Il y a deux semaines, j’avais publié un article repris du blog d’AM Valli, intitulé Le catholicisme a-t-il vraiment le vent en poupe? Un triomphalisme surfait, lui-même traduit d’un blog (inconnu de moi) de la « tradisphère » anglophone, qui présentait du monde catholique une vision nettement moins rose que ce que laissaient supposer les médias mainstream (souvent sur un ton non exempt d’une condescendance suspecte…).


Je suis tombée un peu par hasard (cf. www.leforumcatholique.org) sur un article très intéressant issu de « France Catholique », hebdomadaire du groupe Bolloré (lequel, à travers ses différents médias, est le premier à se féliciter du renouveau catholique, qu’il appelle de ses vœux pour des raisons qui n’ont pas forcément toutes un rapport direct avec la religion… mais ce n’est pas le sujet ici).

L’article de France Catholique, dans le numéro du 13 novembre, est à lire en entier sur le Forum Catholique, j’en extrais les passages qui nous intéressent ici, et qui brossent un tableau, disons… nuancé, du « réveil » catholique qui serait en cours chez nous, qui confirme le pessimisme du blog américain. A noter, l’Eglise en France est consciente du problème, et va essayer d’y remédier. C’est déjà ça, même si cela risque de tourner en rond à travers d’interminables et stériles palabres « synodales » – j’espère me tromper.

« Il faut expliquer aux catéchumènes qu’une fois baptisés, il leur faudra persévérer »

France Catholique
13 novembre 2025
(Propos recueillis par Émilie Pourbaix)

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De plus en plus de jeunes reçoivent le baptême à l’âge adulte mais beaucoup ne persévèrent pas dans la vie chrétienne. Pour réfléchir à ce problème qui préoccupe les cœurs des pasteurs, deux événements sont prévus : une grande consultation par les évêques d’Île-de-France, en 2026-2027. Et un colloque, pour les prêtres de toute la France, à Nanterre, les 24 et 25 novembre.
L’abbé Henri Vallançon en est l’un des organisateurs.

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Quel est l’objectif de ce colloque pour les prêtres ?

Abbé Vallançon : Nous sommes partis d’un double constat : l’affluence majeure de jeunes demandant le baptême et le manque de persévérance de beaucoup d’entre eux, qui ne reviennent plus à l’église après. Nous sommes convaincus qu’il faut relier la réflexion théologique à la pastorale pour résoudre les difficultés de la vie de l’Église.

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Ce manque de persévérance est-il un problème de génération ?

Nous voulons aller contre cette idée-là, qui ne doit pas être vécue comme une fatalité. Il faut réfléchir à ce qui, dans nos pratiques de catéchuménat, conduit à cet abandon. Une bonne pédagogie crée le climat de la persévérance.

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Quelle serait la principale erreur à éviter ?

Le catéchuménat ne doit pas être présenté, ni vécu, comme une préparation au baptême : il ne faut pas focaliser les catéchumènes sur la préparation de ce sacrement, comme un moment extraordinaire, majeur, qui va leur laisser une émotion à vie. C’est une grave erreur. Une « pédagogie du temps fort », qui serait basée sur des moments émotionnellement intenses, les prépare à une grande désillusion après le baptême et prépare donc leur désaffection…

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Faut-il pour cela insister sur la formation doctrinale ?

Oui, sinon la vie chrétienne est seulement une expérience et des sentiments : ils ne sont pas mauvais en soi, mais ils sont volatils.

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Faut-il les préparer aussi à la vie dans le monde ?

Oui, il faut les avertir qu’ils vivent dans une société qui fait obstacle à la foi : le diable, bien sûr, le relativisme, l’individualisme, l’hédonisme… et leur apprendre à vivre leur vie de manière pleinement chrétienne, notamment sur le plan moral. Il y en a notamment beaucoup qui vivent en couple, sans être mariés, donc de manière objectivement contraire à la loi du Christ. Il faut faire en sorte que leur mariage soit célébré juste après le baptême – dans les jours qui suivent – pour leur permettre de vivre réellement en chrétiens, dans la vie de la grâce. Ou sinon leur proposer de différer le baptême, en attendant qu’ils décident de vivre réellement dans l’alliance avec Dieu, en disciples du Christ. Ne bradons pas les exigences du Christ… Le baptême n’est pas juste un petit plus : la vie du nouveau baptisé doit changer !

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