Face à la révolte des éleveurs qui s’insurgent contre l’abattage systématique des troupeaux en cas de dermatose nodulaire contagieuse, on attend une réponse collective des nos évêques, beaucoup plus prompts à prendre la défense des migrants ou à dénoncer le péril des « extrêmes ».
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Seul (comme c’est souvent le cas) le courageux évêque de Bayonne, Mgr Aillet, a fait entendre sa voix, et malheureusement, cette voix s’est perdu dans le silence assourdissant des médias, qui préfèrent manifestement regarder ailleurs.

Ci-dessous

  • le résumé de l’IA (qui évoque DES évêques… mais ne réussit à donner que l’exemple de Mgr Aillet), que j’ai interrogée sur une éventuelle réponse collective de la CEF
  • le communiqué de Mgr Aillet.

ChatGPT résume la réaction des évêques

Des évêques catholiques en France ont pris position au sujet de la crise que vivent les agriculteurs et éleveurs autour de l’abattage de leurs troupeaux, bien que leurs prises de position ne proviennent pas (à ce stade) d’un communiqué officiel centralisé de la Conférence des évêques de France (CEF), mais plutôt de déclarations ou initiatives locales de prélats.

👉 Exemples concrets récents :

  • Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne (Sud-Ouest), a publié un communiqué de soutien aux agriculteurs en colère face à l’abattage systématique des troupeaux provoqué par l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (maladie virale bovine). Dans son texte, il exprime compréhension et compassion pour la souffrance des éleveurs, souligne que cette mesure sanitaire réduit « à néant le travail de toute une vie », et reprend certains des arguments agricoles (souhait d’abattage ciblé et vaccination) tout en soulignant l’enjeu de la survie de l’agriculture française. Diocese 64

👉 Contexte plus large de positions épiscopales sur les mouvements paysans :

  • Lors d’une mobilisation précédente de grandes manifestations agricoles (début 2024), plusieurs évêques français avaient exprimé leur solidarité avec les agriculteurs, visitant des blocages de tracteurs et appelant à la compréhension de la réalité de leur travail, en particulier dans des diocèses ruraux comme Tarbes-Lourdes ou Montpellier. Ils avaient appelé à « justice et considération » pour les revendications agricoles et dénoncé l’excès de contraintes qui pèsent sur les agriculteurs.

À noter :

  • Ces prises de position sont généralement locales ou individuelles, et non pas des déclarations unifiées de la Conférence des évêques de France appelant à une action politique nationale.
  • Il n’existe pas (à l’heure actuelle) de déclaration publique officielle de l’ensemble des évêques de France concernant le mouvement actuel de protestation des éleveurs lié à l’abattage des troupeaux en décembre 2025, mais plusieurs évêques s’expriment de manière solidaire avec les souffrances des agriculteurs.

💡 En résumé : des évêques catholiques — notamment diocésains comme Mgr Marc Aillet — ont pris position en soutien moral et humain aux éleveurs, soulignant la souffrance et les difficultés de la profession face aux abattages et appelant à une prise en compte de leurs revendications, même si on ne dispose pas d’un communiqué national unique de la CEF sur ce point.


Le communiqué de Mgr Aillet

Communiqué de Mgr Marc Aillet concernant les agriculteurs en colère

15, Déc 2025

La mobilisation des éleveurs qui s’insurgent contre l’abattage systématique des troupeaux en cas de dermatose nodulaire contagieuse, fait depuis plusieurs jours la une de l’actualité et attire de nouveau l’attention des médias sur la situation souvent dramatique des agriculteurs dans notre pays.

Cette colère des agriculteurs est on ne peut plus compréhensible, dans la mesure où l’abattage de tout un troupeau réduit pour ainsi dire à néant le travail de toute une vie…
C’est la raison pour laquelle plusieurs syndicats agricoles s’opposent à la politique d’abattage total, qu’à tort ou à raison ils jugent injuste et inefficace, préconisent l’abattage ciblé des animaux effectivement infectés, et proposent une stratégie préventive fondée sur la vaccination du cheptel dans les zones à risque et si nécessaire, sur l’ensemble du territoire national.

Les inquiétudes du monde agricole sont d’autant plus vives que l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur qui pourrait être adopté par le Conseil de l’Europe à Bruxelles les 18 et 19 décembre, prévoit de facto l’importation de dizaines de milliers de tonnes supplémentaires de viande bovine et de volaille en provenance de plusieurs pays d’Amérique du sud, qui ne sont nullement tenus de respecter les normes environnementales et sanitaires auxquelles nos agriculteurs et nos éleveurs sont soumis.

Dans ces conditions, le combat légitimement mené par les agriculteurs et les éleveurs qui luttent pour leur dignité et leur survie, et par conséquent, pour la pérennité de l’agriculture française, ne peut laisser quiconque indifférent.

A-t-on suffisamment conscience qu’en France, près de 20% des agriculteurs vivent sous le seuil de pauvreté et que les statistiques officielles font état de plus d’un suicide d’agriculteur tous les deux jours ?

Les agriculteurs sont aujourd’hui deux fois moins nombreux qu’il y a 15 ou 20 ans, et si l’on en croit M. François Guillaume (ancien président de la FNSEA et ancien ministre de l’agriculture), la France « perd chaque année des dizaines de milliers d’hectares de terres cultivables, plusieurs centaines de milliers de têtes de bétail et, bientôt, la capacité de nourrir les Français ».

Mais peut-on vraiment imaginer une France sans paysans ? Ce serait bien évidemment une tragédie pour le monde rural dans son ensemble et pour nos territoires, mais aussi, la fin de la « souveraineté alimentaire » du pays.

Aux agriculteurs des Pyrénées-Atlantiques ou d’ailleurs qui souffrent et qui luttent pour un modèle agricole plus juste et plus conforme aux exigences du Bien commun, j’exprime mon profond respect, ma proximité et mon soutien fraternel, tout en les assurant de ma prière pour eux-mêmes et leurs familles.

+Marc Aillet
évêque de Bayonne, Lescar et Oloron

Fait à Bayonne, le 15 décembre 2025

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