… et l’extrême discrétion des chaînes d’information françaises (je ne parle même pas des politiques, dont plus personne n’attend rien). Pas un mot sur CNews, la chaîne de Bolloré, dont le slogan est pourtant « vive la liberté d’expression », mais qui se montre très sélective quant à l’objet de cette liberté. BFMTV en parle, sans doute pour se démarquer de sa concurrente, dans une course féroce à l’audience.
Voici un compte-rendu de la NBQ, qui tranche avec la honteuse non-information française.
Une église catholique palestinienne, située à Gaza, a été visée par une frappe israélienne pic.twitter.com/KFtedUKKHd
— BFMTV (@BFMTV) July 17, 2025
Attaque israélienne sur l’église de Gaza, l’appel de Pizzaballa
Nicola Scolpelliti
La NBQ
18 juillet 2025
Trois morts et neuf blessés, tel est le bilan de la lâche attaque de l’armée israélienne contre la paroisse catholique de Gaza, au cours de laquelle le curé, le père Romanelli, a également été légèrement blessé. ; « Nous lançons un appel à tous ceuxqui ont le pouvoir de prendre des décisions pour mettre fin à cela », a déclaré le patriarche latin.

Non contente des milliers et des milliers de morts enregistrés dans ce conflit, voilà que l’armée israélienne s’en prend aussi à la paroisse latine de la Sainte Famille à Gaza, une structure qui abrite un peu plus de 500 chrétiens, causant des dégâts au bâtiment, mais surtout trois victimes et neuf blessés, dont deux grièvement. L’actuel curé de la paroisse, le père Gabriel Romanelli, un Argentin de l’Institut du Verbe Incarné, a également été hospitalisé, ayant subi des blessures, heureusement mineures, à une jambe.
La nouvelle du lâche attentat, qui a eu lieu hier matin peu après 10 heures, a été annoncée par le cardinal Pier Battista Pizzaballa, patriarche de Jérusalem des Latins, lui-même. Les larmes aux yeux, il a annoncé cet ignoble attentat et s’est également interrogé sur les raisons d’une telle violence, mais surtout sur les raisons d’une telle inhumanité à l’égard de chrétiens sans défense, concluant:
« Nous ne disposons pas d’informations complètes sur ce qui s’est passé aujourd’hui à Gaza parce que les communications sont très difficiles. Nous devons comprendre ce qui s’est passé et ce qui peut être fait, en particulier pour protéger notre peuple et pour empêcher que de telles choses ne se reproduisent ».
Le patriarche émérite Michel Sabbah a réagi à l’attaque brutale et injustifiée contre la paroisse, dès qu’il a appris la nouvelle:
« Nous sommes à bout. Arrête-le, Toi, Seigneur. Arrête la main de Caïn!
…Le sang de tes enfants, de toute Gaza et de toute la Palestine, de toute la région, crie vers toi, Seigneur.
Arrête Caïn et que revienne l’humanité!
Arrête Caïn.
Mais ce que les images enregistrent dans la bande, ce sont des personnes affamées, privées de la subsistance vitale dont elles ont besoin pour survivre, elles immortalisent des enfants maigres, presque squelettiques. Il n’y a plus de médicaments pour les soigner. Ceux qui ont encore un peu de force creusent dans les décombres à la recherche de nourriture et dans l’espoir de trouver quelqu’un de vivant. Les hôpitaux sont réduits à des tas de décombres. La faim est depuis longtemps utilisée comme arme de guerre. Il n’y a pas d’eau potable, dans toute l’enclave musulmane, car les sources sont polluées par les bombardements aveugles. Les convois humanitaires, bloqués à la frontière, ne sont pas autorisés à entrer ; les rares qui le sont ne suffisent pas à nourrir les plus de deux millions d’habitants. Et n’oublions pas le nombre de personnes tuées lors de l’acheminement de l’aide. Dans le même temps, le gouvernement israélien a même privé ce peuple d’électricité.
Arrête Caïn!
« Nous lançons un appel à tous ceux qui ont le pouvoir de prendre des décisions pour mettre fin à cela », a déclaré le patriarche Pizzaballa. C’est l’appel d’un pasteur découragé qui partage la souffrance de ses fidèles. Ce sont des paroles impuissantes. On en appelle à l’espérance que seul Dieu peut ramener la paix sur cette terre tourmentée, mais l’indifférence des chancelleries du monde est là. Personne ne peut le nier. Pourtant, les grandes puissances qui auraient la possibilité de mettre un terme à ce flot inexorable de morts se taisent. Les gouvernements ne font que des condamnations verbales, des déclarations creuses sans force décisive, qui ne servent qu’à faire la une des journaux.
Arrête Caïn!
La bande de Gaza, en plus d’être un cimetière, est aussi une prison à ciel ouvert. Les habitants se sentent oubliés, abandonnés. Le petit troupeau de la paroisse de Gaza prie, récite le rosaire quotidiennement, implore l’aide du ciel. Le patriarche Pizzaballa et l’Église mère de Jérusalem sont toutefois proches de ceux qui ont trouvé refuge dans la paroisse. « Vous ne serez jamais abandonnés. Nous resterons toujours à vos côtés », a dit hier le patriarche.
« Le Pape Léon XIV a été profondément attristé d’apprendre les pertes en vies humaines et les blessures causées par l’attaque militaire contre l’église catholique de la Sainte Famille à Gaza », lit-on dans un télégramme envoyé par le Saint-Père, signé par le cardinal Parolin, au curé, le père Gabriel Romanelli, et à toute la communauté paroissiale. Le pape renouvelle également son appel à un cessez-le-feu immédiat et espère « un dialogue, une réconciliation et une paix durable dans la région ».
C’est la deuxième fois depuis le 7 octobre 2023 que l’église latine est prise pour cible par l’armée israélienne. En décembre 2023, la paroisse s’était retrouvée dans le collimateur d’un sniper qui avait tiré dans la cour de la structure catholique. Lors de cette action, deux femmes -Nahida Khalil Anton et Samar Kamal Anton, mère et fille – avaient été abattues à bout portant. Un raid précédent sur la paroisse orthodoxe de Saint-Basile, également mené par des soldats israéliens, s’était soldé par la mort de dix-huit personnes. L’armée israélienne a toujours donné la même justification irresponsable : « Une erreur ».
Alors que le porte-parole de Tsahal a émis un avis d’évacuation, en arabe, pour les habitants de Jabalia, une ville du nord de la bande, précisant que Mawasi doit également être abandonnée immédiatement, le ministre de la Sécurité nationale d’extrême droite, BenGvir, a attaqué le Premier ministre Netanyahou sur les accords possibles et éventuels avec le Hamas.
« Netanyahou, il n’est pas trop tard pour revenir à la raison. Arrêtez les négociations avec le groupe terroristeet donnez l’ordre à l’armée d’occuper entièrement la bande, en exhortant les habitants à quitter le territoire. »
