Dans un entretien avec Life Site News (cf. Le style de Léon XIV), Mgr Vigano avertissait: « regardez les nominations, qui constituent le test décisif d’un pontificat : il n’y en a pas une seule qui fasse exception ; pas un seul homme de doctrine saine n’a été promu, pas un seul ennemi de la foi n’a été écarté ».
Avec beaucoup d’autres, toutes dans le même sens, la nomination de Michael Saporito (qu’on pourrait presque qualifier de « bébé McCarrick » si son âge le permettait sans prêter à sourire !) en est une nouvelle confirmation (voir en annexe les précisions de Mgr Vigano)
Chris Jackson, sur son substack Hiraeth in exile élargit la réflexion: ce que Léon XIV a compris, et qu’il met en application, c’est que ce qui compte pour changer l’Eglise, ce n’est pas le catéchisme, ce sont les hommes. Et cela se fait en douceur, presque à l’insu du « peuple de Dieu ». Car combien y a-t-il de catholiques qui s’intéressent aux nominations papales?
Les mentalités changent rarement parce qu’un document romain ordonne soudainement à tout le monde de penser différemment.
Elles évoluent par paroisse et par diocèse.
Le curé met en place son ministère. L’évêque participe à la réunion. L’organisation militante est entendue. Un prêtre découvre qu’une catégorie controversée est désormais une identité pastorale nécessitant une reconnaissance institutionnelle. La génération suivante grandit en considérant tout cela comme la vie catholique normale.
Ce n’est qu’ensuite que la doctrine entre en jeu.
Peut-être change-t-elle. Peut-être pas.
D’ici là, la religion vécue aura évolué.
La descendance de « l’Oncle Ted »
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C’est Mgr Vigano, ici dans son rôle de « lanceur d’alerte » qui nous apporte des précisions sur le CV du nouvel évêque de Mechuchen (voir annexe). Malheureusement, et une fois de plus, presque personne n’en aura connaissance, et dans le cas contraire, les gens informés diront que cela ne mérite pas de s’indigner.
Je n’ose imaginer ce qui se serait passé si, symétriquement, Benoît XVI avait nommé un prêtre (ou, pire, tout un réseau de prêtres) coupable ou complice d’abus sexuels à un siège épiscopal.
Manifestement, nous avons changé d’ère….
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Les admirateurs de Léon XIV l’affirment: par ses nominations, il met en place une église LGBT !
Chris Jackson
Hiraeth in exile
21 septembre 2026
De temps à autre, c’est votre adversaire qui se charge de rédiger le paragraphe que vous essayez d’écrire depuis des mois.
C’est le catho-progressiste Christopher Hale, auteur du sustack Letters from Leo, qui rend ce service aux traditionalistes.
Le sujet était la nomination, le 15 septembre, par Léon XIV, de l’évêque auxiliaire de Newark, Michael Saporito, à Metuchen, dans le New Jersey.
Hale a examiné le parcours de Saporito, l’a comparé à plusieurs autres nominations de Léon XIV, a pris en compte ses déclarations publiques sur l’homosexualité, et a proposé une explication remarquablement concise de ce qui se passe: « La méthode de Léon XIV repose sur les personnes. »
Puis Hale est allé plus loin. Selon lui. Léon XIV, « construit une Église où l’accueil est une ligne de conduite », et l’instrument de cette démarche, ce sont les évêques qu’il choisit.
Effectivement.
Nous sommes en désaccord assez vif sur la question de savoir s’il s’agit d’une bonne nouvelle. Mais il faut reconnaître le mérite de cet homme. Il a identifié le mécanisme.
Ce qui est intéressant, c’est de savoir QUI considère cela comme une victoire
L’article de Hale est important parce qu’il se réjouit.
Tout comme New Ways Ministry (NWM).
Tout comme les publications LGBT laïques.
Tous examinent les nominations de Léon XIV et y voient le même schéma contre lequel les catholiques traditionnels mettent en garde depuis longtemps. New Ways Ministry a publié sa propre analyse le mois dernier sous le titre « Les nominations épiscopales du pape Léon témoignent d’une ouverture envers la pastorale LGBTQ+ ». NWM y mettait en avant, entre autres, James Checchio, Ramón Bejarano, Thomas Hennen et Christian Würtz [ndt: voir plus bas].
Cela devrait compliquer la défense habituelle des conservateurs.
On nous a répété à maintes reprises de cesser de chercher des intentions derrière ces nominations. Chaque évêque est un cas complexe. Chaque homme a un long parcours. Rome nomme des pasteurs, pas des pions idéologiques.
C’est assez vrai dans l’abstrait.
Après cinq ou six nominations manifestement similaires, ceux qui souhaitent que l’Église s’engage dans cette direction affirment : « Oui. C’est exactement ce qu’il fait. »
Peut-être devrions-nous les croire.
Le nouvel évêque auxiliaire de Newark (New Jersey), Michael Saporito constitue un cas d’étude intéressant.
Léon XIV l’a officiellement muté à Metuchen le 15 septembre. Il avait été curé de la paroisse Saint-Joseph à Maplewood de 2004 à 2011 avant que François ne le nomme évêque auxiliaire de Newark en 2020.
Sous la conduite de Saporito, la paroisse Saint-Joseph a mis en place une pastorale destinée aux catholiques homosexuels et à leurs familles, qui existe encore aujourd’hui sous le nom d’« Open Arms Ministry » [litt. « Ministère des bras ouverts »]. La paroisse annonce actuellement des réunions mensuelles destinées explicitement à la communauté LGBTQ et à ses sympathisants.
Le rapport de 2009, plus récent, est encore plus révélateur. La paroisse Saint-Joseph a employé un directeur de la musique et de la liturgie ouvertement homosexuel qui avait déclaré au préalable au comité de recrutement qu’il avait un partenaire masculin. Cet homme a contribué à l’organisation de ce ministère et a déclaré qu’il espérait que son exemple de mode de vie catholique homosexuel serait un jour accepté par l’Église. Le groupe lui-même a précisé qu’il n’avait pas été officiellement constitué pour contester l’enseignement de l’Église.
Ces deux faits doivent figurer au dossier.
Et voilà New Ways Ministry.
Depuis 2023, New Ways organise des rencontres privées de deux jours entre évêques, catholiques LGBT, théologiens, professionnels de santé et militants pastoraux. Dix-sept évêques ont participé à ces trois rencontres. Les thèmes abordés comprenaient la théologie morale, les questions transgenres, les politiques des écoles catholiques, l’emploi, le clergé homosexuel et l’identité de genre. Saporito a déclaré publiquement que cet échange l’avait « enrichi » et répondait à bon nombre de ses questions.
C’est cet homme que Léon XIV a désormais nommé à la tête de son propre diocèse.
« Je pense que nous devons changer les mentalités avant même d’envisager de changer ce que dit l’Église »,
Léon XIV
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« Changer les mentalités » d’abord
La preuve la plus révélatrice vient de Léon XIV lui-même.
Dans son livre-entretien avec Elise Ann Allen, il a déclaré qu’un changement doctrinal concernant la sexualité et le mariage était « hautement improbable » dans un avenir proche.
Les catholiques conservateurs se sont emparés de cette partie de la réponse.
Ils auraient dû lire la suite:: « Je pense que nous devons changer les mentalités avant même d’envisager de changer ce que dit l’Église »,
Hale comprend ce que cela implique sur le plan institutionnel.
Les mentalités changent rarement parce qu’un document romain ordonne soudainement à tout le monde de penser différemment. Elles évoluent par paroisse et par diocèse. Le curé met en place son ministère. L’évêque participe à la réunion. L’organisation militante est entendue. Un prêtre découvre qu’une catégorie controversée est désormais une identité pastorale nécessitant une reconnaissance institutionnelle. La génération suivante grandit en considérant tout cela comme la vie catholique normale.
Ce n’est qu’ensuite que la doctrine entre en jeu.
Peut-être change-t-elle. Peut-être pas.
D’ici là, la religion vécue aura évolué.
C’est pourquoi le personnel revêt une telle importance.
La formulation de Hale est bien plus perspicace que l’habitude des catholiques conservateurs de se focaliser exclusivement sur les paragraphes du catéchisme tout en ignorant tout ce qui se passe autour d’eux.
Aucune ligne du Catéchisme n’a changé. Rien à redire.
La définition juridique du mariage n’avait pas changé non plus pendant les décennies où se construisait la culture qui finirait par la modifier.
Les institutions préparent leurs conclusions avant que les documents ne les annoncent.
Léon XIV s’est montré remarquablement cohérent, Saporito n’est pas un cas isolé.
La liste de Hale inclut Thomas Hennen, que Leo a envoyé à Baker [Oregon] après des années de pastorale auprès des personnes LGBT ; Ramón Bejarano, qui soutenait auparavant l’action de sensibilisation auprès des personnes LGBT à San Diego (Californie); James Checchio, promu à la Nouvelle-Orléans après s’être illustré par son engagement pastoral auprès des personnes LGBT à Metuchen ; et Christian Würtz en Allemagne, qui a soutenu les résolutions du Chemin synodal en faveur des bénédictions des couples de même sexe. L’association « New Ways Ministry » et les médias LGBT ont publiquement salué cette tendance.
Ajoutons à cela l’audience d’une demi-heure que Léon XIV a accordée au père James Martin en septembre 2025. À l’issue de celle-ci, Martin a déclaré avoir entendu de la part de Léon XIV le même message fondamental d’accueil que celui qu’il avait entendu de la part de François.
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Le programme qui se dessine ressemble davantage à ceci : conserver la formule doctrinale pratiquement intacte tout en modifiant le personnel, l’atmosphère, les institutions pastorales, le vocabulaire et l’éventail des personnes considérées comme des interlocuteurs faisant autorité.
Ajoutons encore la remarque de Léon XIV en avril 2026 selon laquelle l’unité de l’Église ne devrait pas tourner autour des questions sexuelles et que la justice, l’égalité et la liberté religieuse priment sur le fait de faire de la sexualité le champ de bataille moral central. Léon XIV a également réitéré son opposition aux bénédictions officialisées des couples homosexuels au-delà des limites qu’il attribuait à Fiducia supplicans.
Le tableau est en réalité plus nuancé que « Léon a/n’a pas changé la doctrine sexuelle catholique ».
Le programme qui se dessine ressemble davantage à ceci : conserver la formule doctrinale pratiquement intacte tout en modifiant le personnel, l’atmosphère, les institutions pastorales, le vocabulaire et l’éventail des personnes considérées comme des interlocuteurs faisant autorité.
Cela pourrait s’avérer plus déterminant à long terme qu’un seul décret doctrinal spectaculaire.
Hale le voit.
New Ways le voit.
La question est de savoir pourquoi tant de catholiques déterminés à défendre Léon XIV refusent de voir ce que ses admirateurs célèbrent ouvertement.
Annexe
Mgr Vigano
Exsurge Domine
16 septembre 2026
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(…)
Metuchen n’est pas un diocèse comme les autres. Ce fut le premier siège épiscopal de Theodore McCarrick, qui l’a dirigé de 1981 à 1986 avant de partir pour Newark, puis pour Washington, laissant derrière lui une série de séminaristes victimes d’abus, d’accords à l’amiable visant à étouffer l’affaire et de plaintes classées sans suite. C’est précisément à Metuchen et à Newark que se sont déroulés les faits que j’ai révélés en 2018, faits dont le Saint-Siège avait connaissance depuis le pontificat de Jean-Paul II.
Aujourd’hui, Michael A. Saporito a été nommé à ce siège épiscopal. Il s’agit d’un prêtre ordonné par McCarrick en 1992, que ce dernier avait choisi en 1999 comme directeur adjoint du bureau des vocations (ce même bureau, il convient de le noter, qui sélectionne les jeunes hommes destinés au séminaire, alors même que «Oncle Ted» les invitait dans sa maison au bord de la mer), et qui porte la mitre depuis 2020 par la volonté de Bergoglio et par l’intermédiaire du cardinal Tobin. Il ne s’agit pas là d’un simple détail biographique ; c’est une question de lignée spirituelle. McCarrick a amené Saporito à la prêtrise et l’a promu ; l’héritier de McCarrick, Tobin, l’a ordonné évêque et l’a nommé évêque auxiliaire de Newark. Aujourd’hui, Prevost l’installe sur le siège épiscopal de Metuchen, le siège même qu’occupait autrefois McCarrick.
« C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. »
Je ne dis pas que Saporito est coupable des fautes de son maître : je n’en sais rien, et là n’est pas la question.
Je dis qu’un Souverain Pontife qui se serait réellement soucié de la purification de l’Église — cette purification que Bergoglio a proclamée en paroles et sabotée en actes — n’aurait jamais choisi, pour le diocèse de McCarrick, un homme formé à l’école de McCarrick. Mais qui ferait une chose pareille ? Quelqu’un qui entend assurer la continuité du réseau de McCarrick. Et Prevost, qui était préfet du Dicastère pour les évêques et connaît tous les dossiers, et qui est de surcroît un Américain originaire de Chicago, a manifestement une connaissance directe et de longue date de tous ces événements. Il ne peut pas invoquer l’ignorance.

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