à la liberté d’expression. Ils ont demandé « le rétablissement immédiat de l’accès au site », ce qui n’était toutefois pas encore le cas au moment où nous écrivons ces lignes.

La disparition du blog Messa in latino a entraîné la perte d’environ 22 000 articles qui documentaient en quelque sorte différentes saisons de l’Église contemporaine : le renouveau de la liturgie ancienne après la main tendue de Benoît XVI, les craintes au début du pontificat de François, les restrictions adoptées depuis l’introduction de Traditionis custodes jusqu’au climat d’optimisme suscité par la récente élection de Léon XIV.

MiL, qui avait dépassé le million de vues en juin, était lu non seulement pour les rendez-vous avec les célébrations en Vetus Ordo, mais plus généralement pour les nouvelles et les commentaires sur la réalité ecclésiale. Les auteurs du blog reçoivent en ce moment même des messages de solidarité de la part de lecteurs et de journaux, qu’ils partagent ou non la ligne éditoriale.

La fermeture de cet espace n’est pas une mauvaise nouvelle seulement pour les amoureux de la messe dite tridentine, mais plus généralement pour les passionnés d’information religieuse et vaticane.

La suppression de MiL intervient d’ailleurs un an et demi après la fin de l’expérience de Il Sismografo, célèbre agrégateur d’informations sur l’Église dans le monde entier géré par Luis Badilla.

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