Malheureusement, les médias, atteints d’amnésie collective ou frappés de stupeur mentale, l’ont complètement oublié, sautant directement de Jean-Paul II à … François (alors que le pape argentin n’y a jamais mis les pieds!!!), au moment où Léon XIV effectue dans ce pays martyrisé son premier voyage apostolique. Je ne l’ai pas suivi, n’en ai vu et entendu que les gros titres, les mêmes médias, unanimes, nous disent qu’il est venu apporter un message de paix – ce dont on ne peut que se réjouir.

Donc, du 14 au 16 Septembre 2012, Benoît XVI s’était rendu au Liban, pour remettre les conclusions du Synode de Evêques pour le Moyen Orient qui s’était tenu du 10 au 24 octobre 2010 à Rome. Ce devait être son dernier voyage apostolique (comme un écho au premier de Léon XIV), un grand souvenir, pour ceux qui l’on vécu, ou simplement suivi.

J’avais consacré à ce voyage un épais dossier (dont je ne doute pas que ses nombreux fidèles le feuilletteront avec une émotion teintée de nostalgie), comme je l’ai fait pendant 12 ans pour tous ses voyages: benoit-et-moi.fr/2012(III)/liban

Voici par exemple le beau témoignage d’un jeune prêtre libanais, profondément ému par la présence de ce pape de 85 ans qui avait puisé jusqu’au bout de ses forces pour accomplir ce pèlerinage épuisant.

Benoît XVI, colonne de l’Église d’aujourd’hui

vendredi 21 septembre 2012
Père Dominique HÉLOU
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La visite historique du Saint-Père au Liban aura représenté une grande fête de l’Église ; un moment de joie dans lequel l’Église s’est réunie autour du pape pour lui manifester son affection. Dans les grandes perplexités de notre temps, il est la colonne qui soutient l’Église. Il le fait avec simplicité et sans fracas.
Sa sérénité est impressionnante. C’est la force de l’Esprit saint qui guide sa vie. C’est sa foi. La vocation spécifique de Pierre est de soutenir la foi de ses frères. Il peut avoir semblé un peu fatigué, mais en ces jours il a fait une magnifique synthèse de ce que doit être l’attitude des croyants : ne jamais chercher le pouvoir mais le service, jusqu’au martyre si nécessaire, en suivant l’exemple de Jésus. Il est impressionnant, le témoignage de cet homme humble, simple, modeste mais doté d’une force spirituelle intense, capable de transmettre la paix.

Malgré les tempêtes qui secouent l’Église et qui reflètent l’action du démon, il est heureux de constater une vitalité certaine dans l’Église, qui est la force de la foi et qui se manifeste dans les différentes adorations eucharistiques animées par les jeunes ou plutôt redécouvertes par les jeunes.

Tel est le mystère de l’Église qui est sainte et qui est composée de pécheurs appelés à la sainteté et à rendre témoignage, à mener une vie chrétienne cohérente.

Le pape a cité récemment les paroles de Paul VI, qui disait que notre époque est plus sensible aux témoins qu’aux maîtres, et plus aux maîtres qui sont aussi témoins. Tel doit être le programme de notre Église au Moyen-Orient.

À cet égard, Benoît XVI nous donne un très grand exemple. Il a 85 ans et il arrive à faire des choses extraordinaires ; nous l’avons vu à Madrid et en Allemagne et lors de ses catéchèses du mercredi rappeler que les structures les plus belles, si elles sont vides de foi, ne valent rien.

Il le fait toujours avec cette idée-clé, que le problème fondamental est la nécessité de la ré-évangélisation à cause de la perte de la foi. C’est la ligne force de son pontificat : cette invitation à tourner le regard vers l’amour du Christ, à l’eucharistie, aux thèmes centraux de la foi chrétienne que l’on pourrait regrouper en sept paroles-clés :

  1. L’amour : dans un monde où l’on use et abuse de ce terme sacré, l’éros doit se purifier pour se transformer en un véritable amour humain et chrétien, c’est-à-dire en agapes.
  2. La raison : c’est un thème cher au pape. Elle doit s’occuper de la question de la vérité. Le christianisme est la religion de l’amour et de la vérité. La vérité sans amour est aveugle et rigide ; l’amour sans vérité dégénère en sentimentalisme et en arbitraire, il devient vide.
  3. L’adoration : le pape indique que c’est le véritable moteur de l’Église et de la vie chrétienne. Face à l’activisme, il sait attendre, prier et penser. Surtout prier. Voilà pourquoi le soin apporté à la liturgie est capital pour que les églises se remplissent de nouveau.
  4. La création : le pape propose un écologisme chrétien, intérieur et extérieur ; seul le logos créateur donne un sens aux choses.
  5. Jésus-Christ au centre : telle est, selon le Saint-Père, la mission principale de l’Église. Il convient d’annoncer le Christ mort et ressuscité.
  6. L’Église : face à la devise connue « le Christ oui, l’Église non », le pape rappelle que l’Église est le corps et l’épouse du Christ. Les faiblesses de certains ne doivent pas faire oublier la puissance de l’action de Dieu.
  7. La beauté : le souverain pontife a toujours été un passionné de musique, spécialement celle de Mozart. Il a affirmé qu’un théologien qui n’a pas de sensibilité esthétique est dangereux.

Prions intensément pour que ce voyage en cette Terre sainte du Liban soit fructueux et qu’il contribue à déraciner la haine des cœurs et à promouvoir le modèle de la coexistence islamo-chrétienne.


Et voici le récit incroyable (incroyable compte tenu du média dont il est issu, rien de moins que « La Vie », peu suspect de benedictophilie primaire), signé du (regretté) Jean Mercier, qui était dans la suite papale, et qui a écrit un article impressionnant, propre à tordre le coup à toutes les fausses légendes qui circulent sur le grand pape prétendument trop « intello » pour séduire les foules.

L’article en entier ici: benoit-et-moi.fr/2012(III)/articles/liban

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