La semaine dernière, l’Assemblée synodale de l’Église en Italie s’est conclue par l’adoption à une large majorité d’un document final intitulé « Levain de paix et d’espoir ».
Occasion pour AM Valli de dénoncer la dérive « synodale » d’une Église qui n’en finit pas de se soumettre au monde et de trahir la doctrine traditionnelle au nom de l’inclusion et de l’égalité, affaiblissant la hiérarchie en brouillant la distinction entre prêtres et laïcs, et banalisant les questions morales et sexuelles en exhortant (entre autres!!) les Églises locales à « promouvoir la reconnaissance et l’accompagnement pastoral des personnes homosexuelles et transgenres » .
Une tendance qui ne concerne évidemment pas que l’Italie, et qui, bénéficiant de la bienveillance et du soutien de Léon XIV et de la léthargie des fidèles, se répand par capillarité et risque de conduire l’Eglise vers le schisme, sinon le suicide.

Levain de paix et d’espoir ? Non, de confusion.

Et l’Église italienne fait un pas de plus vers le suicide.

La propension au suicide dont font preuve les hiérarques de l’Église synodale serait difficile à croire si elle ne s’affichait pas ouvertement, sous nos yeux.

Regardons l’Allemagne. Il est désormais clair qu’à travers le processus dit « chemin synodal », l’Église catholique allemande, exsangue à cause de la perte de fidèles, se trouve en pleine apostasie et au bord du schisme. Pas un schisme avec l’Église du Concile Vatican II, bien sûr, mais avec la seule Église fondée par le Christ.

Et à présent, l’esprit de synodalité tente aussi de détruire l’Église italienne.

Le 25 octobre 2025, la troisième Assemblée synodale de l’Église catholique en Italie s’est conclue par l’adoption à une large majorité d’un document final intitulé « Levain de paix et d’espoir », dont le titre plus approprié serait « Levain de confusion ».

Présenté comme une étape importante dans le « chemin vers l’inclusion » de l’Église, le texte a été accueilli avec enthousiasme par le cardinal Matteo Zuppi (le même Zuppi qui a participé à la farce de la messe tridentine à Saint-Pierre, bel exemple de la façon dont ces hiérarques tiennent les traditionalistes à distance en leur jetant quelques miettes liturgiques et en leur demandant en échange d’accepter la synodalité) : il s’agirait d’un vent nouveau, a-t-on dit, car il place la « dignité égale dans le Christ » au centre de la vision ecclésiale.

Mais pour les fidèles qui ne se laissent pas berner, les conclusions de l’assemblée synodale italienne ne constituent pas un renouveau de la vie de l’Église. En réalité, il s’agit d’un nouveau pas sur la voie, désormais bien tracée, de l’ambiguïté, de l’horizontalité et de l’adaptation à l’esprit du temps : c’est-à-dire du suicide.

L’expression « dignité égale dans le Christ » n’est qu’une illusion. Il est certes vrai que tous les baptisés partagent une dignité surnaturelle en tant que membres du Corps mystique du Christ.

Mais le document va plus loin – beaucoup trop loin – en suggérant que cette égalité nécessite une reconfiguration des rôles et des responsabilités au sein de l’Église.

Le texte insiste sur le fait que les femmes ne doivent plus être des « destinataires » mais des « protagonistes » dans la vie de l’Église, invoquant une « coresponsabilité » dans le processus décisionnel et dans le ministère pastoral. Ici, la distinction catholique traditionnelle entre collaboration et gouvernement – entre la participation des laïcs et l’autorité sacrée des prêtres ordonnés – est subtilement, mais significativement, brouillée.

Ce langage contraste avec l’enseignement du pape Pie XII qui, dans « Mystici Corporis Christi », affirme que l’Église est une société hiérarchique, divinement constituée et non soumise à l’égalitarisme humain. L’ordre de la grâce n’abolit pas la distinction, il la sanctifie.

En parlant de la coresponsabilité comme d’un « droit baptismal », le Synode sape la nature sacramentelle du sacerdoce. La distinction entre le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel des ordonnés – jusqu’ici préservée dans la doctrine catholique – se perd dans le brouillard de la rhétorique participative.

«Ordinatio sacerdotalis » (1994) a réaffirmé une fois pour toutes que l’Église n’a aucune autorité pour conférer l’ordination sacerdotale aux femmes. Toute insinuation selon laquelle les femmes pourraient partager équitablement le gouvernement ou le ministère risque de contredire cet enseignement définitif.

D’un point de vue catholique, « Levain de paix et d’espérance » poursuit donc la tendance postconciliaire à confondre complémentarité et égalité, remplaçant la beauté de l’ordre divin par la monotonie de l’uniformité égalitaire fonctionnelle.

Le passage le plus inquiétant du document exhorte les Églises locales à « promouvoir la reconnaissance et l’accompagnement pastoral des personnes homosexuelles et transgenres », et là encore, il convient de faire la distinction. Bien que la compassion envers chaque pécheur soit essentielle à la charité chrétienne, l’Église ne peut affirmer une identité enracinée dans ce qui, selon la doctrine correcte, est un désordre. Parler des « personnes LGBTQ+ » comme porteuses de « dons » signifie adopter une anthropologie séculière qui nie la réalité de la création divine de l’homme et de la femme.

L’Église accueille les personnes attirées par le même sexe ou en proie à une confusion sexuelle, mais dans le but de les convertir, et non de revendiquer quoi que ce soit. Comme l’enseigne le Catéchisme, les actes homosexuels sont « intrinsèquement désordonnés » et « contraires à la loi naturelle ». La pastorale doit conduire les âmes au repentir et à la sanctification, et non à la fausse paix de l’acceptation de soi sans la grâce.

« Levain de paix et d’espoir » demande l’adoption d’un « langage d’écoute et de tendresse », aspiration qu’on pourrait partager si elle est ordonnée à la vérité. Mais la tendresse séparée de la conversion est du sentimentalisme, pas de la miséricorde. Le Christ a accueilli les pécheurs, mais toujours avec ces mots : « Va et ne pèche plus ».

En remplaçant l’appel au repentir par le vocabulaire de « l’inclusion », le Synode fait sienne la tendance condamnée par saint Pie X dans Pascendi Dominici gregis : la tentative moderniste visant à remodeler la doctrine autour de l’expérience subjective plutôt que de la révélation objective.

La référence répétée du document au « caminare insieme » (/marcher ensemble) et à la « coresponsabilité » est insistante au point de provoquer la nausée, mais surtout, elle révèle une ecclésiologie qui penche vers la catégorie politique de la démocratisation. L’autorité est présentée comme consultative plutôt que hiérarchique, le discernement comme collectif plutôt que magistériel.

Mais l’Église catholique n’est pas un parlement d’opinions ; c’est un organisme surnaturel dont le Christ est le chef. Le sensus fidelium ne crée pas la vérité : il la reçoit. Lorsque la synodalité devient le moyen par lequel la doctrine est « développée », l’Église risque de confondre la voix de la Révélation avec le mécanisme du consensus.

Le document encourage également le soutien à des « journées » civiques contre « l’homophobie » et la « transphobie », et là encore, nous sommes confrontés à une distorsion et à une ambiguïté. Certes, nous devons nous opposer à la violence et à l’injustice, mais présenter la question en ces termes introduit dans l’Église un bagage idéologique étranger à la théologie morale catholique. L’Église condamne le péché et invoque la vertu, elle ne se reconnaît pas dans les slogans de l’activisme laïc. En adoptant le vocabulaire du monde, l’Église adopte son anthropologie et se perd elle-même.

«Levain de paix et d’espérance » se présente comme un souffle de renouveau, mais au fond, ce n’est que la dernière version du récit postconciliaire. Il soutient que pour survivre, l’Église doit « écouter », « accueillir » et « inclure ». Mais une Église qui n’appelle plus les âmes à la repentance n’est plus missionnaire. Une Église qui oublie la subdivision hiérarchique n’est plus catholique. Une Église qui recherche la paix sans la vérité n’est plus l’Épouse du Christ.

Le véritable levain de paix et d’espérance n’est pas l’inclusivité, mais la sainteté. Nous n’avons pas besoin d’une Église qui reflète la fragilité du monde, mais d’une Église qui offre la lumière guérissante du Christ : claire, sans compromis et éternelle.

« Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence ».

(Romains 12:2).

Il semble désormais probable que l’Italie, suivant les traces de l’Allemagne, sera la prochaine pièce du domino. Évidemment avec l’encouragement de Prevost ou de la plupart des évêques.

Et tout cela semblera si normal que les catholiques endormis, bercés par la berceuse synodale, ne s’en rendront même pas compte.

Share This