Un entretien de La Bussola avec Mgr Schneider (né en 1961), « l’une des voix les plus autorisées du catholicisme aujourd’hui », évêque auxiliaire de l’archidiocèse d’Astana au Kazakhstan.
Parler d’islamisation de l’Europe était jusqu’à il y a peu considéré comme une forme de complotisme, un gros mot, aujourd’hui, elle est sous les yeux de tous, qui pour s’en réjouir (eh oui!!), qui pour en dénoncer le péril
Mgr Schneider ne manie pas la langue de bois, et s’érige ici en lanceur d’alerte, dans les pas du grand cardinal Biffi ((1929-2015 – voir ici: benoit-et-moi.fr/2015-I/actualite/document-le-cardinal-biffi-sur-limmigration).

Au cours des dix dernières années, certains pays d’Europe occidentale… ont favorisé un afflux disproportionné de personnes provenant de pays à majorité musulmane, principalement classées comme réfugiés.

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Ce processus peut être défini comme une sorte de réinstallation de citoyens à majorité musulmane dans des pays chrétiens européens, un processus orchestré par les autorités politiques européennes de haut niveau en collaboration avec certaines organisations internationales et supranationales.

Mgr Schneider : « L’immigration massive, un plan pour islamiser l’Europe »

Lorenza Formicola
lanuovabq.it
23 août 2025

Politiciens et organisations internationales ont orchestré « une sorte de réinstallation de citoyens à majorité musulmane dans des pays chrétiens européens », dans le but d’en changer l’identité. On abuse de la définition de « réfugiés ». Et beaucoup, au sein même de l’Église, au lieu d’annoncer le Christ, instrumentalisent la Bible pour justifier l’immigration massive. Une interviewe de Mgr Athanasius Schneider.

Mgr Athanasius Schneider, évêque titulaire de Celerina et auxiliaire de l’archidiocèse de Maria Santissima à Astana, est l’une des voix les plus autorisées du catholicisme contemporain. Fin essayiste, il vient de publier Fuggite le eresie. Una guida cattolica agli errori antichi e moderni (Fuyez les hérésies. Un guide catholique sur les erreurs anciennes et modernes), disponible en librairie depuis la fin de l’été. Né au Kirghizistan, il a passé sa jeunesse dans l’Église clandestine soviétique.

Avec l’effondrement de l’URSS, il arrive à Rome pour terminer ses études et obtient un doctorat en patrologie à l’Institut Augustinianum. Depuis 1999, il enseigne au séminaire de Karaganda, où il est également directeur spirituel et directeur des études. Il est président de la Commission liturgique et secrétaire général de la Conférence des évêques catholiques du Kazakhstan. Ces derniers jours, un extrait d’une de ses anciennes conférences sur l’immigration a refait surface. La Nuova Bussola l’a interviewé.

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Monseigneur Schneider, lors d’une conférence en 2018, vous avez déclaré : « Le phénomène de ce que nomme immigration représente un plan orchestré, préparé depuis longtemps par les puissances internationales pour changer radicalement l’identité chrétienne des populations européennes. Ces puissances utilisent l’énorme potentiel moral de l’Église et de ses structures pour atteindre plus efficacement leurs objectifs antichrétiens et anti-européens. À cette fin, elles abusent du concept même d’humanisme et même du commandement chrétien de la charité ». Et encore : « Il s’agit d’une invasion islamique massive de l’Europe ». Sept ans plus tard, comment voyez-vous la situation aujourd’hui ?

Nous devons simplement ouvrir les yeux et affronter la réalité telle qu’elle est. Au cours des dix dernières années, certains pays d’Europe occidentale, notamment l’Allemagne et le Royaume-Uni, ont favorisé un afflux disproportionné de personnes provenant de pays à majorité musulmane, principalement classées comme réfugiés. Ce processus peut être défini comme une sorte de réinstallation de citoyens à majorité musulmane dans des pays chrétiens européens, un processus orchestré par les autorités politiques européennes de haut niveau en collaboration avec certaines organisations internationales et supranationales. En effet, les autorités centrales de l’UE ont publiquement réprimandé les pays européens (tels que la Hongrie et la Pologne) qui ont imposé des restrictions à l’admission d’immigrants provenant de pays à majorité musulmane.

Selon vous, le phénomène migratoire actuel est-il donc le résultat d’un plan plus vaste élaboré par une élite politique ayant un objectif global ?

Cela est confirmé par des faits politiques concrets. Sous prétexte d’intégration, des pratiques religieuses islamiques sont introduites dans les écoles et la vie publique, telles que la nourriture halal, les dîners publics pour rompre le jeûne pendant le mois du ramadan, la publicité et les illuminations festives pour le ramadan dans les villes à majorité chrétienne. Par exemple, l’année dernière, des personnalités politiques allemandes de premier plan ont souhaité un bon début de ramadan dans les principaux médias, alors que, dans le même temps, au début du carême, la majorité catholique n’a reçu aucun message public similaire. Dans de nombreuses écoles maternelles et primaires publiques à travers l’Europe, dans plusieurs pays européens, les enseignants accompagnent les enfants lors de visites guidées dans des mosquées et leur montrent les gestes de la prière musulmane. Si ces mêmes enfants étaient accompagnés dans des églises catholiques pour prier, cela déclencherait sans aucun doute une tempête de protestations sans précédent.

Pouvez-vous expliquer le concept d’« instrument global » de l’immigration ?

Dans de nombreux pays de tradition chrétienne, la composante islamique est en passe, à court terme, de devenir majoritaire. Les familles musulmanes, en moyenne plus prolifiques que les familles européennes et caractérisées par la polygamie (autorisée par leur religion), alimentent une croissance démographique rapide et constante. Sans compter que dans plusieurs pays à majorité chrétienne, des personnalités musulmanes occupent déjà des postes politiques influents.

Lorsque des régions entières d’Afrique et du Moyen-Orient sont privées de ressources, d’énergie et de jeunes talents, la promotion de l’immigration peut-elle vraiment être considérée comme une solution ?

C’est tout simplement une grave erreur. Les gouvernements européens devraient investir dans des projets humanitaires et économiques qui permettent aux réfugiés et aux immigrants de rester dans leur pays, en améliorant leurs conditions de vie et en contribuant ainsi à la prospérité et au progrès de leur terre. L’immigration actuelle, guidée par des objectifs idéologiques et politiques, déracine les populations, prive les nations de leurs forces et les pousse vers la pauvreté et le retard.

Peut-on parler de « fausse exégèse » lorsqu’on utilise la Parole de Dieu pour justifier l’émigration massive vers l’Europe ? Par exemple, la Bible est souvent utilisée pour dire que Jésus a émigré en Égypte. Pourtant, Jésus a émigré parce qu’il était menacé par Hérode, puis il est rentré chez lui. Le peuple juif a été exilé à plusieurs reprises en Mésopotamie, mais il est revenu.

Le peuple d’Israël a été emmené de force à Babylone et y a été maintenu dans une forme d’esclavage. Les immigrants d’aujourd’hui en Europe n’y sont pas emmenés de force et ne vivent certainement pas en Europe comme des esclaves, mais bénéficient au contraire de nombreux avantages sociaux ainsi que d’aides de la part des gouvernements européens. La Sainte Famille a dû fuir en Égypte pour sauver la vie de l’enfant Jésus. Les paroles de Dieu dans l’Ancien Testament parlent d’un accueil généreux des réfugiés et des étrangers. Cependant, la parole même de Dieu affirme que l’étranger doit également observer les commandements religieux du peuple d’Israël et ne doit en aucun cas propager sa religion idolâtre. Aujourd’hui, on fait une exégèse sélective à des fins politiques et idéologiques.

Malgré les martyrs d’hier et d’aujourd’hui, du père Jacques Hamel aux fidèles de Nice victimes de l’attentat de 2020, pourquoi l’Église occidentale semble-t-elle si timorée dans sa dénonciation de la menace islamiste ?

Je pense que de nombreux représentants de l’Église sont aujourd’hui guidés par le politiquement correct. Le dialogue interreligieux est une méthode ambiguë. On invoque une harmonie entre les religions qui n’existe pas dans la doctrine et la morale, et souvent pas non plus dans la pratique. De plus, les affirmations du Coran et de la charia, qui contiennent des discriminations claires à l’égard des non-musulmans, ne sont jamais abordées. Ce type de dialogue manque de sincérité : le problème de l’islam politisé et de la persécution croissante des chrétiens, en particulier dans les pays islamiques ou par des groupes islamistes extrémistes, n’est généralement pas abordé.

Pourquoi le catholicisme reste-t-il la religion la plus persécutée ?

La raison est simple : c’est la seule vraie religion, celle voulue par Dieu ici sur terre. C’est la seule religion qui possède la plénitude de la Vérité et la plénitude de tous les moyens de la grâce divine et du salut. Le catholicisme a toujours été la cible d’attaques de la part des forces politiques et idéologiques qui rejettent Jésus-Christ comme Vérité, Voie et Vie véritable, c’est-à-dire comme seul Sauveur et Maître de l’humanité. La raison en est que les gens préfèrent établir leur propre vérité afin de pouvoir vivre comme ils le souhaitent. La persécution de la religion catholique se résume en fin de compte à la devise : « Nous ne voulons pas que le Christ règne sur nous ». Mais une chose est certaine : il n’y a ni voie ni vie sans le Christ.

Si nous considérons l’Asie comme un continent « pont » entre les cultures et les croyances, quelles responsabilités émergent aujourd’hui – par rapport à il y a dix ans – pour l’Église et ses pasteurs face aux défis de l’immigration ?

Face à l’immigration massive de non-chrétiens, les pasteurs de l’Église ont une fois de plus l’occasion et le devoir sacré d’accomplir, sans aucun complexe d’infériorité et avec zèle, le commandement divin du Christ, qui consiste à faire de tous les peuples des disciples du Christ par la vraie foi et le baptême, et à leur enseigner à vivre selon les commandements révélés de Dieu, c’est-à-dire selon l’Évangile. Toute l’Église devrait une fois de plus faire siennes les paroles du saint apôtre Paul et dire : « Je n’ai pas honte de l’Évangile » (Rm 1, 16), et : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! » (1 Co 9, 16). En effet, ne pas prêcher le Christ aux non-chrétiens est une grave omission dans l’amour du prochain, car cela les prive du plus grand bonheur ici-bas, à savoir connaître et aimer le Christ comme leur Maître, Seigneur et Sauveur.

Que faire alors ?

Le véritable dialogue interreligieux naît dans la vie quotidienne, entre voisins et familles, et s’ouvre à ceux qui, dans la foi islamique, recherchent sincèrement la vérité. Il faut leur offrir, avec amour et sans imposition, l’annonce du Christ, unique Sauveur et Maître de l’humanité. Telle est la mission essentielle de l’Église : apporter le Christ à tous les hommes.

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