Je mets des guillemets, car évidemment, ils ne sont pas reconnus comme tels….
Interrogé sur la possibilité d’ouvrir une cause auprès des autorités compétentes du Vatican pour la béatification de Benoît XVI, Mgr Gänswein avait sagement affirmé qu’il fallait laisser le temps faire son oeuvre, même si de nombreux témoignages lui parvenaient concernant des cas de guérisons obtenues grâce à l’intercession du Saint-Père.
Ces jours-ci, la presse italienne (Il Giornale, entre autres, sans parler des réseaux sociaux), et dans la foulée le site catholique autrichien indépendant de tendance conservatrice kath.net « relancent » une information qui n’est pas nouvelle, étant déjà sortie en 2023. J’en avais parlé ici (citant Specola).
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(Telle quelle, malheureusement, elle ne sert à rien, car pour être utile, il faudrait que le « miracle » soit postérieur à la mort de Benoît XVI).
Un vieil épisode ressurgit sur les médias sociaux, la rencontre en 2012 entre le pape Benoît XVI de l’époque et un adolescent américain atteint d’un cancer, ce garçon a guéri et est devenu prêtre.
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Il s’agit du père Peter Srsich, qui, à l’âge de 17 ans, s’est vu diagnostiquer un cancer du poumon et a vécu des moments difficiles, dont le rejet de la foi.
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En 2012, Peter et sa famille ont réussi à obtenir une audience avec le pape Benoît, il s’est adressé au garçon, l’a béni et a touché sa poitrine juste au niveau du poumon cancéreux.
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Grâce aux traitements, mais aussi aux prières dont il a toujours été reconnaissant, la maladie a reculé et neuf ans après cette rencontre avec Benoît, le garçon est devenu prêtre: « Le fait de savoir que le pape ferait partie de mon avenir m’a aidé à surmonter tout cela et, d’une manière modeste et non miraculeuse, m’a aidé à me remettre du cancer ». .
Aujourd’hui, le prêtre est à l’avant-garde du mouvement pro-vie américain.
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https://www.benoit-et-moi.fr/2020/2023/01/08/manoeuvres-au-vatican-le-miracle-de-benoit-xvi-la-chronique-de-specola
8 juin 2023
En me documentant au sujet de cette rumeur de procès en béatification sur le site kath.net, je suis tombée sur une lettre de l’historien allemand Michael Hesemann (que nous connaissons bien ici, il a entre autre co-écrit avec Mgr Georg Ratzinger, la biographie de ce dernier « Mon frère le pape ») au cardinal Semeraro, préfet du Dicastère pour les causes des saints.
Voici la lettre, précédée du commentaire de kath.net.
Malheureusement, le nom de Semeraro, bergoglien de fer, ne laisse rien augurer de bon pour une issue positive de la requête. A moins que… Il convient de rappeler que le cardinal Semeraro a connu personnellement Benoît XVI, qu’il a côtoyé de près quand le Saint-Père était en vacances à Castelgandolfo, dont lui-même était l’ordinaire en tant que titulaire du siège suburbicaire d’Albano , et il n’a pu manquer d’être touché par le rayonnement de cette personnalité lumineuse.
Santo Subito : l’historien Hesemann plaide en faveur d’une béatification rapide de Benoît XVI.
https://www.kath.net/news/89277
4 janvier 2026

Trois ans après le décès de Benoît XVI (1927-2022), de plus en plus de voix s’élèvent pour demander l’ouverture rapide du processus de béatification du pape théologien.
En règle générale, un tel processus ne peut être ouvert que cinq ans après le décès de la personne concernée, mais des exceptions sont possibles avec l’accord du pape en exercice, comme cela a été le cas pour Jean-Paul II.
La « Fondazione Ratzinger » du Vatican a déjà enregistré des dizaines de demandes. L’historien et auteur allemand Michael Hesemann a aujourd’hui appelé à se joindre à ces demandes et demande d’écrire au très révérend préfet du Dicastère pour les causes des saints,
Son Éminence le cardinal Marcello Semeraro,
Piazza Pio XII, 10,
SCV – 00120 Città del Vaticano.
Ci-dessous, la lettre de Hesemann au cardinal Semeraro dans son intégralité :
Éminence,
Monsieur le Préfet,
Cela fait trois ans que le pape Benoît XVI est retourné dans la maison du Père céleste ; trois ans au cours desquels la vénération de ce serviteur exemplaire de Dieu n’a cessé de croître dans le monde entier, tout comme la conviction qu’il possédait les vertus héroïques que l’Église a toujours attribuées aux grands saints.
C’était un homme qui proclamait l’œuvre de Dieu avec une clarté et une beauté littéraire uniques et qui a gagné à la foi chrétienne des millions de personnes jusqu’alors éloignées de la religion. Il était sans compromis, uniquement dévoué à la vérité qu’il voulait servir, et a héroïquement défié l’esprit du temps, préférant subir les moqueries et la malveillance plutôt que de changer d’un iota la parole de Dieu.
Mais c’était aussi un homme humble, qui se soumettait toujours à la volonté divine, dont la devise était « serviam », même si cela détruisait ses projets personnels et qu’il pressentait que ses forces physiques ne suffiraient pas pour accomplir ces grandes tâches.
Un homme entouré des signes de Dieu, ancré dans le surnaturel et la foi en la divine providence. Mais qui était également prêt à renoncer à toute splendeur mondaine et, comme autrefois Célestin V, à devenir en quelque sorte un moine priant, par amour pour l’Église et par crainte que ses forces physiques ne soient insuffisantes pour assumer la charge papale.
J’ai eu le grand honneur, avec son frère Georg Ratzinger, d’étudier sa vie et d’écrire la biographie « Mein Bruder, der Papst » (Mon frère, le pape). Pour cela, j’ai pu interviewer des dizaines de témoins contemporains de son environnement familial en Bavière, des camarades de classe et d’université, des voisins et des amis – et chaque témoignage a renforcé mon respect pour cet homme qui, contre sa volonté, est devenu pape uniquement par l’action du Saint-Esprit.
Tout au long de sa vie, il a incarné la foi, l’espérance et l’amour, a mis sa vie au service de l’Évangile et a bravé toutes les crises avec une confiance inébranlable en Dieu.
Sa gentillesse envers chacun, sa disposition à aider et, lorsque cela était nécessaire, à pardonner immédiatement, ainsi que sa douceur même envers ses adversaires témoignent d’un profond amour chrétien du prochain. Son zèle pour l’étude des Saintes Écritures et des Pères et maîtres de notre foi, ainsi que la maturité et la clarté de ses pensées font de lui le grand théologien catholique du XXe/XXIe siècle.
J’ai évoqué la présence du surnaturel et les signes de la providence divine : dès sa naissance, le samedi saint, le chemin lui était tracé, tout comme son lieu de naissance, Marktl, situé à mi-chemin entre le sanctuaire marial d’Altötting et Braunau am Inn. Sa guérison miraculeuse d’une grave maladie, provoquée par un accident vasculaire cérébral en 1991. La découverte de l’ancre du navire de saint Paul au large des côtes de Malte le 24 avril 2005, jour de son investiture. L’arc-en-ciel qui est apparu dans le ciel au-dessus d’Auschwitz lorsque Benoît XVI, le pape allemand, a imploré le pardon de Dieu pour les crimes commis par les nazis. Mais aussi l’éclair comme signe d’avertissement au monde le jour de l’annonce de sa démission en 2013. Et enfin, les nombreuses prières exaucées, rapportées par ceux qui avaient demandé au « Papa emerito » de prier pour eux dans une situation difficile.
Ceux qui ont eu la chance de rencontrer le pape Benoît XVI au Monastero témoignent de la sérénité et de l’humilité, de la profonde sagesse et du charisme véritablement saint de ce grand maître de l’Église, qui était ancré dans une confiance inébranlable en Dieu, vivait dans l’espoir de la vie éternelle et aspirait passionnément au ciel.
Comme nul autre, il est devenu un phare de la foi et de la vérité, une figure prophétique dans une période tumultueuse pour le monde et pour l’Église. Une élévation à la gloire des autels pourrait permettre à son exemple de traverser les âges comme témoin de l’Évangile, comme combattant héroïque, humble et inébranlable contre la dictature antichrétienne du relativisme.
Des millions de chrétiens à travers le monde, qui ont été richement bénis par son œuvre, espèrent que le processus de béatification sera bientôt ouvert. Ne laissez pas leur espoir être vain, leurs voix rester inaudibles !
Je vous souhaite une nouvelle année pleine de grâces.
Avec mes meilleurs vœux,
Michael Hesemann Historien et auteur