Suite à des articles que j’ai publiés récemment sur ce site à propos du « génocide » en cours à Gaza (on comprendra pourquoi je mets des guillemets, encore qu’il s’agisse de moins en moins d’une interprétation, et de plus en plus de faits consolidés par des témoignages croisés), que j’avais pris bien soin de relier à des sources catholiques non hostiles à Israël, j’ai reçu des commentaires critiques, sinon comminatoires, de lecteurs qui, sans doute dans le but de m’intimider, m’accusent plus ou moins ouvertement d’antisémitisme (accusation que je réfute formellement). Ma pauvre parole ayant une autorité dont je reconnais bien volontiers qu’elle a une valeur proche de zéro, je renvoie plutôt aux analyses de personnes plus compétentes que moi, issues de sites catholiques peu soupçonnables d’antisémitisme (ici Nicola Scopelliti, qui « couvre » le Moyen-Orient pour la NBQ). Tant pis pour ceux à qui cela ne plaît pas: « La vérité vous rendra libres » (Jean, 8,32)
GUERRE DE PROPAGANDE
« Opération hasbara », comment Israël sème la confusion sur la famine à Gaza
Nicola Scopelliti
lanuovabq.it
12 août 2025
L’utilisation de la faim comme arme de guerre est une réalité indéniable, mais le gouvernement israélien planifie la désinformation afin de semer suffisamment de doutes pour paralyser l’indignation.
Retoucher une photo ou corriger des dizaines d’images qui circulent sur internet est très facile. Modifier des milliers de photos ou de vidéos est certainement plus compliqué. Parfois impossible. C’est ainsi qu’Israël, au cours de ce conflit avec le Hamas, qui dure depuis maintenant vingt-deux mois, a créé une « machine de guerre » subtile, mortelle et sournoise, parmi les plus dangereuses, mais sans effusion de sang. Il s’agit de l’« opération hasbara » [voir fr.wikipedia.org/wiki/Hasbara] , dont le sens est « expliquer », mais qui, dans l’intention de ses concepteurs, a un tout autre sens : effacer, démentir et conditionner l’opinion publique. Une méthode que l’on peut qualifier d’orwellienne : ne pas se contenter de réfuter et de discuter les faits, mais nier la réalité et ce qui est sous les yeux de tous.
Combien de fois avons-nous entendu le Premier ministre Benjamin Netanyahu dire que les habitants de la bande de Gaza ne souffrent pas de la faim ? Et combien de fois avons-nous entendu les différentes déclarations des ministres ultra-orthodoxes et ultranationalistes, Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, selon lesquelles les aides humanitaires, qui devraient entrer à Gaza pour nourrir plus de deux millions d’habitants, sont-elles bloquées? De nombreuses, très nombreuses fois.
Le système, bien conçu, fonctionne grâce à l’arme redoutable de la désinformation. Avec la complicité de fonctionnaires gouvernementaux, qui manient un anglais parfait, les informations sont diffusées aux médias occidentaux.
Un exemple ? Quand on parle de la présumée famine à Gaza, il s’agit en réalité d’une invention du Hamas ; selon ce mécanisme, le groupe terroriste aurait réussi à tromper les professionnels de santé, Médecins sans frontières et les autres agences humanitaires, alors que les habitants de Gaza sont simplement en difficulté à cause des bombardements.
Un autre exemple ? Récemment, le New York Times a publié une photo montrant un garçon très maigre, squelettique, un certain Mohammad Zakariya Ayyoub al-Matouq. Des sources du Mossad ont chuchoté aux médias amis qu’il ne s’agissait pas de l’image d’un adolescent sur le point de mourir de faim, mais d’un enfant atteint d’une maladie grave. Le lendemain, le quotidien « corrigeait » son article, expliquant que cette image témoignait du fait que les enfants malades, en plus de ne pas bénéficier de soins médicaux, n’avaient même pas de quoi se nourrir.
C’est une tactique déjà utilisée par le passé. Si les publications ne défendent pas Israël, la réaction ne se fait pas attendre et des rafales d’appels téléphoniques et de messages sont envoyés aux rédactions afin de décourager l’auteur. Mais ce n’est pas tout : sur les réseaux sociaux, l’auteur de l’article est cloué au pilori. Des tactiques étudiées pour dissuader ceux qui veulent raconter la réalité.
Mais pourquoi Israël ne permet-il pas aux journalistes étrangers d’entrer à Gaza pour vérifier ce qui s’y passe réellement ? Et ceux qui y entrent, pourquoi doivent-ils rester dans le périmètre fixé et respecter les paramètres « recommandés » ?
L’objectif du gouvernement israélien, dirigé par Benjamin Netanyahu, est clair : il ne s’agit pas de persuader l’opinion publique internationale qu’il n’y a pas de famine à Gaza, mais de semer suffisamment de doutes pour paralyser l’indignation. Si les faits peuvent prêter à confusion, la pression sur Israël diminue.

Photo : Reuters / Mahmoud Issa
Ces photos qui immortalisent des centaines de personnes, une casserole à la main, à la recherche d’une louche de soupe ou de farine, ont brisé le mur du silence érigé par une propagande mensongère. Ces images ne peuvent être modifiées par aucune technique numérique. Elles montrent au contraire comment le gouvernement israélien utilise l’arme de la faim pour opprimer les habitants de la bande de Gaza.
Et l’histoire ne pourra jamais effacer cette famine. Au contraire, la situation risque de s’aggraver en raison de la nouvelle offensive récemment décrétée par le Premier ministre.


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