Dans le contexte, sur-instrumentalisé des deux côtés, de la reconnaissance par la France de l’Etat Palestinien, il faut lire le formidable cri de Marcello Veneziani, qui ne peut que recueillir le consensus de tous les hommes de bonne volonté qui souhaitent vraiment la paix.
Le philosophe italien (de droite, et fier de l’être!) dénonce le rôle détestable de l’extrême gauche pro-palestinienne (en Italie comme en France) qui menace, invective, insulte et exploite de façon éhontée la souffrance de la population pour d’obscures magouilles politiciennes, constituant ainsi le meilleur repoussoir pour la cause des malheureux habitants de Gaza qu’elle prétend défendre.
En voyant les Pro-palestiniens, nombreux chez nous sont ceux qui se convainquent que la cause de Gaza est mauvaise, qu’elle signifie travailler pour le Hamas, être du côté des terroristes islamiques qui ont trouvé à Gaza la plus formidable machine d’élevage et d’incitation : les petits survivants, qui ont vu mourir leurs proches, deviendront des terroristes ou les encourageront.
Ne fermons pas les yeux sur Gaza
Ne fermez pas les yeux sur Gaza. Si vous êtes vraiment chrétiens, si vous aimez la vérité et la justice par-dessus tout, si vous vous sentez enfants d’une civilisation, si vous êtes encore humains, vous ne pouvez pas faire semblant de ne rien voir, ou pire encore, répondre qu’ils l’ont bien cherché, ou réagir à un crime en en rappelant un autre, celui du 7 octobre, que ces deux années n’ont pas vengé mais centuplé. Et vous ne pouvez pas rester là à discuter si le massacre peut être qualifié de génocide ou non.
Il y a des milliers de morts et il n’est pas nécessaire d’appeler l’Accademia della Crusca [société savante italienne, dédiée à la linguistique et à la philosophie, l’équivalent de notre Académie Française – ndt] pour en définir la définition.
Si vous avez encore un soupçon d’amour pour la vérité et pour l’humanité, vous ne pouvez pas ignorer ce spectacle terrible d’un peuple décimé, chassé de chez lui, parmi des bâtiments détruits, et des missiles, des bombes, des bombes, des bombes sur des civils, y compris des personnes âgées, des femmes et des enfants. Et de la mort ne naîtra pas le Ressuscité, mais de la mort naîtra le resort [village de vacances/tourisme]; du déracinement forcé et sanglant naîtra un immense business, et ils feront des profits et du butin de guerre. Voilà ce qu’annoncent les charognards.
Ne vous permettez pas de dire que c’est de l’antisionisme, de l’antisémitisme ou de la haine des Juifs, il n’y en a pas la moindre trace. (…)
On ne peut justifier un massacre par un autre massacre, et le répéter pendant sept cents jours, en tuant des innocents, pour la plupart. On ne peut pas non plus justifier un génocide aujourd’hui par le génocide plus important d’il y a quatre-vingts ans. Et c’est une circonstance aggravante [pour Netanyahou] d’utiliser un génocide pour rester au pouvoir et ne pas être destitué et jugé. Ici, la tragédie est vraiment d’une ampleur biblique.
Et il y a l’autre aspect du problème, infiniment plus petit que le carnage de Gaza, mais qui nous touche directement. Je fais référence à la polémique ProPal [pro-palestinien] engagée par nous et d’autres pays occidentaux : entre les mains des intolérants, des militants fanatiques de la gauche radicale et de ses environs, même une cause juste, une dénonciation fondée comme celle sur Gaza, se transforme en boucan, en acte d’intimidation visant à faire taire quelqu’un, à empêcher quelqu’un d’exercer son travail, à rendre la vie difficile aux gouvernements en place. On les voit et, entre leurs mains, le drapeau palestinien devient un tricolore désordonné et en deuil, le blanc, le rouge et le vert [les couleurs du drapeau italien] étouffés par le noir de la haine et du mal.
On les entend crier, attaquer, insulter, agresser, boycotter et on a immédiatement envie de dire : mais ce sont eux les pacifistes, ceux qui dénoncent les guerres et les violences, les défenseurs de l’humanité et de la liberté ? Les ProPal, comme leur nom l’indique, propagent la haine. Ce sont les mêmes qui applaudissent lorsqu’un représentant ou un militant du camp adverse est tué, ce sont les mêmes qui détestent les forces de l’ordre, les mêmes qui veulent pendre Meloni et tous ceux qui, selon leur jugement sans appel, descendent du fascisme.
Ce sont eux, au fond, la véritable raison qui freine, de l’autre côté, l’élan à manifester une protestation profonde, civile et pacifique contre ceux qui commettent à deux pas de chez nous un crime contre l’humanité.
Et en voyant les ProPal, nombreux chez nous sont ceux qui se convainquent que la cause de Gaza est mauvaise, qu’elle signifie travailler pour le Hamas, être du côté des terroristes islamiques qui ont trouvé à Gaza la plus formidable machine d’élevage et d’incitation : les petits survivants, qui ont vu mourir leurs proches, deviendront des terroristes ou les encourageront.
Si vous cherchez l’usine où sont formés les terroristes, la première réponse est : à Gaza.
Mais face à une tragédie qui se déroule sous nos yeux, heureusement à distance respectable, nous ne pouvons pas rester prisonniers de nos réflexes conditionnés et dire : « si nos camarades ProPal sont de ce côté-là, nous ne pouvons qu’être du côté opposé ». Non, dans ce cas, non ; il n’y a pas un bien qui s’oppose à un mal, ni même un mal moindre et nécessaire qui s’oppose à un mal suprême ; mais il y a l’étau du mal qui écrase le bien premier, la vie, le droit à la vie, à la terre, à la maison. D’un côté, il y a ceux qui tuent et de l’autre, ceux qui se font boucliers humains de ces meurtres et en tirent un motif pour combattre Israël, avec pour résultat le massacre de milliers d’autres innocents désarmés.
C’est pourquoi je vous implore de ne pas justifier 700 jours de massacres par un seul, celui du 7 octobre, mais d’être horrifiés par les 701 jours d’horreur (et ce n’est pas fini) : le premier vaut plus que tous les autres jours qui ont suivi, car il a été le premier et le plus terrible ; mais il vaut infiniment moins que les 700 jours et le spectacle de mort et de destruction que nous voyons, aggravé par les objectifs vénaux qui le justifient. Ne perdez pas de vue la vérité, la justice, l’humanité, qui que vous soyez et quelle que soit votre appartenance politique.
La vérité, par pitié, sur l’horreur. Au moins la vérité, si nous ne pouvons rien faire d’autre.
Mots Clés : Veneziani