C’est évidemment une façon de parler… Mes lecteurs se souviennent peut-être qu’en octobre 2023, à la suite d’une authentique cabale montée par les sites espagnols ultra-progressistes habituels, dont Religion Digital, et de pressions intra et extra-ecclésiales, la Fondation Universitaire de Madrid avait dû annuler in extremis (en invoquant de dérisoires « raisons d’organisation ») une conférence annoncée de Mgr Gänswein. Air tristement connu sous Benoît XVI, culminant avec la visite annulée à La Sapienza en janvier 2008 (le même lieu où François, des années plus tard, devait recevoir un accueil triomphal, cela dit tout!)
Nous apprenons aujourd’hui que le discours de Georg Gänswein a finalement été publié dans un ouvrage édité par la Fondation universitaire espagnole.

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La conférence annulée de Gänswein sur Benoît XVI publiée en Espagne

Publican la conferencia cancelada de Gänswein sobre Benedicto XVI en España

INFOVATICANA
6 février 2026

La conférence que Mgr Georg Gänswein devait prononcer en Espagne sur Benoît XVI et qui a été annulée en octobre 2023 a finalement été publiée dans un ouvrage édité par la Fondation universitaire espagnole. Le texte, qui n’avait pas été présenté publiquement à l’époque, voit maintenant le jour sous forme écrite, accompagné d’autres contributions académiques.

La conférence faisait partie de la cérémonie d’inauguration de l’Aula Joseph Ratzinger et devait être la première intervention publique de Gänswein après son départ de la Curie romaine et sa nomination diplomatique ultérieure. La suspension de l’événement avait alors suscité une controverse notable dans les milieux ecclésiastiques et médiatiques.

Un livre collectif sur l’héritage de Benoît XVI

Le texte de Gänswein figure dans l’ouvrage  Benedicto XVI, padre de la Iglesia, doctor de la Esperanza (cf. Annexe), qui rassemble différentes conférences consacrées à la figure et à la pensée du pape allemand. D’autres personnalités de premier plan ont également participé à cette publication, comme le cardinal Antonio María Rouco Varela et l’évêque auxiliaire de Madrid, Mgr Juan Antonio Martínez Camino.

Cet ouvrage aborde la dimension théologique, pastorale et spirituelle du pontificat de Benoît XVI, en accordant une attention particulière à sa contribution intellectuelle et à la cohérence interne de son magistère.

Critique de la caricature de Benoît XVI

Dans son texte, Mgr Gänswein dénonce la lecture déformée qui, selon lui, a été faite de la figure de Joseph Ratzinger tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’Église. Le prélat souligne que le pontife allemand a fait l’objet de malentendus persistants qui ne reflètent ni son intention ni la profondeur de sa pensée théologique.

Face à ces interprétations, l’ancien secrétaire personnel du pape émérite souligne son profil de pasteur humble, de théologien rigoureux et de croyant profondément enraciné dans la foi chrétienne.

Axes centraux de sa pensée théologique

La conférence développe plusieurs aspects clés de l’héritage de Benoît XVI, parmi lesquels le christocentrisme comme principe structurant de sa théologie, la place centrale de la liturgie dans la vie de l’Église et sa compréhension du Concile Vatican II à partir d’une herméneutique de continuité.

Gänswein souligne également l’importance de la trilogie Jésus de Nazareth en tant que synthèse mûre de la pensée de Ratzinger, ainsi que l’insistance du pape allemand sur la relation entre foi et raison, vérité et liberté.

Foi simple et service ecclésial

Une autre caractéristique soulignée dans le texte est l’attention constante portée par Benoît XVI à la foi des simples. Selon Gänswein, Joseph Ratzinger a toujours eu pour objectif de présenter la foi chrétienne de manière essentielle et accessible, en particulier pendant son pontificat, comme un service rendu à l’Église et au peuple de Dieu.

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La publication de cette conférence apporte ainsi un nouvel élément pour comprendre la figure de Benoît XVI et relance un débat qui, plus de deux ans après l’annulation de l’événement, continue de résonner dans le milieu ecclésiastique espagnol.

Annexe

Benoît XVI pourrait bien être considéré comme un père de l’Église des temps modernes. Sa théologie et son magistère sont très précieux pour l’insertion évangélisatrice de la foi dans la culture moderne.

L’inculturation de la foi, tâche permanente de l’Église, ne consiste pas à adapter l’Évangile aux idées ou aux modes du moment. Face à la menace d’hellénisation du christianisme, l’exploit des Pères de l’Église fut d’évangéliser l’hellénisme. La mission de l’Église de notre temps n’est pas de moderniser le christianisme, mais d’évangéliser la modernité.

Le pape Ratzinger a sans aucun doute été envoyé par Dieu avec cette mission : ouvrir la voie à l’évangélisation de la culture moderne en évitant les divers impasses du modernisme, qui mènent toujours à une impasse. Avec une humilité admirable et une fermeté intelligente, il dénonce l’utopie moderne, qui asservit, et ouvre les horizons de l’Espérance qui libère et ne déçoit pas.

Ce volume rassemble sept études qui abordent la figure multiforme de Benoît XVI sous des angles complémentaires. La tâche consistant à rassembler et à mettre à profit son inestimable héritage ne fait que commencer.

  • Juan Antonio Martínez Camino S.J. est évêque auxiliaire de Madrid, membre de l’Académie royale des docteurs d’Espagne.
  • Pablo Blanco Sarto, prêtre de l’Opus Dei, est professeur à l’université de Navarre. Prix « Joseph Ratzinger » (2023).
  • Jorge Juan Fernández Sangrador, prêtre, vicaire de la culture de l’archidiocèse d’Oviedo, consultant auprès du Conseil pontifical pour la culture. Il a été directeur de la BAC.
  • Manuel Aroztegi Esnaola, prêtre, est professeur et directeur du département de théologie systématique de l’université E. San Dámaso, à Madrid.
  • José María Herranz Maté, OSA, est curé de Santa María del Bosque, à Madrid, et professeur au Centre universitaire María Cristina, à El Escorial (San Pablo-CEU).
  • Antonio María Rouco Varela, cardinal archevêque émérite de Madrid. Il a été président de la Conférence épiscopale espagnole, avec quatre réélections. Il est membre de l’Académie royale des sciences morales et politiques et de l’Académie royale des docteurs d’Espagne.
  • Georg Gänswein est archevêque et nonce en Lituanie, en Estonie et en Lettonie. Il a été secrétaire personnel du cardinal Ratzinger (2003), du pape Benoît XVI (2005-2022) et préfet de la Maison pontificale (2012-2023). Il a enseigné à l’Université pontificale de la Sainte-Croix.
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