Le père Jorge Guadalix tient un blog très suivi – hébergé par le portail ibérique Infocatolica -, sous le nom « De profesion, cura » (Profession, curé) et, au risque de me répéter, suivi aussi par moi-même depuis des années (j’ose dire: encore avant qu’il ne devienne célèbre!), grâce à Carlota. Quand il parle d’ « influenceurs » catholiques, il sait donc de quoi il parle, et cela va (évidemment) dans le sens de l’article de Silere non possum [cf. Jubilé des « influenceurs » au Vatican] que j’ai repris tout à l’heure.
.
Dans sa réflexion, il se réfère à d’autres blogs catholiques de la sphère hispanique, eux-mêmes extrêmement cliqués (dont l’incontournable Specola) – je laisse les lecteurs faire leurs recherches. Ces blogs, qui drainent quotidiennement des milliers de vues, indispensables sources d’information sur l’Eglise, ont pourtant en commun d’être royalement ignorés par les médias officiels du Vatican – je ne parle même pas des « grands » médias laïcs!
Bref, ce sont de VRAIS influenceurs… mais ils n’ont pas la carte.
Au fait, QUI la délivre, cette carte?

Ce n’est pas Rome qui donne le titre d’influenceur

Père Jorge Guadalix,
/www.infocatolica.com
29/07/25

Permettez-moi de commencer ce billet en remerciant deux bons amis, Specola de Roma, et Paco Pepe Fernández de la Cigoña, pour leur amabilité et leurs références à votre serviteur. Que deux véritables influenceurs depuis des années reconnaissent le travail de votre serviteur me remplit, comme dirait un personnage très connu de la vie espagnole, «de fierté et de satisfaction».

Paco Pepe est sans aucun doute la grande référence en matière d’information et d’opinion sur l’Église, avec des millions et des millions de visiteurs sur ses pages. Specola écrit depuis des années sa chronique quotidienne, nous offrant des informations vaticanes de premier ordre. J’ai l’habitude de dire que ce que Specola ne sait pas, c’est parce que cela ne s’est tout simplement pas produit. Je m’efforce de faire moi aussi ce que je peux.

Si l’on passe des influenceurs, blogueurs, écrivains et chroniqueurs de toujours aux médias d’information religieuse, trois d’entre eux se distinguent en Espagne par le nombre de lecteurs, loin devant les autres : Religión en Libertad, Infovaticana et Infocatólica.

Vous voyez donc où cela nous mène : Rome vient de célébrer, en même temps que le jubilé des jeunes, le jubilé des influenceurs. En réalité, en espagnol, nous dirions plutôt « personnes influentes », capables de créer une opinion, d’orienter et d’encourager les autres dans leur vie de foi.

De temps en temps, des rencontres d’influenceurs, des journées sur l’évangélisation numérique, des cours pour apprendre à évoluer dans le monde des réseaux sociaux comme outil d’évangélisation sont organisés.

Vous pourriez demander à Paco Pepe, qui s’y connaît un peu. Ou à Specola, ou même à moi-même, qui suis blogueur depuis plus de quinze ans et, comme vous pouvez le constater, j’ai encore quelques lecteurs. Et même, je me suis lancé dans un simple programme d’actualités hebdomadaire et cela fait un an et demi que je le fais avec un bon accueil.

Ni Rome ni Madrid n’ont jamais pensé à nous. Ni à d’autres. Car dans le monde numérique, on ne peut ignorer la présence de deux grands communicateurs tels que le Père Javier Olivera Ravasi ou le Père Santiago Martín.

On se demande, par exemple, qui distribue les titres et les cartes d’influenceur. Qui sont ceux qui décident ? Que cherche-t-on à promouvoir ou à mettre en avant ? Y a-t-il des critères objectifs ? Ou bien, aujourd’hui, ce qui intéresse, c’est TikTok, la petite phrase percutante, la minute de gloire de Hakuna [ndt: s’agit-il de ça?], le selfie pieux et « si Dieu t’aime, partage la photo », et une réflexion de plus de cinq minutes ou un post qui se lit en autant de temps, c’est trop d’effort pour nos jeunes cerveaux.

J’oserais même dire que penser aux réseaux sociaux et au monde numérique en termes de jeunes est une véritable absurdité, car ce sont des milliers, des millions de catholiques mûrs qui se tournent également vers les réseaux sociaux à la recherche de formation, de critères et de stimulation pour leur vie chrétienne.

Ils n’ont pas leur place non plus. C’est comme si, dans l’Église, gouvernée en grande majorité par des vieux qui auraient dû prendre leur retraite depuis longtemps et soutenue essentiellement par des vieux, le virus de l’âgisme s’était propagé, selon lequel les vieux au pouvoir ont décidé de faire des clins d’œil sympathiques aux jeunes parce que les vieux – comme si les cardinaux et le pape lui-même étaient des jeunes -, n’ont plus rien à apporter.

Et moi, pendant ce temps, uni avec toute mon affection à Paco Pepe et Specola, deux bons amis dont je ne suis pas seulement fier, mais dont je me vante de l’amitié, j’accueille avec « fierté et satisfaction » le fait que, pour réunir des influenceurs, ils aient ignoré des personnes et des médias qui, comme ils le savent, sont aussi fidèles à l’Église que libres d’exprimer leur opinion à partir de cette même fidélité.

Notre plus beau titre nous est donné chaque jour par les milliers et milliers de lecteurs qui nous accompagnent, nous encouragent et prient pour nous et pour l’Église.

Ce n’est pas grave. Il vous restera toujours Religión Digital.

Share This